Sunday’s Books #86

Mes petits marcassins,

BONJOUR ! Et bien, entre nous, je ne suis pas mécontente de voir ce weekend arriver -_- Si la semaine fut globalement bonne, la journée d’hier fut simplement désastreuse. Il était VRAIMENT temps de passer à autre chose ! Je dois avouer que j’attends avec GRANDE impatience mon rendez-vous de demain, qui m’éclairera encore un peu plus sur ma future formation. Mais, voyons le bon côté des choses ! Ce sont des moments comme ceux-ci qui me confortent dans mon choix 🙂

Côté lectures

Là, par contre… Que du bon, et c’est peu dire ! Je me suis finalement remise de mon coup de coeur pour La mémoire de Babel, et ai décidé de faire la transition avec un petit roman de chez Une heure Lumière : Un pont sur la brume ne dépareille pas de la qualité globale de la collection, voilà ce que l’on peut dire 🙂 Même si le sujet peut sembler de prime abord un peu trivial, il est en réalité fascinant : la plume est très poétique, et l’auteure nous donne à voir des personnages d’une grande sensibilité. J’ai beaucoup aimé ! Et maintenant… Maintenant, je suis plongée dans LA sortie du mois que j’attendais : le premier volume du Livre des Radieux, de Brandon Sanderson. Et je savoure ! Je vous en dirai davantage très bientôt ❤️  Je ne prévois rien d’autre pour la semaine qui vient, celui-ci est bien trop gros !

Côté acquisitions

>Hum… Oups ? Bon, à ma décharge, ça faisait un bout de temps que je n’avais pas craqué. ET, j’avais prévu depuis belle lurette d’acheter ceux-là. Nouveaux dans ma PAL, donc : les deux derniers de la collection Une Heure Lumière (encore elle !), à savoir Cérès et Vesta, et Poumon Vert, ainsi que Les contes de Beedle le Barde et Les Animaux fantastiques dans leur nouvelle édition 🙂 Et puis… Et puis ! Car il faut bien le dire : mon facteur m’a également gâtée, avec un roman que j’attendais de pied ferme… Après avoir lu la chronique de ma très chère Dup, je ne pouvais en effet qu’avoir envie de découvrir Les Dieux Sauvages, nouveau roman de Lionel Davoust  ! Vous me retrouverez donc en juin pour poser des questions à l’auteur, en compagnie de mes petits camarades 🙂


*On en parle de celle-là ?*

Blogo’s life

À noter cette semaine, j’ai découvert Brian Staveley grâce à Apophis, et n’attends désormais que sa traduction pour me jeter dessus 🙂 En outre, les vénérables nous offrent la possibilité de remporter un exemplaire dédicace de Boudicca, le nouveau roman de Jean-Laurent Del Socorro. Je ne sais pas vous, mais moi… Je vais m’empresser de participer ! Il a l’air fantastique 😀
Sinon… J’ai testé la recette de shampooing solide de Naturellement Lyla, et c’est un franc succès : des produits 100% naturels pour un résultat bien meilleur qu’avec un shampooing classique, je dis oui ! Notre marche vers le zéro déchet et le plus sain continue 😀

Je vous souhaite à tous une excellente semaine et de superbes lectures ! A très vite ❤️

Un pont sur la brume, Kij Johnson

Traduit par Sylvie Denis

Couverture réalisée par Aurélien Police

L’histoire : Kit Meinem d’Atyar est peut-être le plus doué des architectes de l’Empire. Peut-être… et tant mieux. Car il lui faudra convoquer toutes ses compétences, l’ensemble de son savoir pour mener à bien la plus fabuleuse qui soit, l’œuvre d’une vie: un pont sur le fleuve de brume qui de tout temps a coupé l’Empire en deux. Un ouvrage d’art de quatre cent mètres au-dessus de l’incommensurable, cette brume mortelle, insondable, corrosive et peuplée par les Géants, des créatures indicibles dont on ne sait qu’une chose : leur extrême dangerosité…
Par-delà le pont… l’abîme, et pour Kit une aventure humaine exceptionnelle.

Mon avis : Oups ! Je crois que je commence à accumuler un peu de retard avec cette petite collection ‘_’ Sur les huit novellas sorties à ce jour, je n’en ai lu que… Trois. Dont celle-ci. PAS BIEN ! Ceci étant dit, je ne me sentirais pas capable de les lire tous à la suite : jusqu’à présent, ils m’ont tous offert un moment de lecture bien particulier, que j’ai mis longtemps à digérer. Les textes sont courts, oui, mais non moins puissants : ces écrits sont des portes d’entrée vers de véritables réflexions, et j’aime espacer mes lectures pour leur donner, à chacune, le temps qu’elles méritent. Mais trêve de blabla, venons-en au fait : un roman sur la construction d’un pont est-il à-même de nous transporter ?
Car oui, le sujet est bel est bien là : c’est un chantier que nous suivons ici. Ne prenez pas peur : par de pantalon à demi baissé ou de grossièretés à tout va, nous ne sommes pas à Paris (ceci dit, cela m’aurait rappelé quelques souvenirs). Non, Kij Johnson place son intrigue dans un univers à peine esquissé, et pourtant diablement intrigant : sommes-nous dans dans la SF, dans de la fantasy ? Impossible de le déterminer. Voici ce que nous savons : l’Empire est divisé en deux : un fleuve infranchissable le traverse de part en part, fleuve dont nul n’a jamais vu l’eau : celui-ci est en effet recouvert d’une chape de brume opaque, corrosive et abritant de dangereuses créatures : poissons à la taille variable, géants… Nul ne sait véritablement ce qu’il s’y cache. Pour la traverser, une seule solution : prendre l’un des Bacs effectuant le voyage, sans aucune garantie de survie. C’est dans ce contexte que Kit Meinem d’Atyar, le personnage principal, se rend à Procheville : architecte de renom, la Capitale l’a chargé de la délicate tâche de construire un pont reliant les deux rives. Le chantier est d’envergure, et les dangers multiples… Mais il faudra que Kit apprenne avant tout à connaitre les habitants, ces gens dont il va changer la vie à tout jamais…
J’ai trouvé qu’Un pont sur la brume avait un côté très onirique, très… Posé : nulle scène trépidante ici, nulle bataille avec ces mystérieux Géants… Non, nous suivons le chantier sur près de cinq ans, avec son lot de catastrophes et  d’imprévus… Mais, surtout, nous suivons des femmes, et des hommes. Des destins au bord du précipice, à la croisée des chemins. Ici réside pour moi la grande force de ce récit : en à peine 120 pages, l’auteure réussit le très joli coup de nous faire côtoyer des personnages d’une très grande crédibilité, dotant par là-même son roman d’une sensibilité certaine. Que cela soit Kit, évidemment, ou Rasali, chargée de faire traverser la brume aux voyageurs, ou encore Valo… L’auteure dresse succinctement leur portait, et pourtant, force est d’avouer que nous nous y attachons beaucoup. Comme quoi, nul besoin de longues descriptions ou d’interminables considérations psychologiques pour donner de la force à ses personnages : l’on est portraitiste, ou l’on ne l’est pas.
Vous l’aurez donc compris : l’intrigue a beau être essentiellement contemplative, elle est également prenante. L’édification de ce monument est fascinante, et j’ai été particulièrement touchée de découvrir comment l’œuvre d’un seul homme pouvait autant bouleverser la vie du plus grand nombre. Je pense notamment à Rasali, donc la vie même est intrinsèquement liée à cette brume qui n’aura, bientôt, plus d’impact sur un quotidien qu’elle parasitait totalement jusqu’alors. Une brume qui sera bientôt réduite au rang de détail, quand elle déterminait la vie de plusieurs milliers de gens. Les questions sont multiples, et les réponses ne viennent qu’ensuite : une fois encore, j’ai eu tout le loisir de m’interroger sur ce qu’impliquait ce petit roman. Et… J’ai aimé ça.
Un pont sur la brume est une fenêtre sur un univers fascinant, à propos duquel on aimerait en savoir davantage. Pour autant, l’auteure parvient tout à fait à nous rassasier avec son court roman, nous offrant un texte à la fois riche et puissant, porté par des personnages attachant et une plume poétique. Pour une première fois avec Kij Johnson, c’est une réussite !

En bref, une novella qui aura su me transporter dans un univers à la fois inquiétant et fascinant, traitant d’un sujet que d’aucun pourrait considérer comme barbant. Pourtant, notre lecture est d’une fluidité certaine, et nous la quittons comme à regret, des lambeaux de brume s’accrochant désespérément à notre esprit. Encore !


On en redemande !

La mémoire de Babel, Christelle Dabos (La Passe-Miroir #3)

Couverture réalisée par

Tome 1 : Les fiancés de l’Hiver
Tome 2 : Les disparus du Clairdelune

L’histoire : Thorn a disparu depuis deux ans et demi et Ophélie désespère. Les indices trouvés dans le livre de Farouk et les informations livrées par Dieu mènent toutes à l’arche de Babel, dépositaire des archives mémorielles du monde. Ophélie décide de s’y rendre sous une fausse identité.

Mon avis : Je crois que je pourrais, cette fois encore, commencer ma chronique par des points de suspension. Tout simplement parce que je n’ai pas, plus les mots, pour vous retranscrire avec justesse ce que ce troisième tome m’a fait ressentir. Cela fait un an et demi que j’attendais ce moment. Un an et demi que je ressassais la fin du deuxième opus, un an et demi que je ne pouvais empêcher mon cœur de se contracter douloureusement en y repensant. UN AN ET DEMI. Et j’aurais pu attendre un mois supplémentaire, si je n’avais eu la chance de pouvoir lire cette petite merveille quelques temps avant sa sortie (merci Chachou, si tu passes par là !)… Ce pourquoi j’ai décidé de le faire durer au maximum : ayant dévoré le deuxième en très peu de temps, j’avais envie de savourer celui-ci. De m’y plonger petit à petit, pour bien m’en imprégner… Et ce fut difficile, je ne vous le cache pas : si la fatigue n’avait pas favorisé des soirées relativement courtes, je pense que je l’aurais fini en deux jours, trois maximum. J’ai donc passé cinq jours au côté d’Ophélie, cinq jours intenses à l’issu desquels je me suis retrouvée désemparée : que lire, après ça ? Comment espérer s’investir émotionnellement dans un autre roman, après avoir tout donné avec celui-ci ? Je n’ai donc pas forcé, et suis en pause livresque depuis vendredi soir. Mais il est tout de même temps de s’atteler à la rédaction d’une chronique qui, je gage, sera délicate à écrire…
Souvenez-vous : dans le deuxième tome, notre chère Ophélie entrait dans les petits papiers de Farouk, l’esprit de famille du Pôle : nommée vice-conteuse, elle se retrouvait sous les feux d’une société oh combien hypocrite et dangereuse… Au sein de laquelle d’inexplicables disparitions ne tardèrent pas à se produire. Bien décidé à faire la lumière sur ce drame que nul ne semblait prendre au sérieux, Ophélie se plongeait, à nouveau, dans les ennuis jusqu’au cou…
Jusqu’à cette fin. Cette fin où tout s’accélère, où nos sentiments sont à la fois exaltés et piétinés. Cette fin où, {SPOILER ALERT} enfin, Thorn et Ophélie se trouvent véritablement… Avant d’être brutalement séparés. C’est donc sur Anima que nous retrouvons Ophélie, deux ans et sept mois après cette fin dramatique. Retournée sur son arche natale avec sa famille, elle s’y morfond depuis lors, surveillée de près par les suppôts de Dieu et sans aucune marche de manœuvre. Mais c’était sans compter les manigances d’Archibald, qui débarque en plein évènement familial sur Anima : il a trouvé le moyen de la faire sortir d’ici, et vite. Confrontée à l’urgence de la situation, Ophélie ne perd pas un instant… Et ne tarde pas à décider de la suite des évènements : hors de question de retourner au Pôle sans Thorn. Elle se lancera donc à sa recherche… Seule, sur une Arche inconnue : Babel, sur laquelle règnent les jumeaux Hélène et Pollux… {FIN DU SPOILER}
J’ai A-D-O-R-É. Aussi simplement que cela. Pour la troisième fois, Christelle Dabos m’a tout bonnement envoûtée : retrouver Ophélie fut une véritable libération, tant elle m’avait manquée. Malgré le délai séparant mes différentes lectures, l’émotion était palpable : la détresse de notre héroïne est toujours aussi touchante, et nous replonge instantanément dans l’univers que nous n’avions quitté qu’à grand regret. En quelques phrases, nous voilà partis à ses côtés : difficile, dès lors, de se détacher du texte pour retourner à la vie réelle. Et c’est d’autant plus dur que l’auteure nous offre une intrigue fourmillante, explorant plus avant un background toujours plus détaillé : je n’ai clairement pas boudé mon plaisir à découvrir la société Babelienne (??), ses codes et ses traditions, me retrouvant projetée en son sein avec une facilité déconcertante grâce à la plume extrêmement visuelle de Christelle. Le cadre est splendide, donc, et plein de promesses : après la fausse familiarité d’Anima et l’hypocrisie crasse du Pôle, nous nous frottons à l’exubérance stricte de cette nouvelle Arche, entre jungle luxuriante et désert aride, abritant une Famille pour le moins… intrigante. Le paraitre y est extrêmement important, mais tout y est codé, rigidifié. Le rang social y est capital, et chacun se doit de l’afficher avec ostentation… Entre autres détails que nous découvrons avec passion.
Ophélie arrive donc sur cette Arche, avec en tête une vague piste pour retrouver Thorn… Et c’est tout. Des us et coutumes de Babel, elle n’y connait rien, et ne tarde pas à s’en rendre compte : nous découvrons ce monde à travers ses yeux éberlués, et nombre de scènes m’ont serré le cœur. Car dès qu’elle pose le pied sur cette Arche, Ophélie est seule… Contre tous. Je ne veux pas vous dire un mot de l’intrigue pour ne pas vous gâcher quoi que ce soit, mais, très clairement, notre héroïne n’est épargnée ni sur le fond, ni sur la forme : le ton du récit se durcit encore davantage, et nous ne pouvons manquer de souffrir avec notre chère Animiste. L’intrigue est, certes, menée tambour battant : il n’y a aucun temps mort, et nous lisons en reprenant difficilement notre souffle. Mais… Elle est surtout riche en révélations fracassantes, en rebondissements tonitruants. Mon cœur a manqué de se déchirer à de multiples reprises, s’appropriant totalement les émotions d’Ophélie : incompréhension, frustration, horreur, tristesse, impuissance, espoir… Espoir, oui, mais espoir cruel, de ces espoirs qui nous gonflent la poitrine à en exploser, pour finalement nous laisser vidés, éreintés, souffrants. J’ai lu les yeux grand ouverts et les sentiments à la dérive, à la fois avide d’en savoir davantage, de trouver enfin les réponses à mes questions… Et terriblement craintive de devoir refermer définitivement mon roman.
Finalement, j’ai bien dû le fermer, ce troisième tome… J’ai bien dû le finir. En lisant les deux cents dernières pages d’une traite, les yeux rougis. Et cette fin… CETTE FIN. Cette fin m’a mise au supplice autant qu’elle m’a réjouie. Cette fin qui est une véritable épreuve quand l’on sait que la suite n’est pas pour demain, une torture pour qui s’est attaché à nos héros. Une nouvelle fois, mon cœur de lectrice est orphelin et peine à s’en remettre. Une nouvelle fois, c’est un grand, un magnifique, un merveilleux coup de cœur. Le talent de Christelle Dabos ne se dément pas, tout au contraire : plus l’on avance, et plus sa série s’épanouit. Malgré (ou grâce ?) les épreuves auxquelles elle est confrontée, Ophélie ne cesse de gagner en maturité et en courage, et notre affection pour elle s’affirme page après page. C’est une grande série que nous offre l’auteure, une grande série qui mérite d’être lue par tous les rêveurs… Pour moi, c’est désormais sûr et certain : La Passe-Miroir fait partie des mes incontournables, de mes plus beaux moments livresques. Et pour cela… Merci Christelle, merci ❤️

En bref, ce troisième tome m’a comblée : la plume de l’auteure est toujours aussi superbe, son imaginaire débordant m’a laissé béate d’admiration et… Que dire de nos personnages principaux ? J’en ai encore le cœur serré, et n’attends désormais plus qu’une chose : pouvoir, enfin, découvrir la fin de leurs aventures. Avec le déchirement que cela implique…

 
COUP DE CŒUR !

L’homme qui mit fin à l’Histoire, Ken Liu

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Traduit par Pierre-Paul Durastanti

Couverture d’Aurélien Police

L’histoire : Imaginez un procédé scientifique révolutionnaire permettant de retourner dans le passé. Une seule et unique fois par période visitée. Par une seule et unique personne. Sans aucune possibilité pour l’observateur d’interférer avec l’objet de son observation. Un procédé qui ouvre les portes de la connaissance, de la vérité, sur les périodes les plus obscures de l’histoire humaine. Plus de mensonges. Plus de secrets d’Etat.
Avez-vous déjà entendu parler de l’Unité 731 ? Créée en 1932 sous mandat impérial japonais, dirigée par le lieutenant-général Shirö Shii, cette unité militaire de recherche bactériologique se livra à l’expérimentation humaine à grande échelle dans la province chinoise du Mandchoukouo, entre 1936 et 1945, provoquant la mort de près d’un demi million de personnes… Cette invention révolutionnaire va enfin permettre de savoir la vérité sur ces terribles événements, à peine reconnus en 2002 par le gouvernement japonais, et couverts pendant des années par le gouvernement américain.
Quitte à mettre fin à l’Histoire…

Mon avis : Je… Quelle. Claque. Et je l’aurais volontiers hurlée, cette claque, si Ken Liu ne m’avait pas coupé la parole. J’ai terminé son livre voilà un sacré bout de temps, et j’en tremble encore : impossible, d’ailleurs, de passer à autre chose pendant un long moment. J’ai eu beau essayer de me plonger dans n’importe quel roman, j’en revenais toujours à cette nouvelle qui m’a profondément heurtée. Le texte est court, très court, mais il est… D’une puissance folle. C’est un coup de cœur, oui, mais un coup de cœur âpre, qui me laisse un arrière-goût extrêmement tenace sur la langue. Ken Liu m’a simplement bouleversée. Et encore, le mot est faible : ils le seront tous, dans cette chronique. Tous impropres à rendre le tourbillon d’émotions qu’a suscité l’auteur en moi.
Quand j’ai commencé ma lecture, je ne… Franchement, je n’avais qu’une idée extrêmement vague de ce que j’allais y trouver. Oh, j’avais lu quelques chroniques, bien sûr ! Mais je m’étais essentiellement contentée de les survoler, bien décidée à n’entacher ma lecture d’aucun apriori. J’avais donc bien compris que l’auteur mettait en scène deux savants un peu fou, ayant mis au point une machine capable de renvoyer une personne dans le passé, à un instant précis. Et, globalement, avec beaucoup de guillemets… C’est ça. C’est ça, mais de manière très très édulcorée, et très très simplifiée. Sous forme de récit journalistique, nous découvrons donc cette invention révolutionnaire, et son impact sur le quotidien de tous. Car notre héros, Evan Wei, est bien décidé à faire lumière sur l’un des évènements les plus noirs de l’Histoire du conflit Sino-Japonais : son invention sera pour lui le moyen de révéler au grand jour les exactions de la terrible Unité 731, un groupe de travail japonais s’étant livré à l’expérimentation humaine dans le but d’élaborer des armes bactériologiques…
J’ai donc lu. J’ai donc lu, la main devant la bouche et le cœur glacé, retournée par les mots extrêmement durs qu’emploie l’auteur. Son texte est brut, et je ne saurais que trop vous prévenir : les plus sensibles devraient peut-être s’abstenir, et je pèse mes mots. En si peu de temps, Ken Liu nous immerge totalement dans un récit qui ne connait aucun répit, aucune pause. On lit, hypnotisé, incapable de dresser quelque barrière que ce soit devant l’horreur qui s’impose à nous. On lit, on lit, et ses mots nous poignardent telles des lames chauffées à blanc.
Mais ça… Ça, c’était avant que je relève la tête, en plein milieu de ma lecture, et demande à mon père qui, lui, est féru d’Histoire (et plus particulièrement de la période WWII) : « Mais attends… Ce qu’il raconte, là… C’EST VRAI ?! ».
C’est vrai. C’est vrai, et peut-être bien en dessous de la vérité, pour ce que l’on en sait. Cette unité 731, les horreurs qu’elle a perpétré, le silence obstiné du Japon… Tout ça, c’est bel et bien vrai. Alors oui, le petit côté futuriste, tout ça… C’est ce qui fera que cette nouvelle sera classée en SF. Mais, très clairement, Ken Liu opère ici un véritable travail d’historien. Il met, enfin, à la portée du plus grand nombre la connaissance de l’un des évènements les plus tragiques de cette seconde guerre mondiale. L’une des plus grandes hontes de la race humaine.
Autant vous dire que ma lecture, déjà difficile, est devenue carrément éprouvante. Je n’ai plus cherché à retenir mes larmes, qui ont coulé sans discontinuer durant la seconde moitié du récit. Un récit en tout point remarquable, que l’on se le dise : Ken Liu pose les bonnes questions, amorce de multiples pistes de réflexions. Plus j’y songe, et plus j’en suis convaincue : j’ai très, TRÈS rarement lu un roman (ou une novella, dans ce cas-ci) aussi percutant. L’auteur a su trouvé le ton juste, exercice pourtant fort délicat avec un sujet comme celui-ci. Plus qu’un récit de SF, il nous offre une véritable réflexion sur des questions éthiques et morales, faisant de notre lecture une expérience tout à fait particulière, qui dure bien plus que le temps du roman. Je ne m’étais pas aussi concernée par une lecture depuis un moment, comme cela avait pu être le cas, par exemple, avec l’Infernale Comédie de Mike Resnick… à la différence près que L’homme qui mit fin à l’Histoire ne fait pas 800 pages, et que j’en suis ressortie encore davantage bouleversée.
Je ne pourrais donc que vous inviter à découvrir ce texte, qui fait désormais partie des pépites les plus précieuses de ma bibliothèque. L’horreur du sujet n’enlève rien au talent de l’auteur, qui n’a guère plus besoin de faire ses preuves avec moi : je sauterai sur la moindre ses prochaines parutions.

En bref, c’est un coup de cœur. Un coup de cœur qui m’a salement amochée, dont je ne suis qu’à moitié remise malgré le temps qui a passé depuis ma lecture : le sujet est affreux, les mots de l’auteur puissants. A lire, pour savoir, pour se souvenir. Et pour découvrir le génie d’un homme dont on entendra, je gage, bien plus parler à l’avenir.


Coup de cœur… Ou de massue, à voir !

Bilan du mois d’Avril

Mes petits marcassins,

Bonjour ! Une nouvelle page se tourne, avec ce mois de mai qui s’annonce ! Les choses devraient en effet s’accélérer pour moi : j’ai rendez-vous le 15 du mois pour savoir si, oui ou non, ma formation a quelque chance d’être financée par mon boulot (et je peux vous dire que ça m’enlèverait une sacrée épine du pied, à 2000 € l’année), et les dossiers de candidature seront mis en ligne dès le 22. J’AI HÂTE ! Vous ne pouvez pas savoir à quel point il me tarde de mettre tout ça en route :3 Je ne vous le cache pas, je suis juste morte de trouille : peur de ne pas y arriver, de surévaluer la somme de travail que cela va demander (et elle sera conséquente, voilà une chose de sûr), de me planter ROYALEMENT, en somme. Et pourtant, pourtant… Il FAUT y croire ! Parce que je ne veux pas moisir où je suis actuellement, que tout ce système ne me convient absolument pas… BREF. Il faut y arriver ! Ce mois de mai signe également la fin de ma gestion du rayon BD : j’ai adoré ces quatre mois passé en son sein, mais il est temps pour moi de passer à autre chose (même si je ne nie pas la petite frustration qui m’étreint à l’idée de ne pas avoir eu le temps d’approfondir réellement mes connaissances) : c’est désormais les sciences humaines, le développement personnel et le parascolaire (ça, ça me botte carrément MOINS) qui occuperont mes journées. Si je pressens que les deux premiers seront enrichissants, je pense m’arracher les cheveux avec le troisième. M’enfin ! Si tout se passe comme je le souhaite, cette situation ne sera que temporaire, dooonc… 🙂

Côté lectures

>Bouuuuh, ce ne fut pas la grande forme, ce mois-ci ! Je n’ai lu que cinq romans, la faute à une jolie panne de lecture… La loose, donc. À noter, tout de même : un énoooorme coup de cœur pour Bois d’Ombre, la suite de Source des tempêtes, une véritable petite merveille, un concentré d’émotions surpuissantes. J’en tremble encore ! Nathalie m’a fait pleurer comme bien peu, et j’ai eu grand mal à m’en remettre ‘_’ J’ai également passé un bon moment avec Membrane, un court roman incisif s’inscrivant dans un cadre SF tout en étant fort travaillé sur le plan psychologique. Je me suis ensuite replongée dans Même pas mort, souhaitant lire la suite sous peu… Et j’avoue n’avoir, une nouvelle fois, pas retrouvé le plaisir que j’avais eu avec Gagner la Guerre. La gouaille de Jaworski est toujours aussi savoureuse, mais je trouve que le roman manque un tantinet de rythme. Nous verrons avec le deuxième opus ! Déception, enfin, avec Transférés et Glass Sword : le premier se lit bien mais sonne terriblement creux, et le second n’est clairement pas à la hauteur de son prédécesseur. DOMMAGE !
Contrairement à d’habitude, je sais exactement à quoi est due cette panne de lecture . Vous le savez peut-être, d’ici quelques jours/semaines sortiront deux suites que j’attends depuis des mois et des mois : le troisième tome de La Passe-Miroir, le 1er juin, et la suite des Archives de Roshar courant mai. Et… C’est comme si mon cerveau refusait de lire autre chose tant que je ne m’étais pas frottée à eux. Impossible pour moi de lire de la fantasy ou de l’ado avant de les avoir lus, eux. Qu’à cela ne tienne, je lirai donc les quelques bouquins de développement personnel/psychologie de l’enfant parsemant ma PAL… Mais c’était sans compter sur ma collègue du rayon jeunesse, qui a gracieusement accepté de me prêter… LE TROISIÈME TOME DE LA PASSE-MIROIR, REÇU EN SP AU BOULOT. Comment vous décrire ma réaction, à ce moment-là ? Je pense que si un arc-en-ciel avait éclaté dans mon ventre, le résultat n’aurait pas été différent. Depuis samedi soir, le précieux est donc en ma possession… Et je me réfrène au maximum pour ne pas le lire trop rapidement : je crois que je pourrais n’en faire qu’une bouchée, tant il est bien. Mais… Non, je savoure !

 

Côté acquisitions

… Hum, laissez-moi réfléchir… Il semblerait bien que… OUI ! Je n’ai véritablement acheté AUCUN roman ce mois-ci. Rien. Nada ! Mis à part deux SP, ma PAL ne s’est donc guère alourdie en Avril, et je prends ça comme un excellent point… D’autant que les tentations, elles, n’ont pas faibli. Notons tout de même les quelques BD pour lesquelles nous avons craqué, mais qui restent tout de même d’un poids tout relatif quand on songe à ce que pouvaient donner mes bilans précédents. Serais-je en train de m’assagir ? Je crains que oui !

Prévisions livresques

Pour ce mois de mai, je ne prévois donc que trois lectures : La mémoire de Babel, bien évidemment, et les deux volumes du deuxième tome des Archives de Roshar (fiou !). Je pressens que ces deux lectures seront éprouvantes à plus d’un titre, et je ne peux présumer de mes forces en vous promettant d’enchainer sur autre chose sans savoir si j’en serai capable ‘_’


* En bonus, la photo de mon shooting totalement raté. La faute à la tête blonde !*

Je vous souhaite à tous un merveilleux mois de mai ! Qu’il soit riche en lectures et en rencontres ❤️

 

À la pioche ! #3

Mes petits marcassins,

Bonjour ! Et Joyeux 1er Mai à tous 😀 Chez nous, il sera pluvieux : nous avons profité de notre journée d’hier pour aller faire notre petite randonnée hebdomadaire, et nous avons bien fait : nous sommes tombés sur une foule de brins de muguet 😀 Ce jour d’hui sera de fait plus studieux : une foule d’articles attendent d’être écris ! Sans plus attendre, je vous présente donc le livre choisi par Chéri cette semaine… :

Cette semaine, Chéri a choisi le3e livre de la deuxième rangée de la 4e étagère, dans la 5e bibliothèque. Autrement dit…

Autrement dit, un livre qui se trouve depuis des années en ma possession !

♣ Quand, comment, où ?

Quand ? Il y a des années : j’étais encore en DUT, j’en suis certaine. Donc… Il y a au minimum cinq ou six ans. Où, chez Gibert Jeune (ce qui explique l’état un peu défraichi du bouquin !). Je m’en souviens encore ! J’y faisais une virée avec l’une des mes amies, et c’est justement elle qui m’avait conseillé la série. La petite anecdote, c’est que j’ai acheté trois tomes. Le troisième des chroniques, donc, mais aussi le premier et, pensais-je, le deuxième. Sauf que je suis rendu compte en rentrant qu’il s’agissait bien d’un deuxième tome, oui, mais… Pas de la même série. La honte.

♣ Lu, ou non ?

… Non. Vous rendez-vous compte ? Des années qu’il est dans ma PAL, et je ne l’ai pas lu. Ni lui, ni aucun des deux autres achetés à la même occasion. Je crois que j’attendais d’acquérir la trilogie complète avant de m’y mettre… La bonne excuse ! Le comble, c’est que j’ai depuis découvert d’autres trilogies de l’auteur, s’inscrivant dans le même cycle mais bien après celle-ci. Je fais parfois preuve d’une logique tout à fait particulière, que voulez-vous ‘_’

♣ Et, de quoi ça parle ?

Un petit résumé, ça vous dit ?
La guerre entre les mondes de Midkemia et Kelewan s’est achevée. Le royaume de Krondor espère connaître la paix, même précaire car dans le Nord se lève une sinistre armée d’elfes noirs, trolls et gobelins, annonçant l’avènement du chaos. Une terrible prophétie doit bientôt s’accomplir, mettant en péril les jours d’Arutha, prince de Krondor. Une horde d’assassins et de guerriers maléfiques est lancée à ses trousses…
Pourra-t-il échapper à son destin ?

♣ Le mot de la fin ?

Pendant un instant, je me suis dit qu’il serait bien que je m’engage à le lire d’ici la fin de l’année. Mais je me connais : je crois que cela reviendrait à anéantir toutes mes chances de le lire dans les mois qui viennent ! Je ne peux donc qu’espérer que l’un d’entre vous l’ait lu, et me fasse l’apologie de cette trilogie 🙂

Du love mes petits, et à très vite !

Transférés, Kate Blair

Traduit par Alexandra Maillard

L’histoire : Dans un futur proche, l’humanité a trouvé le moyen de soigner facilement les malades : transférer les maladies aux criminels, qui sont parqués dans des ghettos à l’écart de la société.
C’est dans ce monde qu’est née Talia Hale. À seize ans, elle est la fille du peut-être futur Premier ministre d’Angleterre. Alors qu’elle est atteinte d’un rhume pour le plus grand dégoût de son entourage, elle va subir son premier Transfert. Mais rien ne va se passer comme prévu et Talia va sauver une petite fille d’une agression. Une petite fille qui vient des ghettos et qui va pousser Talia à découvrir l’envers du décor et l’horreur d’un système déshumanisé.
Talia va désormais tout faire pour empêcher son père d’aggraver la situation des bidonvilles, pour sauver ses nouveaux amis qui y habitent et rectifier une société où la frontière entre bien et mal est plus floue que jamais. Elle devra briser le cocon doré dans lequel elle a grandi et être prête à combattre tout ce en quoi elle a cru.

Mon avis : Une fois n’est pas coutume, la couverture de ce roman n’a absolument pas joué un rôle dans mon choix : je la trouve pour le moins… BOF. Mais le résumé, lui m’attirait : et comme l’habit ne fait pas le moine… Je me suis laissée tenter ! Un choix qui a ravi ma maman : le bouquin étant arrivé à mon ancienne adresse, elle a pu le dévorer avant que je m’y plonge moi-même… Et l’a lu en une petite journée. Un fait de bon augure !
Angleterre, époque non déterminée : l’humanité a fait des progrès incroyables en médecine, allant jusqu’à trouver le moyen de transférer les maladies d’un humain à un autre… Un moyen ayant permis d’éradiquer toute autre forme de sanction judiciaire : vous avez un rhume ? Allez dans un centre de Transfert, celui-ci sera injecté à une personne ayant commis un petit délit. Pratique, non ? D’une simple gastro à une maladie bien plus grave, chaque crime trouve sa réponse judiciaire, condamnant toute personne ayant enfreint la loi à rejoindre l’un des ghettos où se côtoient malades, anciens condamnés, et citoyens trop pauvres pour espérer une vie meilleure. Talia, elle, fait partie de la jeunesse dorée du pays : son père n’est autre que le sénateur Hale, l’homme que beaucoup pressentent pour reprendre la tête du pays lors des prochaines élections. Bien que ce dernier prône des sanctions bien plus radicales que celles en place, Talia n’y trouve rien à redire : après tout, les criminels ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. Mais quand elle sauve une petite fille par le plus grand des hasards, c’est sa vie entière qui s’en trouve bouleversée : et si ce qu’elle prenait depuis toujours pour acquis se révélait totalement faux ?
Transférés est un roman qui se lit vite et bien : l’action est efficace et prenante, et l’on ne s’étonnera pas de le finir en quelques heures à peine. L’idée de départ est originale, et l’on entre rapidement dans le récit, se laissant porter au gré des chapitres… Mais c’est tout, ou presque : oui, l’idée de départ était intéressante. Oui, l’action est prenante. Mais… Mais Transférés sonne creux, malheureusement pour nous : si l’univers mis en place par l’auteur est original et possède un beau potentiel, il aurait mérité d’être bien plus approfondi, et à tout point de vue : le Transfert, d’abord, et toutes les interrogations qu’il suscite. Les inégalités sociales ensuite, qui sont certes abordées mais… Survolées, comme tout le reste. L’auteure souhaite nous offrir du Young adult à la sauce SF en éclairant le genre sous un œil nouveau mais, malheureusement, elle tombe dans les travers propres à ce type de publication : plutôt que de se concentrer sur le contexte pour nous offrir quelque chose de cohérent, amenant à une véritable réflexion (et il y avait matière !), elle finit peu à peu par laisser une (trop) grande place à une romance qui n’a que peu d’intérêt. Vous allez me dire que je suis dure : je ne suis jamais aussi tranchée en matière de romance. Oui, mais… Là encore, problème : les personnages n’ont aucune substance et ne m’ont, de fait, absolument pas touchée. C’est bien simple : cela fait une petite semaine que je l’ai terminé, et je ne me souviens plus que du nom de l’héroïne. Et ça, avec moi, cela ne passe pas : je peux fermer plus ou moins les yeux sur une intrigue molette et un background peu travaillé. Mais des personnages qui ne sont en réalité que des clichés de ce que l’on retrouve dans la littérature ado, non merci.
La plume, quant à elle, est quelconque : quelques maladresses sont à noter, et ne font que renforcer mon impression d’à-peu-près.
Alors non, Transférés n’est pas mauvais : comme je vous l’ai dit, il se lit vite et bien, et nous passons au final un agréable moment. Mais ce ne sera pour ma part clairement pas la lecture de l’année, et je doute malheureusement de m’en souvenir bien longtemps. Dommage !

En bref, un livre qui se lit vite, mais qui ne nous laissera pas d’impression impérissable en raison de son trop grand nombre de défauts… On passe !

Laborieux !