Mes vrais enfants, Jo Walton

Couverture réalisée par Aurélien Police
Traduit de l’anglais par Florence Dolisi

L’histoire : Née en 1926, Patricia Cowan finit ses jours dans une maison de retraite. Très âgée, très confuse, elle se souvient de ses deux vies. Dans l’une de ces existences, elle a épousé Mark, avec qui elle avait partagé une liaison épistolaire et platonique, un homme qui n’a pas tardé à montrer son véritable visage. Dans son autre vie, elle a enchaîné les succès professionnels, a rencontré Béatrice et a vécu heureuse avec cette dernière pendant plusieurs décennies. Dans chacune de ces vies, elle a eu des enfants. Elle les aime tous… Mais lesquels sont ses vrais enfants : ceux de l’âge nucléaire ou ceux de l’âge du progrès? Car Patricia ne se souvient pas seulement de ses vies distinctes, elle se souvient de deux mondes où l’Histoire a bifurqué en même temps que son histoire personnelle.

Mon avis : … Merci, Miss Walton, MERCI ! Que je l’attendais, ce livre qui, de nouveau, me ferait fuir le sommeil ! Qui, de nouveau, me passionnerait à un point tel que je ne cesserais jamais tout à fait d’y penser ! Qui me ferait, de nouveau, passer par des vagues d’émotions surpuissantes. Oui, mes deux lectures précédentes m’ont subjuguée. Chacune à leur façon, elles ont GRANDEMENT contribué à faire, doucement mais sûrement, passer ma panne de lecture (la plus longue que j’ai connu jusqu’ici – une véritable traversée du désert !). Mais… J’ai mis, pour chacune, un temps fou à les lire. Alors qu’avec ce petit bijou… Il m’a tellement HANTÉE que je n’ai pas su résister à l’appel de ses sirènes : il fallait que je le continue.
Mes vrais enfants est l’histoire d’une femme. D’une femme, et de ses deux vies. Alors que nous la rencontrons au crépuscule de sa vie, placée en maison de retraite pour palier à ses pertes de mémoires de plus en plus handicapantes, elle se souvient. Elle se souvient… D’avoir épousé Mark, un homme au futur prometteur et s’étant, pourtant, révélé d’une aigreur terrible. De n’avoir jamais ou presque quitté l’Angleterre, et d’avoir sacrifié sa propre érudition à sa famille. Mais elle se souvient aussi d’avoir aimé follement Bee, une biologiste brillante avec qui elle aura passé plusieurs dizaine d’années. D’être tombée amoureuse de Florence et d’y avoir consacré une partie de sa vie. D’avoir eu, dans une vie comme dans l’autre, des enfants. Des enfants qu’elle aime de tout son cœur, mais… Lesquels sont vrais ?
J’ai… Adoré. Oui, c’est un coup de cœur immense, un IMMENSE coup de cœur, et je sais déjà que je vais le coller dans les mains de ma Maman, quand elle viendra en août. Pas le choix ! J’ai adoré, parce que j’ai été terriblement touchée par cette, ces femme(s). J’ai adoré, parce que l’idée de départ de l’auteure m’a tout simplement fascinée : laquelle de ces deux vies était vraie ? J’ai adoré, parce que l’auteure ne se contente pas de développer deux existences différentes, elle choisit plutôt de créer véritablement deux mondes à part entière. J’ai adoré, enfin, parce que la plume de l’auteure est toujours aussi exaltante, toujours aussi poétique. Toujours aussi juste.
Détaillons un peu, voulez-vous ? Nous rencontrons donc Patricia Cowan, alors placée dans une maison de retraite. Autant vous le dire, j’ai été ébranlée par ses mots dès le premier chapitre : sa détresse face à une situation qu’elle ne comprend pas, sa certitude d’avoir vécu deux vies, son incapacité à déterminer si l’une était plus « vraie » que l’autre… Bien décidée à faire la lumière sur ce phénomène qu’elle ne peut expliquer, elle va donc se mettre en devoir de nous raconter sa vie. Son enfance, perturbée par la guerre. Son adolescence et sa vie d’étudiante, sa passion pour la littérature. Et ce moment fatidique, où tout va basculer. Où nous rencontrons, successivement, Pat et Tricia. Où l’une tombe définitivement sous la coupe d’un homme mesquin et terrible, où l’autre le quitte pour mieux se construire ailleurs. C’est donc, en vérité, quatre femmes que nous rencontrons : la Patricia âgée, la jeune femme qu’elle fut, et les deux femmes qu’elle a incarné. Et chacune d’entre elle m’a énormément touchée : la détresse, je vous le disais, de la plus vieille. La passion et l’envie de vivre, d’apprendre, de la plus jeune. L’infortune de Tricia, l’amour de Pat. J’ai aimé chacune d’entre elles, j’attendais l’une avec impatience quand je dévorais le récit de l’autre. Jo Walton crée des héroïnes fortes, profondes, fortement et profondément humaines, qui ne peuvent qu’éveiller notre empathie… Et susciter, pour ma part, une grande admiration. Que j’aime ces héroïnes crédibles, à la psychologie fouillée, qui trouvent écho en mes propres rêves !
D’autres personnages viennent en outre s’ajouter à nos (notre ?) héroïne(s), et l’on ne peut que saluer l’auteure pour la minutie qu’elle porte à ses portraits secondaires : qu’il s’agisse des enfants, de Mark, de Bee, de la mère de Patricia et j’en passe… Aucun ne peut laisser indifférent. J’en ai haï certains comme j’en ai aimé d’autres, quelques uns m’ont émue aux larmes quand j’aurais voulu entrer dans le récit pour en secouer un ou deux. Nul doute qu’ils me resteront longtemps en tête…
Côté univers, c’est aussi brillant : à travers la petite histoire se dessine la grande, et j’ai été fascinée de voir se construire deux univers oh combien différents. Et regretté, une fois encore, mes pénibles lacunes historiques qui me font comprendre un peu tard que, non non, ÇA, ça n’est pas arrivé -_- Si la question se pose en fin d’ouvrage, on ne pourra pas manquer de la soulever assez rapidement : les choix d’une seule personne peuvent-ils, à ce point, modifier le destin de tout un monde ? L’auteure initie habilement une véritable réflexion, prolongeant l’expérience de lecture hors du livre à proprement parler : les thèmes abordés sont nombreuses et les pistes soulevées plus encore, et j’avoue que cela m’a beaucoup plu (et pour cela, on pourra dire ce qu’on veut… Mais la SF est particulièrement douée).
Côté intrigue, enfin, je crois qu’elle pourrait convenir a ABSOLUMENT tout type de lecteur : si le côté uchronique du roman se fait davantage sentir au fur et à mesure que l’on avance dans l’intrigue, cela reste pour autant très, très léger. Si la SF, ou les littératures de l’imaginaire en général ne sont pas votre fort, je pense que ce roman aura tout de même toutes les chances de vous plaire : il s’agit avant tout d’une histoire profondément poignante, de celles qui retracent avec passion et émotion des destins… Extraordinairement ordinaires, ou presque. C’est beau, et prenant aussi : car l’on VEUT savoir, nous aussi. On veut savoir, même si cela implique de devoir choisir… Et que ce sera, dans tous les cas, un déchirement.
Vous l’aurez compris, je suis définitivement sous le charme de cette auteure, qui m’avait déjà transportée avec Morwenna. Autant vous dire que je suis plus que ravie d’avoir Le cercle de Farthing dans ma PAL, et son tout dernier roman sur mon ordi :3 Il n’y a plus qu’à, comme on dit !

En bref, un roman magnifique et poignant aux héroïnes magnifiques et fortes, à la plume poétique et enlevée, à l’intrigue puissante et passionnante. Qu’attendez-vous ?


Coup de cœur !

À la pioche ! #7

Hello vous !

On ne peut pas dire que le rythme soit trépidant par ici, mais j’ai peur de ne pas pouvoir faire davantage : deux articles (ou trois, en fonction de la saisonnalité) ici, un ou deux chez Like a Mum… Il faut simplement que je trouve du temps pour venir chez vous. Ça me manque TELLEMENT ‘_’ Je ne désespère pas d’y arriver, ceci dit : une routine est en train de se mettre en place, dans laquelle j’intègre petit à petit mes lectures scolaires… Car j’ai été acceptée en L3 😀 Je vous avoue que je tremble pas mal à l’idée de ne pas y arriver, mais je suis plus motivée que jamais à changer de vie professionnelle 🙂 Mais passons plutôt à ce qui nous intéresse aujourd’hui !

Cette semaine, Chéri a choisi le 11e livre de la 1ère rangée de la sixième étagère de la 3e bibliothèque. Autrement dit…

Autrement dit, un livre que j’aurais dû lire depuis longtemps !

♣ Quand, comment, où ?

Quand, il n’y a pas plus de deux ans. Où, à Cultura, offert par Chéri… Après avoir réussi mon entretien pour entrer à la FNAC 🙂 Le petit cadeau qui fait vraiment plaisir, d’autant que j’avais ADORÉ le premier tome. Que j’avais, lui, mis un temps fou à acheter ! Je me souviens encore avoir lorgné dessus à de multiples reprises, en passant à la FNAC du coin, sans oser tenter l’expérience… Jusqu’au jour où. Où je me suis plongée dedans, et où j’ai été happée par un univers à la fois exigeant et incroyable. FIOU !

♣ Lu, ou non ?

Et non ! Pourtant, ce n’était pas l’envie qui me manquait, en terminant le premier tome ! Mais, vous savez ce que c’est, on ne le lit pas tout de suite, il rejoint les rangs ordonnés de notre PAL, et…

♣ Et, de quoi ça parle ?

es Maleterres. Un lieu hostile, figé dans un éternel hiver. Au Nord, des clans guerriers en conflit. Au Sud, des seigneurs avides qui convoitent les territoires des clans. À 16 ans, Raif est un archer accompli. Sa vie bascule le jour où, de retour de la chasse, il découvre que les hommes du clan, parmi lesquels son père, ont été horriblement massacrés. Ash est la fille adoptive de Penthero Iss, haut-seigneur d’une forteresse. À 15 ans, elle est une très belle adolescente, mais elle est hantée la nuit par des cauchemars de glace et de sang. Ensemble, Raif et Ash s’enfuiront sur les Maleterres enneigées, poursuivis par les sbires de Penthero Iss…

♣ Le mot de la fin ?

Il faudrait vraiment que je m’y plonge ! De manière globale, je crois que la série complète a reçu d’excellentes critiques 🙂 Si vous cherchez de la dark fantasy bien menée, tentez le coup !

À très vite… Pour la chronique de mon dernier coup de cœur 😉

Mers brumeuses, Chloé Chevalier (Récits du Demi-Loup #3)

Couverture réalisée par Melchior Ascaride

Tome 1 : Véridienne
Tome 2 : Les Terres de l’Est
Fleurs au creux des ruines
(recueil de nouvelles)

L’histoire : Pour Cathelle et Aldemor, l’heure n’est plus aux regrets. Rien n’arrêtera ce qu’ils ont déclenché.
Véridienne et les Éponas, pour la première fois, lèvent les armes l’un contre l’autre. Sur les rivages des Mers Brumeuses, les Chats de Calvina et les guerrières de Malvane se jaugent, et les deux Suivantes, résignées et amères, se préparent à devoir verser le sang de leurs camarades d’enfance. Alors que leurs reines, à tort ou à raison, leur retirent peu à peu toute confiance et que leurs terres se transforment en cimetières, plus rien ne semble pouvoir empêcher les désastres à venir.
Les rêves se fanent, les espoirs se muent en vaines illusions, amitiés et amours se délitent, tandis que le Demi-Loup, les yeux bandés, danse au bord du gouffre.

Mon avis : à quel moment vais-je venir vous dire, ici-même, « moui, ce tome était clairement en deçà des autres, vivement que l’on passe à la suite pour oublier cela ? » ?! Pas aujourd’hui, soyez-en certains : alors que je termine à peine ce troisième opus, je peux déjà vous dire que le talent de Chloé Chevalier ne se dément, une nouvelle fois, pas : je viens de connaitre une nuit particulièrement agitée, durant laquelle je n’ai cessé de me tourner et retourner, me demandant jusqu’où l’auteure allait bien nous mener.
Car ce troisième tome, en plus d’approfondir et de bouleverser les nombreuses pistes déjà levées, se pare d’un ton beaucoup, beaucoup plus sombre. Oh, le deuxième opus nous avait déjà bien remué, à l’époque : l’enfance d’Aldemor, les douloureux obstacles se dressant sur la route de Cathelle, les révélations finales les concernant tous deux… Je me souviens encore avoir versé bon nombre de larmes au cours de cette lecture, aux considérations bien plus graves que le premier. Et celui-ci… Celui-ci joue, de nouveau, une partition bien inquiétante : loin de l’insolente insouciance de leur jeunesse, nos cinq héroïnes se trouvent désormais au bord de l’abîme. Tandis que Calvina s’enfonce dans une frivolité bien solitaire, où les couleurs chatoyantes de ses créations ne font écho qu’à sa mélancolie, Malvane ne cesse d’offusquer les uns et les autres en se drapant dans une dignité bien trop orgueilleuse. L’inconséquence de l’une et la rigidité de l’autre sont un véritable désastre pour le royaume du Demi-Loup,  désastre que tentent vainement d’endiguer les deux Suivantes restantes : Lufthilde et Nersès ont une nouvelle fois la parole, et nous pouvons mesurer à quel point les jeunes filles rencontrées des années auparavant n’appartiennent plus qu’au passé. Les différences manifestes entre les deux Reines se retrouvent ainsi chez elles : là où Nersès peine à trouver un équilibre entre ses devoirs pour le Royaume et sa condition (multiple !) de mère, ne contenant qu’à grand peine les éclats de Malvane, Lufthilde a totalement pris en main les Éponas, évinçant Calvina de la régence du royaume. J’avoue que la femme qu’elle est devenue, entre dédain et mépris, m’a profondément attristée : si les évènements passés peuvent bien entendu expliquer tout cela, elle n’en restait pas moins l’une de mes figures favorites. Hors, son manque de douceur et d’empathie me rappelle bien trop Malvane pour que mes sentiments à son égard ne varient pas 🙁
Outre Lufthilde et Nersès, nous retrouvons une fois de plus Aldemor et Cathelle : chacun à leur façon, inexorablement, ils continuent leur travail de sape. L’on comprend que, malgré le temps qui passe, leur vengeance ne s’apaisera qu’une fois leur plan totalement accompli. Et quel plan ! L’intrigue est vertigineuse, et malgré notre regard plus ou moins omniscient, nous comprenons souvent à la dernière minute quel drame est en train de se jouer, quelle sombre machination ils ont mis au point, avec quel talent ils se jouent de tous, y compris… De nous. Et c’est cruel ! Parce qu’il y aura forcément des perdants, parmi ces personnages auxquels l’on s’est tous foutrement attaché. Des morts, sans doute, si Chloé Chevalier continue sur la voie qu’elle a jusqu’ici emprunter. Mais comment en vouloir aux uns ou aux autres ? On ne peut que regarder l’intrigue suivre son cours, les dents serrées et le ventre noué, les larmes nous piquant les yeux plus qu’à leur tour.
Et puis… Un cinquième narrateur investi les lignes de ce troisième tome, un narrateur pour le moins… Inattendu. Car c’est bel et bien à Crassu, le fils ainé de Nersès, que l’auteure choisit de donner la parole. Un Crassu désormais adolescent, qui n’a pas été sans me rappeler un certain héros particulièrement cher à mon cœur : je pense -comme beaucoup- à Fitz-Chevalerie, issu de l’imagination débordante de Robin Hobb. Tous deux marginalisés par leur entourage (les moqueries subies par Crassu m’ont serré le cœur), en proie dès leur plus jeune âge à des jeux de pouvoirs dans lesquels ils se retrouvent, bien malgré eux, impliqués jusqu’au cou… J’ai trouvé un écho dans leurs personnalités même, ce qui explique peut-être pourquoi je me suis autant attachée à cet adolescent un peu perdu, mais oh combien vif d’esprit. Loin de l’insouciance crasse de ses ainées, Crassu m’a au contraire surprise par sa maturité d’esprit et sa débrouillardise : nous sommes bien loin de l’ado n’ayant pas deux sous de jugeote, tout au contraire. Sa vision de la situation dénote réellement de tout ce que nous avions pu lire jusqu’ici, et nous permet d’affiner encore notre compréhension de l’intrigue. C’est… Fascinant. Glaçant, mais fascinant.
Une nouvelle fois, Chloé Chevalier nous offre donc un récit hors norme. Les personnages, véritables piliers du roman, ne cessent de gagner en profondeur et en nuances, et je n’ai pu qu’être, de nouveau, soufflée par son talent de portraitiste : qu’ils aient ou non la parole, ils sont dotés d’une vitalité incroyable. Contrairement à la très grande majorité des romans fantasy, Chloé Chevalier choisi de ne pas doter son récit d’un véritable héros au sens propre, menant les autres à travers la tourmente : difficile, ici, de reconnaitre en l’un ou en l’autre le messie qui arrangera une situation plus que désespérée. Tous relèvent bien davantage de l’anti-héros, et l’on ne peut, pourtant, que s’y attacher toujours plus : ils sont d’une humanité incroyable, dans tout ce qu’elle possède de bon… Ou de mauvais. Un choix audacieux, donc, que l’on ne peut, pourtant, que saluer : le récit n’en est que plus fort. De même, je n’ai pu que succomber à sa plume incroyable : ses mots sont d’une puissance folle, tellement évocateurs qu’ils m’ont fait perdre pied plus d’une fois. Nous ne sommes plus chez nous, au chaud dans notre canapé, mais sur les terres ravagées par la Preste Mort. Nous y sommes bel et bien, spectateur impuissant d’un théâtre cruel. C’est donc… Un troisième coup de coeur, oui. Un coup de coeur qui intervient alors que je ne suis toujours pas sortie de cette satanée panne de lecture, ce qui ne le rend que plus précieux, et plus fort. Chloé Chevalier, Merci ❤️

En bref, si vous n’avez toujours pas pris le temps de découvrir cette fabuleuse série, je ne peux que vous enjoindre à vous y mettre immédiatement. Parce que c’est merveilleux, simplement. Même si l’on souffre, même si l’on pleure. La bonne nouvelle ? Il y aura un quatrième tome 🙂


Coup de cœur !

À la pioche ! #6

Mes petits marcassins,

BONJOUR ! Les affaires reprennent : j’ai terminé mon premier livre du mois hier matin :3 Et quel livre ! Mais je vous en parle plus très vite 🙂 Aujourd’hui, laissez-moi plutôt vous présenter le nouveau roman choisi par Chéri 🙂

Cette semaine, Chéri a choisi le 18e livre de la 3e rangée de la 1ere bibliothèque. Autrement dit…

Autrement dit, une auteure que j’aime beaucoup !

♣ Quand, comment, où ?

Fiou ! Il y a bien, bien longtemps ! Je crois me souvenir que c’est Chéri lui-même qui me l’avait offert… Il faut dire qu’entre nous, Kate Mosse, c’est toute une histoire : nous avons tous les deux adoré ses deux premiers romans, Labyrinthe et Sépulcre, et je crois que c’est d’ailleurs les deux premiers livres que j’ai pu lui prêter 🙂 Une affaire sentimentale, donc ! Par contre, quand, où, et à quelle occasion… Je ne sais plus ‘_’

♣ Lu, ou non ?

Oui, mais il y a longtemps aussi. Pour tout vous dire, je ne m’en souviens pas des masses. Dans les grandes lignes, oui, je me souviens aussi que la lecture m’avait bien plu… Sans être un coup de cœur comme les deux autres 🙂

♣ Et, de quoi ça parle ?

La Grande Guerre a anéanti toute une génération, fauchée à la fleur de l’âge… Dans le cas de Freddie Watson, un jeune Anglais du Sussex, elle lui a pris son frère bien-aimé. Hanté par cette disparition, il erre sans savoir comment échapper à cette douleur lancinante Au cours de l’hiver 1928, Freddie voyage dans le Sud-Ouest de la France, quand sa voiture quitte la route. Encore sous le choc, il s’enfonce en chancelant dans les bois et trouve refuge dans un village isolé. Là, lors d’une sorte de fête médiévale, il rencontre Fabrissa, une belle jeune femme qui pleure elle aussi ses disparus. Au cours de la nuit, Fabrissa raconte à Freddie une étrange histoire. Le lendemain, à son réveil, Freddie se demande si tout cela n’était pas un rêve. Pourtant il existe bien un mystère lié au passé cathare du village…

♣ Le mot de la fin ?

Si vous aimez les thrillers/polars historico-ésotériques, je vous conseille vivement d’aller jeter un oeil à la bibliographie de Kate Mosse 🙂 Son terrain de jeu favori se situe à Carcassonne et, ma foi, je trouve ses livres parfaits pour une bonne lecture de vacances !

… Et à très vite ! ♥

 

Bilan du mois de Juin

Hum… Coucou ?

Je vous le disais Lundi… Quelle honte que ce mois de Juin ! Je vous avoue ne pas vraiment savoir où il est passé : j’ai l’impression que ces dernières semaines ont passé à la vitesse de l’éclair, sans me laisser le temps de me poser véritablement. Est-ce dû à la chaleur, au retour des beaux jours qui nous aura poussés à passer pas mal de temps dehors ? Je l’ignore. Le fait est que, après avoir dévoré Le livre des radieux fin mai, j’ai été affligée d’une longue, longue panne de lecture. Qui n’est, à l’heure où je vous écris, toujours pas passée. Et qui dit, chez moi, panne de lecture, dit aussi panne de blogging : j’ai été cruellement absente, tant ici que sur vos blogs. UNE HONTE, VOUS DIS-JE. Que j’espère bien pouvoir effacer dans les semaines à venir, même si les vraies vacances ne commenceront pas avant un bon mois. Le slow-blogging est une méthode qui me convient bien, même si j’ai toujours un peu de mal à assumer le fait de ne plus publier autant d’articles qu’auparavant… Cela me manque et, en même temps, cela me permet de m’épanouir ailleurs et de redonner à ma famille la place qu’elle mérite. Pourquoi, mais POURQUOI n’avons-nous pas des journées de 48 heures ?!

Côté lectures

Hum. J’avais prévu de lire cinq romans, et… Bref, j’en ai lu un et demi. Je crois n’avoir jamais connu de bilan aussi déplorable que celui-ci ! Pour autant, La messagère du Ciel m’a passionnée, et je savoure Mers brumeuses au possible. J’ai trouvé avec le premier un univers original et une intrigue vraiment très prenante, à la fois profonde et multiple. Les personnages sont assez fascinants, tout en nuances et en circonvolutions. Vraiment, il me tarde de pouvoir me plonger dans le deuxième opus ! Dup et Phooka nous ont encore formidablement gâtés pour Ce mois de, je ne saurais comment les remercier 🙂 Quant à la suite (et fin) tant attendue de Véridienne, la magie opère de nouveau : la plume de Chloé Chevalier sait décidément comment m’emmener loin, très loin 🙂

Côté acquisitions

Si je n’ai pas beaucoup lu, je n’ai pas non plus beaucoup acheté : si ma mémoire est bonne, seul le quatrième tome de Rose Morte est venu se glisser dans mon panier. Côté SP, c’est aussi calme : Shades of Magic et Mers brumeuses ont envahi ma BAL !

Prévisions livresques

Dois-je vraiment, vraiment m’y essayer ? Je n’en sais trop rien. Une foule de livres me fait envie en ce moment, et pas que de la fantasy : je lorgne de plus en plus sur la bibliothèque spéciale romans qui siège dans notre chambre. La suite de Mille femmes blanches, Les derniers jours de Rabbit Hayes, La dernière valse de Mathilda… Je ne sais pas, mais ils me font tous envie ! Tout comme la suite du Royaume rêvé, ceci dit, et les Abîmes d’Autremer… Finalement, je pense choisir au fil de l’eau, au gré de mes envies : ma panne ne s’est toujours pas complètement envolée !

Je pressens que ce mois de juillet sera quelque peu mouvementé : les anniversaires de Chéri et Malo arrive, tout comme celui de ma maman et de ma petite nièce chérie… Que nous ne passerons, malheureusement, pas avec elles T.T De même, j’aurais d’ici quelques jours (semaines ?) le résultat de ma candidature pour ma L3… Bref, plein de nouvelles, de projets, d’ambitions : espérons que j’arriverai à garder une place pour mes chers livres au milieu de tout cela 🙂

Je vous souhaite à tous un merveilleux, merveilleux mois de juillet, et bonnes vacances aux petits chanceux qui partent dès maintenant ! Du love ♥

À la pioche ! #5

 Mes petits marcassins,

BONJOUR ! Mais quelle absence, ces derniers temps ! Je ne sais pas ce qu’il s’est passé en juin, mais… C’est la Bérézina, par ici ! Ceci dit, les deux prochaines semaines ne seront pas forcément beaucoup mieux : nous partons ce soir pour une petite semaine de vacances en famille, afin de fêter comme il se doit le mariage du petit frère de Chéri 😀 Mais là n’est pas la question ! J’ai manqué à tous mes devoirs en oubliant plusieurs fois d’affilée de publier notre petit rendez-vous. Mauvaise hôte que je suis ! Il est donc temps de me rattraper, au moins pour ce lundi !

Cette semaine, Chéri a choisi le 4e  livre de la 1ere  rangée, de la 4e bibliothèque. Autrement dit…

Autrement dit, un gros coup de cœur !

♣ Quand, comment, où ?

Quand, il y a bien, bien des années ! C’est une amie de DUT qui m’avait conseillé la série, et j’avais trouvé le premier tome en relativement bon état lors d’une petite virée chez Gibert Joseph (le temps béni des bouquineries !)… Avant d’acheter la série complète ‘_’

♣ Lu, ou non ?

Oh que oui ! Et les cinq tomes d’affilée, s’il vous plait ! Au moins, eux, n’auront pas eu le temps de dépérir dans ma PAL 🙂 Je dois avouer ne plus me souvenir EXACTEMENT de toute l’histoire, mais je me souviens bel et bien des émotions qu’elle m’avait procuré : une intrigue d’une intensité rare, des personnages marquants… FIOU. Je les relirais bien volontiers, tiens !

♣ Et, de quoi ça parle ?

Par une nuit fatale, dans le merveilleux pays d’Alasea frappé par une malédiction, trois mages firent un ultime acte de résistance, sacrifiant tout dans l’espoir de préserver le bien. Cinq cents ans plus tard, au jour anniversaire de cette nuit sinistre, une petite fille hérite d’un pouvoir perdu depuis longtemps. Mais avant qu’elle puisse comprendre son terrible don, le Seigneur Noir lance ses monstres ailés pour la capturer et lui rapporter la magie embryonnaire qu’elle détient. Fuyant les hordes des ténèbres, Elena est précipitée vers une issue terrible… et vers la compagnie d’alliés inattendus. Formant avec eux une bande de parias et de hors-la-loi, elle va tenter de combattre les forces implacables du mal et de secourir un empire autrefois glorieux…

♣ Le mot de la fin ?

Encore une merveilleuse série qui trône gaiement dans ma PAL ! Si vous n’avez pas encore tenté l’aventure avec James Clemens, je ne pourrais que vous le conseiller : cette série ira parfaitement avec vos moments farniente de cet été, tant son intrigue est prenante et agréable à lire 🙂 Bonne lecture mes petits !

… Et à très vite ! ♥

La messagère du ciel, Lionel Davoust (Les dieux sauvages #1)

Couverture réalisée par Alain Brion

L’histoire : Mériane est une trappeuse, une paria, une femme. Autant de bonnes raisons d’en vouloir aux Dieux qui ont puni le peuple de la Rhovelle pour les fautes de ses aïeux. Car depuis la chute du glorieux Empire d’Asrethia, le monde est parcouru de zones instables qui provoquent des mutations terrifiantes, les gens ont faim, et une religion austère qui prêche la haine des femmes soutient un système féodal.
Pourtant, quand les Dieux décident de vider leur querelle par l’intermédiaire des humains, un rôle crucial échoit à Mériane. Pour elle débute une quête qui la verra devenir chef de guerre et incarner l’espoir de tout un peuple.

Mon avis : ET BIEN ! Deux grosses, grosses semaines que Mériane me tient compagnie. Cela fait bien longtemps que je n’avais pas mis aussi longtemps pour lire un livre ‘_’ Il faut bel et bien se rendre à l’évidence : je suis en plein dans une grosse, grosse panne livresque !
Ceci dit, ce n’est pas pour autant que je n’ai pas apprécié ma lecture : au contraire, même, ce premier tome m’a beaucoup, beaucoup plu : j’y ai trouvé un univers foisonnant et une écriture riche, mettant en valeur des personnages complexes. L’intrigue a su me tenir en haleine, là où j’aurais sans doute abandonné un ouvrage moins prenant : l’exploit était difficile à atteindre Monsieur Davoust, mais vous l’avez fait !
L’intrigue, parlons-en : elle est tentaculaire. Tentaculaire, et difficilement réductible à un simple résumé… Mais essayons tout de même : celle-ci prend place en Rhovelle, un royaume réunissant sept duchés, et parcouru de zones dites instables, où des bulles de magie brute font des ravages. Vestige du chaos s’étant abattu sur l’Empire corrompu d’Asrethia, ces Anomalies transforment tout être vivant s’y frottant en une immonde mutation mêlant chair et métal, laissant bien plus souvent le malheureux plus mort que vif. Mériane, trappeuse de son état, s’y entend particulièrement pour s’en tenir le plus éloignée possible : vivant à l’écart des hommes, elle est devenue experte dans l’art d’écouter son sixième sens pour échapper au danger. Et pourtant, rien ne pouvait la préparer à ce qu’elle allait vivre : contre son gré, c’est bien elle qui va se retrouver au beau milieu d’une terrible confrontation entre deux puissances divines : Wer, dieu révéré par le clergé de la Rhovelle, ayant pourtant décidé de faire payer aux hommes les erreurs de leurs aïeux en créant ces Anomalies, et Aska, dieu du chaos. Bien décidées à régner sans partage sur cette terre, les deux entités se lanceront dans une guerre sans merci… Où les hommes ne seront que de simples pions.
Hum. Je vous avoue que c’est quand même pas mal frustrant, cette affaire. Parce qu’il y a tant à dire ! Tant à dire, si l’on ne veut pas avoir l’impression de rogner misérablement cette intrigue gigantesque ! Gigantesque; d’abord, parce que Lionel Davoust choisit de la placer à plusieurs niveaux : avec ces deux Dieux, d’abord, que l’on va retrouver de manière récurrente tout au long du récit, qu’ils interviennent directement dans le monde des hommes ou se livrent à des joutes orales effrénées. Avec les hommes, ensuite, qui ne se préoccupent guère des manigances divines pour mieux se concentrer sur leurs propres petites bassesses : quête de pouvoir, complots et trahisons… Pas de doute, nous nous trouvons bel et bien dans un roman de dark fantasy, où les thèmes abordés sont aussi sombres que les personnages. Enfin, loin de se contenter de ne développer que quelques personnages de-ci de-là, l’auteur décide au contraire de nous fournir une galerie de portraits très détaillée, couvrant la totalité du territoire mis en lumière : qu’il s’agisse des sbires d’Aska sur la cordillère Egide, de Meriane et de ses déboires, des conseillers crapuleux de la Reine et j’en passe… On pourrait s’y perdre, si ce n’était pas si bien mené : les fronts sont nombreux, et pourtant Lionel Davoust nous y guide avec une aisance incroyable. Certains personnages sont évidemment développés davantage que d’autres, mais la qualité règne partout : tous sont bien plus complexes, fouillés et travaillés qu’on ne pourrait le croire de prime abord, et je me suis régalée à les voir évoluer et gagner en profondeur au fil du récit. Mériane, notamment, m’a beaucoup plu : comment résister à cette jeune femme qui dénote tant de l’époque dans laquelle elle vit ? Son franc-parler m’a laissée admirative, il faut l’avouer (je rêve secrètement d’avoir autant de repartie !). Mériane, donc, mais pas que ! Que dire de Leopol, Chunsen, Ganner, Juhel… ! Si l’on ne perd pas notre mauvaise habitude de leur coller à tous une étiquette sitôt qu’on les croise dans le récit, l’auteur s’amuse à battre et rebattre ses cartes en permanence : nul n’est ce que l’on croit, et l’on va de surprise en surprise. Autant vous dire que… J’ai adoré. Adoré me perdre à leurs côtés, adoré les suivre, les voir se débattre au milieu de ce combat qui les dépasse. Adoré rager, trépigner, gronder. Oui, oui.
Mais ce que j’ai surtout aimé, c’est la richesse du background : l’univers créé par Lionel Davoust est d’une complexité folle, et il nous abreuve constamment de détails mythologiques, religieux, sociétaux, topographiques… Tout, absolument tout y passe : vous vouliez vous immerger corps et âme dans votre roman ? Celui-ci sera parfait pour cela ! Découvrir cette société profondément inégalitaire m’a fascinée, et j’ai absolument ADORÉ toutes les pistes de réflexions que l’auteur soulève au fil de son intrigue. Le roman n’en sort que grandit, et moi… Moi, je suis comblée ! De même, j’ai particulièrement apprécié le côté post-apocalyptique de l’univers : mais qu’y avait-il avant ? Je ne peux empêcher mon esprit de se poser mille questions, et ne peut qu’espérer y trouver des réponses très bientôt…
Ajoutez à cela une intrigue foisonnante et fascinante, qui ne connait aucun temps mort malgré l’épaisseur de la bête (on atteint presque les 700 pages, c’est dire !) et qui, mieux, sait nous faire aussi bien gémir, rire, pleurer, que pester, et vous aurez une idée de la raison qui m’a poussée à ne pas abandonner mes moments lectures ces derniers jours. Enrobez enfin tout cela d’une plume ciselée et efficace, se prêtant aussi bien aux descriptions proprement affreuses des sbires d’Aska et de leurs méfaits, qu’aux moments bien plus émouvants qui n’ont pas manqué de me serrer le coeur, et vous comprendrez vraiment pourquoi cette lecture m’a tant touchée. Alors, merci m’sieur Davoust, merci pour tout. Et… Vivement la suite !

En bref, un premier tome passionnant, qui aura su me faire passer outre une vilaine panne de lecture. Vivement, vivement la suite !


On en redemande !

Retrouvez les différents interviews de Lionel Davoust sur Book en Stock, où nos chères Dup et Phooka nous ont une nouvelle fois accueillis pour un merveilleux Mois De ! Un grand, grand merci à elles !