Mummy Time : « … Et, t’as pas l’impression d’en faire trop ? »

Deux Mummy Time en si peu de temps ? Le blog vire doucement de bord ! Il faut croire que le besoin de parler est trop prégnant, que les questions se bousculent un peu trop ‘_’ Tout a débuté avec cette réflexion. Cette réflexion qui tombe comme un couperet, sans que tu t’y attendes, alors que tu discutes avec des personnes que tu ne connais finalement pas si bien que ça. Que tu discutes de quoi ? Mais, de ce que tu fais avec ton fils, pardi. Des coussins sensoriels que tu couds pendant ta pause de midi. Des ateliers Montessori. Des livres qui peuplent tes étagères, parlant de pédagogie positive. Des couches lavables, même. De tout ça, tout ce qui te rend heureuse. Et la réflexion, qui tombe :

« Mais, t’as pas l’impression d’en faire trop ? »

D’abord, l’interrogation. Trop de quoi ? Trop par rapport à quoi ? Je fais ce que je peux pour mon Bout’d’chou, à quel moment devrais-je me dire que c’est TROP ? Parce qu’il faut quantifier, en fait ? Je devrais le laisser vivre à côté de moi, et non avec ? J’avoue, je comprends pas.
Ensuite, la culpabilité. Parce que, ce qui est sous-entendu, c’est ça : « Mais, t’as pas l’impression d’en faire trop… T’as quelque chose à te reprocher ? » Et là, tu cogites. Oui, tu culpabilises de ne pas passer tout ton temps avec lui. De devoir le laisser chaque jour pour aller bosser, de ne pas pouvoir lui consacrer 100% de ton attention quand tu es avec lui, parce qu’il y a toute la maison à faire tourner. Tu culpabilises de ne pas avoir intégré TOUS les principes des pédagogies positive et Montessori, tu balises à l’idée de ne pas savoir lui donner confiance en lui. Tu culpabilises de ne pas savoir garder ton calme en permanence, surtout quand cela fait une demi-heure qu’il hurle sans que tu saches pourquoi, qu’il est 23h et que tu aimerais pouvoir te reposer un peu. Tu balises, culpabilises, pour tout et n’importe quoi. Alors peut-être que tu en fais trop, oui… Pour compenser.
Et puis… Le rejet. Merde, à la fin ! Je le prends comme un reproche, ce trop. Et je ne peux pas. Parce que oui, je fais un max de choses pour lui. Avec lui. Je lui prépare tous ses repas, des gâteaux qu’il mange au goûter à la brioche du matin, en passant par le poulet au curry et la quiche aux lardons. Je lui lave ses couches, pour qu’il soit plus à l’aise qu’en couches jetables, pour ne pas lui mettre des produits chimiques sur les fesses. Je me renseigne, j’apprends constamment, pour être la meilleure maman possible. Pour en faire un enfant épanoui et confiant. Je passe un maximum de temps avec lui. Je, mais c’est on, en fait : parce que Jo, c’est pareil. Et tout ça, ça a un coût. Un coût qui est lourd, que l’on a parfois du mal à assumer, mais que l’on oublie quand on voit son sourire. Un coût : moins, beaucoup moins de temps pour nous. Pour nos passions, pour nos moments à deux. Moins de temps pour se reposer, moins de temps pour flâner. Pour lire, bloguer. Pour dormir, aussi. Un coût qui me fait parfois craquer, mais que je ne voudrais pour rien au monde réduire : parce que ce petit bout, c’est de loin de la plus belle chose qu’on ai faite. Et qu’il mérite amplement tout ce que l’on fait pour lui. Un coût, donc, que j’assume pleinement. Mais pas quand on m’envoie dans la face ce TROP. Ce trop qui hurle et tourne en boucle dans ma tête, ce trop qui me pousse à tout remettre en question : et si je me plantais. Et si… ET SI. Et si quoi ? Et si ce n’était pas la peine ? Et si ça ne servait à rien ? Et si j’étais stupide d’avoir ces principes ?
Aujourd’hui, c’est un Mummy time, oui. Mais aujourd’hui, c’est aussi la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Et aujourd’hui, moi ce que je réclame, plus que l’égalité des salaires, l’égalité des sexes, l’égalité tout court, c’est qu’on NOUS FOUTE LA PAIX. À nous, les femmes, mais aussi aux mères. Qui sont constamment dans l’obligation d’être parfaites, d’avoir une maison bien tenue, de faire des bons petits plats, d’habiller leurs enfants avec les plus beaux vêtements, d’être polies et gentilles en toute circonstances. Mais aussi, d’être d’excellentes épouses ET employées. Parce qu’on l’a voulu cet enfant, enfin ! Être mère ne doit pas être un poids, un handicap. Être mère ne doit pas être une excuse à une fatigue toujours un peu trop présente. Être parfaites, donc, mais pas trop quand même. Parce que c’est suspect, après. Je parle de Montessori ? On me demande si je fais partie d’une secte. J’avoue à demi-mot allaiter encore Malo ? On me regarde d’un œil bizarre, jetant un petit « mais ça ne se fait pas » bien senti. Du coup, je ne parle plus. Du moins, je choisis à qui. Parce qu’on en rencontre, des gens, qui vont simplement s’intéresser à ce que tu fais, chercher à comprendre pourquoi, comment, sans jugement. On en rencontre plein. Mais on rencontre aussi les autres, ceux qui te regardent d’un œil noir, qui vont toujours trouver à te dire que, ce que tu fais, ce n’est pas assez… Ou c’est trop. Et c’est pour ça que j’écris ici, aujourd’hui, même si ce n’est sans doute pas le lieu : parce que quand vous êtes capables de faire abstraction de tout ça, ce n’est qu’un peu pénible. À la longue, cela devient franchement agaçant. Mais quand vous prenez tout de plein fouet, remettant absolument TOUT en question, cogitant et cogitant encore, sans répit, ça fait mal. Une fois, deux fois… Certains d’entre vous le savent, j’ai relativement peu confiance en moi. Et Malo, c’est mon plus grand sujet d’inquiétude. Je veux bien faire, mais je n’ai pas de manuel pour réussir à coup sûr. Et ça m’angoisse, terriblement. Alors, la petite réflexion à la noix dans le style du « Et, t’as pas l’impression d’en faire trop ? »… Très peu pour moi et ma relative tranquillité d’esprit.
Aujourd’hui, je ne demande rien d’autre que d’être rassurée, finalement. Elle est où, la Haute Autorité des mères qui te dit « Allez, garde le cap, tu fais du bon boulot ! » ? Parce que, je vous le dis, si on avait ce genre de petit rappel régulièrement, on serait peut-être moins sur les rotules. On se poserait moins de questions, on profiterait davantage du moment présent. Alors, à toutes les mères qui passez par ici : vous faites du bon boulot. Du très bon boulot, j’en suis intimement convaincue. Même si le quotidien n’est pas toujours simple à assumer, même si on a parfois envie de tout envoyer balader. Même si… Vous êtes femmes, mères, peut-être pas parfaites aux yeux de la société, mais aux yeux de votre enfant… Bien sûr que si.

Du Love, et pardon pour la digression, les propos sans queue ni tête, et tout le reste. Aujourd’hui, c’était atelier défouloir 🙂

Pour marque-pages : Permaliens.

5 Commentaires

  1. Chatoooon <3 Je ne suis pas vraiment maman, mais je comprends parfaitement ton ressenti! Je ne te dirai donc que ça: continue comme tu le fais, suis ton instinct et fais-toi confiance! Malo grandit entouré de votre amour, c'est bien là la chose la plus importante 🙂
    Du love et plein de câlins réconfortants!

  2. MERCI !
    Tu ne peux pas savoir à quel point lire ton article me fait du bien en cette période d’hormones après accouchement. Mon deuxième est né lundi dernier et je galère. Mais j’essaie de faire de mon mieux pour prendre du temps avec mes deux enfants (Eléna a que 21 mois et nous fait sentir qu’elle veut que l’on s’occupe d’elle).
    Actuellement je suis fatiguée car j’allaite (parce que j’aime ça et que j’ai regretté d’avoir arrêté pour mon aînée lorsqu’il a fallut reprendre le travail) et parce que quand c’est pas Arthur qui a besoin de moi, c’est Eléna qui se met à écourter ses nuits alors qu’elle est du genre a dormir 11-12h d’affilé.

    Alors merci encore pour cet article ! Et puis, continue de faire ce que tu veux pour ton fils, enfin je devrais plutôt dire ContinuEZ à faire ce que vous faites pour votre fils car ils grandissent tellement vite et nous apportent tellement de joie.

    Certes on a moins de temps pour nous, mais il faut juste se donner de temps en temps la peine de prendre ce temps et ce, sans le regretté. Et puis, avoir un enfant c’est aussi l’assumé et lui faire découvrir nos passions ! De mon côté, je n’hésite pas à emmener ma fille lorsque je vais à la librairie, je l’emmène aussi dans notre jardin. Et mon mari l’emmène aussi à la ferme. (Durant la fin de ma deuxième grossesse, on l’aidait même durant la traite ^^) ça nous permet de prendre du temps pour elle et d’être en famille.

    Saches que tu m’as l’air du mère formidable qui prends soin de son fils, alors continue ! Fais de ton maximum et tu verras, il te le rendra (ça a même déjà commencé ^^)

    Et encore Merci !

  3. Ne laisse plus jamais les autres te faire douter de la mère et de la femme extraordinaire que tu es ! Tu n’as rien à te reprocher, mieux : TU DOIS ÊTRE FIÈRE. Et puis zut, je t’envoie un message.

  4. Je ne suis pas maman, pas encore, mais j’ai une maman et en grandissant on se rend compte de tout ce qu’elle fait, ce que les parents font pour nous. Le plus important est l’amour, toujours. Tant pis si les autres ne comprennent pas, peut être se cachent-elles aussi. La société est dure avec les mères, les épouses, mais nous sommes toutes cela à la fois : une femme est tout cela et nous ne devrions pas catégoriser. Courage ma belle <3

  5. Tu as raison mon Bouchon d’amour! On n’en fait jamais trop pour ses enfants, on fait ce qu’on veut et surtout ce qu’on peut! Continue à faire ce qui te semble bien pour ton ptit bout, mais ne culpabilise surtout pas de ne pas en faire assez!!! Et surtout reste sourde aux critiques et questions sans importance de certains qui, au fond, te jalouse un peu je pense… Du love ma soeurette

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