Les douze rois de Sharakhaï, Bradley P. Beaulieu

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Traduit par Olivier Debernard

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L’histoire : Dans les arènes de Sharakhaï, la perle ambrée du désert, Çeda combat tous les jours pour survivre. Comme de nombreux autres, elle espère la chute des douze Rois immortels qui dirigent la cité depuis des siècles. Des souverains cruels et tout-puissants qui ont peu à peu écrasé tout espoir de liberté, protégés par leur unité d’élite de guerrières et les terrifiants asirim, spectres enchaînés à eux par un sinistre pacte. Tout change lorsque Çeda ose braver leur autorité en sortant la sainte nuit de Beht Zha’ir, alors que les asirim hantent la ville. L’un d’eux, coiffé d’une couronne en or, murmure à la jeune fille des mots issus d’un passé oublié. Pourtant, elle les connaît. Elle les a lus dans un livre que lui a légué sa mère. Et le lien que Çeda découvre entre les secrets des tyrans et sa propre histoire pourrait bien changer le destin même de Sharakhaï…

Mon avis : Bien. Prenons un instant, voulez-vous ? Un instant où retenue et modération ne seront pas de mise… VOUS AVEZ VU CETTE COUVERTURE ?! J’adore, j’adhère, j’admire : Marc Simonetti fait, une nouvelle fois très, très fort. Et il tape surtout très, très juste : elle correspond à merveille au roman. Un roman que je dévoré en deux jours malgré ses six cents pages et un bout’d’chou bien décidé à accaparer toute mon attention : en deux nuits serait donc plus juste, que mes cernes en soient témoins. Il faut dire que Les douze Rois de Sharakhaï était annoncé comme LA sortie Bragelonne de cette rentrée littéraire, LA nouvelle série de fantasy à ne manquer sous aucun prétexte. Je n’ai donc pu refuser l’offre, bonne petite que je suis. Et, après l’avoir fait patienter quelques semaines… Je m’y suis mise. Enfin.
Sharakhaï, perle du Grand Shangazi. Ville tentaculaire dirigée d’une main de fer par douze Rois aussi cruels qu’immortels, elle attise toutes les convoitises, fantasme des tribus nomades qui ne rêvent que de la conquérir. Ses habitants, quant à eux, ont appris à vivre dans la peur, nul ne sachant quand la justice arbitraire des Rois s’abattra…Ni où. Çeda est une jeune femme du petit peuple : vivant des cours d’escrime qu’elle donne aux enfants des nantis, elle se transforme en guerrière redoutable une fois les pieds dans l’arène : à dix-neuf ans, elle fait déjà partie des chiens de guerre les plus réputés. Pourtant, la Louve Blanche cache un terrible secret… Alors qu’elle n’était qu’une enfant, sa mère, une femme fière et secrète, a été sauvagement assassinée. Par les Rois ou leurs petites mains, les féroces Vierges du Sabre, cela ne fait aucun doute pour Çeda qui, depuis le jour où elle a vu le corps supplicié de celle qui était sa seule famille, a juré de se venger. De se venger, et de faire tomber les Rois, quoi qu’il puisse lui en coûter : à elle de rassembler les indices, de traquer les faiblesses de ces hommes devenus dieux, quand bien même cela bouleverserait tout ce qu’elle sait de sa ville, de son histoire… Et d’elle-même.
J’ai adoré. VOILÀ. Qu’on se le dise : le coup de cœur de Stephane Marsan n’était pas usurpé. Nous avons affaire ici à un véritable page turner, un petit bijou de fantasy. J’ai TERRIBLEMENT (et j’insiste là-dessus) aimé le fait que l’auteur ait choisi de développer un univers oriental plutôt que médiéval classique : l’atmosphère du roman est juste terrible. On sentirait presque le souffle du désert dans notre dos, la morsure du soleil sur nos bras, le baiser du sable sous nos pieds. Pour vous donner un visuel, on se croirait un peu dans un mix de Prince of Persia et Assassin’s Creed : il n’y a qu’à admirer la superbe couverture du roman pour s’imaginer les souks et les taudis de cette mystérieuse et oh combien fascinante cité. Les phases descriptives sont parfaites, ni trop longues ni trop courtes, justement dosées tout au long du roman : on voit Sharakhaï s’élever devant nos yeux dès les premières lignes, l’auteur ayant une écriture profondément immersive. Je suis tombée amoureuse de cette ville, malgré ses impitoyables régents, malgré sa dangerosité : j’ai rêvé, moi aussi, que je foulais son sol pour en admirer les merveilles. Elle devient un personnage à part entière et ça… M’sieur Beaulieu ça, c’est fort.
L’auteur ne se contente pourtant pas de donner un cadre physique à son roman : son background est développé au possible. Pas à l’extrême comme peut le faire Brandon Sanderson dans La Voie des Rois, pour ne citer que lui, mais c’est déjà énorme : Histoire, mythologie, religion, géographie, us et coutumes… Le bonhomme travaille tout, tout, TOUT. Et on en redemande, croyez-le ou non ! Quand je vous dis que je l’ai dévoré en deux nuits, j’en ai même rêvé. RÊVÉ !! C’est bon, c’est excellent, c’est… FIOU ❤️
Évidemment, l’intrigue ne pêche pas, elle non plus : si les ficelles utilisées sont somme toute assez classiques (une jeune héroïne voulant jeter à bas les tyrans oppressant son peuple) avec quelques petites facilités de-ci de-là, on ne peut s’empêcher de se passionner pour le destin de Çeda, cette jeune fille au caractère bien trempé. Et qu’elle est bien campée, elle aussi ! Criante de vérité, avec ses forces et ses faiblesses, son passé fait de mystères et de drames, son cœur sincère sous couvert d’un tempérament de feu : je l’ai aimé, instantanément. Pour sa complexité, sa véracité. Elles sont loin, les héroïnes un peu fadasses et similaires les unes aux autres ! Çeda rayonne, véritablement. Et nous la suivons, hypnotisés : il m’a été très difficile d’interrompre ma lecture, tant l’intrigue est intense. Les rebondissements, révélations et retournements de situation s’enchainent, nous laissant tantôt abasourdis, incrédules, meurtris, inquiets, désespérés. Oui, j’ai une nouvelle fois vécu ma lecture, senti mon cœur s’accélérer, rythmé par cette action trépidante. Puis ma gorge se serrer, mon ventre se nouer, mes sentiments ballotés d’un extrême à l’autre, soumis aux caprices de l’intrigue. J’ai retenu mon souffle, enfouie sous ma couette, tentant de tourner les pages plus vite encore pour en savoir davantage. Et je l’ai terminé. Dans l’après-midi, incapable que j’étais d’attendre le soir. Je l’ai terminé, et me suis sentie orpheline. J’en aurais voulu plus, dix fois plus : Bradley P. Beaulieu a su me captiver à l’extrême, me tenir en haleine tout au long de son roman et, surtout, surtout, me toucher en plein cœur. Oh, je pourrais vous parler de plein de choses, encore ! D’Emre, tiens, ou des Asirim. Des fleurs d’adicharas et de leurs étranges pouvoirs. Je pourrais continuer pendant des heures, mais je vais m’arrêter là : maintenant, c’est à vous d’aller rencontrer les douze Rois, Sharakhaï et Çeda. Et je vous envie : parce que des bouquins comme ça, on aimerait pouvoir les redécouvrir. Encore, et encore ❤️

En bref, un roman qui plaira particulièrement aux amateurs de fantasy : tous les ingrédients d’une excellente série sont là. Les connaisseurs, eux, y trouveront peut-être quelques facilités mais, franchement… Il est peut-être temps de se laisser porter. Pour moi, c’est chose faite, et… C’est un coup de cœur !

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Coup de cœur !

Pour marque-pages : Permaliens.

6 Commentaires

  1. Ah ton avis me donne plus qu’envie =)

  2. Oh waouh !!! Il me faisait déjà envie mais avec ta chronique !!!! O.O Je vais être forcée de l’acheter je pense… 😉

  3. Vile tentatrice ! Ce n’est pas comme si il ne me tentait pas déjà en plus ! lol

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  5. J’avais envie de lire ce roman après la vidéo de Stéphane Marsan à ce sujet maintenant j’ai TRÈS envie de le lire!!

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