Brume de cendres, Dominique Douay

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L’histoire : Au sein de la Protée se côtoient des milliards et des milliards d’avatars de la Terre et le Livre est à la fois la mémoire de la Protée et 1e moyen, grâce aux marque- pages, de parcourir cette mémoire, et peut-être de passer réellement d’une Terre à l’autre. Mais une menace existe : les Nuées, qui reviennent à intervalles réguliers détruire des pans entiers de la Protée et qui gagnent en puissance à chaque nouvel assaut. Il y a cependant un espoir : sur une Terre en voie d’anéantissement, un groupe d’humains parvient à résister grâce à d’étranges pouvoirs. Parmi eux, un garçon, Bajo, dont la particularité est de pouvoir se déplacer à l’intérieur de la Protée et qui, au hasard de ses voyages, devra incarner des personnages fort différents, de liquidateur de vieux à rock-star adulée des foules. En passant bien sûr par sauveur de mondes.

Mon avis : Aaaah, Monsieur Douay… Cesserez-vous un jour de me dérouter à ce point ? J’avais découvert l’auteur avec son dernier roman en date, La fenêtre de Diane qui, s’il m’avait beaucoup plu, m’avait également énormément décontenancée : l’univers imaginé par l’auteur est richissime, modelé de mille et une influences que j’ai parfois eu du mal à détecter. Un bon mois après sa lecture, j’en garde encore un souvenir assez ambivalent : à la fois séduite et perdue, j’en étais ressortie les yeux dans le vague. C’est donc avec curiosité que je me suis lancée à l’assaut de son petit dernier : se déroulant dans le même univers que La fenêtre de Diane, Brume des cendres s’apparente davantage à une grosse nouvelle qu’à un véritable roman, de par son format plutôt réduit et ses 200 et quelques pages. Tient-on là un nouvel olni ? Réponse…
La Protée, encore : toutes les Terres possibles sont ici rassemblées, leur mémoire conservée au sein du Livre, planète artificielle autour de laquelle s’est établie une véritable religion. Charge à elle, dès lors, de protéger la Protée de toute atteinte qui pourrait lui être faite… Et une menace existe bel et bien : les Nuées, cette sombre entité dont nul ne connait l’origine, sont en passe de détruire des Terres entières. Nul ne sait comment les vaincre, et pourtant : un groupe d’humains résiste tant bien que mal, à l’aide de mystérieux pouvoirs. Le Sage d’entre les Sages en est certain : là se trouve le remède au fléau…
Hum. Que vous dire ? Une fois encore, le point de départ est génial : comme je vous le disais pour La Fenêtre de Diane, l’auteur s’imagine un terrain de jeu aux possibilités incroyables, au potentiel gigantesque. Nous sautons, avec Brume de cendres, de Terre en Terre, découvrant avec stupeur et incrédulité des mondes aussi farfelus les uns que les autres, et pourtant tous baignés d’un halo noirâtre et pesant, fait de violence plus ou moins assumée. Les idées sont là, excellentes et bourrées d’originalité.
Malheureusement… Pour ma part, l’auteur ne transforme pas l’essai : j’ai trouvé que ce petit roman manquait cruellement de profondeur, de développement. Les pistes sont esquissées aussi rapidement qu’elles sont abandonnées, et je me suis maintes fois sentie totalement perdue, jusqu’à finir par décrocher sur un final qui ne m’a que peu touchée. Les premiers chapitres commençaient pourtant très bien : j’ai vite été happée par cette quête un peu désespérée, admirative de la plume tout à fait particulière de l’auteur. Les pages ont défilé… Et mon intérêt a faibli : je ne m’y retrouvais plus, incapable que j’étais d’entrer en communion avec l’imaginaire de l’auteur. Quelle frustration, alors ! Car j’ai vraiment l’impression d’être passée à côté de quelque chose. Comme si Dominique Douay nous donnait à lire un premier jet, mais que le meilleur restait à venir. On ne peut donc que l’espérer…

En bref, petite déception avec ce court roman qui, pour moi, se contente de survoler une intrigue qui aurait pu être parfaitement prenante. L’auteur s’éparpille, en fait trop : ses premières idées étaient excellentes, et la frustration de ne pas les voir davantage creusées m’a fait passer à côté du reste du récit. Dommage !

 laborieux
Déçue…

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