Mummy time : Et l’allaitement, on en parle ?

Mummy time

Que vous soyez maman ou que vous vous apprêtiez à le devenir, vous savez qu’il existe UN sujet qui déchaine les passions. UNE question transformant les uns en moralisateurs acharnés et les autres en ardents défenseurs des libertés féminines… Vous avez deviné ? Oui, je parle bien du sacro-saint…

*Roulements de tambours*

ALLAITEMENT ! Sein/biberon, biberon/sein ? Si pour certaines le choix est évident, pour d’autres… C’est loin d’être le cas. Voici donc pourquoi j’aborde aujourd’hui ce sujet assez intime (et somme toute particulièrement éloigné des livres ^_^) : on se sent parfois très seule face à cette épineuse question (des proches aux avis bien tranchés à un Chéri un peu paumé, pas simple de trouver à qui parler !), et j’ai l’espoir que cet article permettra à certaines d’entre vous d’y voir plus clair. Expérience, conseils… Je vous dis tout !

***

Tout d’abord, une précision : le terme allaitement ne concerne pas que le sein. Allaiter un bébé, c’est l’acte de lui donner du lait, point. Il est temps d’arrêter de diaboliser le biberon ! Quand on parle allaitement, les gens font bien souvent preuve d’une étroitesse d’esprit affligeante. Quelle maman n’a jamais entendu le fameux « Tu le nourris ? » ? Une vendeuse en magasin bio m’a lâché ça il y a peu, je n’avais qu’une envie : lui répondre « non, je le laisse mourir de faim ». Cette question… C’est sérieux ?!
Mais passons. Chez les Bouchons, comment ça se passe ? Pendant longtemps, donner le sein m’a totalement rebutée : pour moi, c’était clair. Ce serait le biberon ! Ma sœur a allaité ainsi ses trois enfants, notre maman nous a elle-même nourri au biberon de lait artificiel… Et on ne s’en est pas si mal sorti ! Et puis, le sein… Quelle galère ‘_’  Impossible de laisser Bébé en garde plus de deux heures sans avoir tiré son lait au préalable (vache laitière, coucou !), sous peine de le condamner à hurler de faim sans moyen de le contenter, et de voir sa poitrine doubler (facile !) de volume et évacuer sur ce beau tee-shirt tout neuf le trop plein de lait, difficulté pour le papa de partager ces moments d’intimité avec Bébé, et puis… Au revoir la pudeur ! Bref, autant de raisons qui me faisaient dire que, clairement… Le sein, pas pour moi 🙂
Et puis, je suis tombée enceinte. De vous à moi, je ne sais pas vraiment ce qui m’a poussée à m’intéresser de plus près à l’allaitement maternel. Peut-être me suis-je simplement dit que ce serait bien d’envisager la chose, histoire de prendre ma décision en connaissance de cause. Alors, je me suis renseignée. Et voilà ce que j’ai appris :

◊ Le lait maternel restera sans conteste l’aliment le plus adapté aux nourrissons. Le lait artificiel, convenant tout de même aux besoins des bébés, reste trop gras et se digère moins facilement.
◊ Il n’existe pas de « mauvais » lait (ce qui est bien entendu à nuancer : j’imagine que si la maman est alcoolique/se drogue, elle aura tout intérêt à nourrir son enfant au LA)(je ne compte plus le nombre de fois où l’on m’a dit « peut-être que tu n’auras pas de lait »/ »attends de voir si ton lait sera bon »). De même, pour peu que la lactation de la maman ait été établie avec soin, il est impossible/difficile (sauf en cas de bouleversements majeurs) qu’elle manque de lait. Soyez-en sûres : votre lait comble PARFAITEMENT les besoins de votre bébé.
◊ Mieux : sa composition se modifie au cours de la tétée. Un lait plus « clair » et moins riche au début pour se désaltérer, un lait plus riche et gras en fin de tétée pour la sensation de satiété… D’où l’intérêt de ne pas interrompre bébé tant qu’il n’a pas fini !
◊ L’allaitement maternel aiderait à prévenir les allergies, l’obésité, les problèmes respiratoires… De façon général, il renforcerait le système immunitaire de bébé.
◊ Donner le sein à son enfant permettrait aux jeunes accouchées de retrouver la forme plus facilement/rapidement : les tétées entrainant des contractions de l’utérus, celui-ci retrouver son volume initial bien plus vite. Et c’est 500 calories (peu ou prou) en plus de dépensées chaque jour !

Je pourrais continuer ainsi pendant longtemps ^_^ Mais une phrase, surtout, m’a faite réfléchir : « On ne donne pas de lait de chèvre aux bébés rats, pourquoi donner du lait de vache aux petits d’homme ? » En effet.
En accord avec Chéri (parce que je me refusais à lui créer une hypothétique frustration), j’ai donc revu ma position et décidé de tenter la grande aventure de l’allaitement au sein. J’ai lu, beaucoup. Je m’y suis préparée avec une sage-femme. J’ai compris, surtout, que la chose ne serait pas forcément aisée : Certains bébés ont du mal à téter, la première montée de lait peut tarder à venir, sans parler des crevasses et autres engorgements… Mais savoir tout ça m’a permis d’entamer mon allaitement sereinement, de prévenir d’éventuels soucis et de savoir, au besoin, les résoudre.
Dès la salle d’accouchement (plus la première tétée est précoce, plus votre allaitement a de chances de s’établir correctement), j’ai été rassurée : pas de souci pour Malo, il a bien compris comment ça marchait ! Malgré tout, on a pas mal tâtonné : la « bonne » position n’est pas évidente à trouver, et on devait composer avec les biberons de complément… Finalement, cela s’est soldé par une jolie crevasse du côté gauche (physiquement, c’est comme si le mamelon était cisaillé, sur le point de se déchirer. Oui, c’est plutôt sympa). Et je ne vais pas vous mentir : ça fait un mal de chien quand vous mettez bébé au sein (pas question de le laisser trop longtemps au repos, ou c’est l’engorgement qui vous guette !). À en avoir les larmes aux yeux et la nausée. Heureusement, des solutions existent (crème à la lanoline, « bouts de sein » en silicone, compresses de lait maternel -c’est un excellent désinfectant/cicatrisant- et j’en passe…). Et une fois que vous avez corrigé la mauvaise position de bébé, ce n’est plus qu’une affaire de jours (deux, pour moi !) avant que tout ne revienne à la normale.
Dès lors, je n’aurais qu’un conseil : laissez-vous porter, faites-vous confiance, à vous et à votre bébé. Un bébé nourri au sein tête entre 8 à 12 fois par jour (le LM se digère en deux heures environ), pas forcément de façon uniforme. Au fil des jours, votre lactation va s’adapter, et vous allez trouver votre rythme. Passés les premiers doutes, les premières interrogations, j’ai appris à apprécier ces moments d’intimité, de fusion avec mon p’tit bout, à un point tel que je vivrais assez mal le fait de le passer au biberon, si j’y étais obligée. Quand on pense au dégoût quasi viscéral que j’avais pour l’allaitement maternel il y a quelques temps, c’est assez dingue ! Mais je ne regrette absolument pas d’être aller plus loin que mes appréhensions et, surtout, d’avoir persévéré 🙂

*Trucs et astuces*
◊ Savoir s’entourer.

Je ne peux pas vous promettre que, si vous décidez de vous lancer dans la grande aventure de l’allaitement maternel, tout ira comme sur des roulettes. Je peux toutefois vous assurer que, si vous ne restez pas seule dans votre coin, la moitié du chemin sera fait : donner le sein à son enfant ne se fait pas sans mal, et être entourée est essentiel. Par le papa, d’abord, qui doit approuver à 100% votre décision. Par vos proches, qui auront tôt ou tard à composer avec (et non, Bébé ne s’arrêtera pas de manger les dimanches que vous devrez passer en famille !). N’hésitez pas, enfin, à prendre rendez-vous avec une conseillère en allaitement, ou à vous renseigner sur l’antenne de la Leche League la plus proche de chez vous ! Parler avec d’autres mamans, avoir quelqu’un pour vous rassurer… La communication peut faire des miracles 🙂

◊ Débuter en douceur.

Personnellement, j’appréhendais énormément le fait de devoir donner le sein devant d’autres personnes que Chéri. C’est d’ailleurs ce qui a poussé ma sœur à privilégier le biberon : les auxiliaires de vie ne sont pas toujours très compréhensives (et viens que je te presse la poitrine de toutes mes forces pour essayer de faire sortir quelque chose !), l’entourage pas forcément attentif au respect de notre pudeur… Avant d’accoucher, j’ai donc prévenu tout le monde : à la maternité, je préférais n’avoir personne dans la chambre tant que dureraient les repas de Bébé. Pas facile d’être à l’aise si, en plus de tâtonner, l’oncle Richard est là à commenter l’appétit dévorant de votre bout de chou, hein ? Une fois que que vous serez suffisamment à l’aise dans vos gestes pour ne plus ressentir le besoin de vous isoler, pourquoi ne pas opter pour la cape d’allaitement, qui garantie une minimum d’intimité ?

◊ Et Papa ?

Au début de mon allaitement, j’avais un peu peur que Jo ne se sente exclu. Et puis, finalement, on s’est rendu compte qu’il y avait pleiiin d’autres moments qu’il pouvait partager avec Bébé ! S’il n’est pas spécialement fan du changement de couche, il adore les sessions câlins qui suivent inévitablement chaque tétée. C’est qu’on se battrait presque 🙂

◊ S’écouter.

La manière dont vous allaiterez votre bébé VOUS appartient. Que vous choisissiez de lui donner le sein ou le biberon, c’est VOTRE décision, et elle est tout à fait respectable. N’écoutez donc que vous et, éventuellement, votre compagnon. Mieux vaut donner un biberon de lait artificiel avec amour que le sein à contrecœur, n’est-ce pas ? De même, si vous avez testé l’allaitement maternel et que, décidément, ça ne vous branche pas du tout… N’ayez pas de remords à passer au biberon : votre bébé ne vous en aimera pas moins pour autant, et vous pourrez profiter pleinement de ces moments de tendresse ♥

cles de lallaitement

J’espère que cet article vous aura plu, qu’il aura (peut-être !) permis à certaines d’entre vous d’y voir plus clair ♥ Si vous avez des questions, des doutes… N’hésitez surtout pas ! Ce sera pour moi un vrai plaisir de vous aider 😉
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20 Commentaires

  1. Je vous imagine bien vous battre pour les moments câlins 😉 !
    Article très intéressant comme d’habitude !

  2. Cet article est trop mignon! Merci beaucoup pour ce témoignage <3 Très intéressant et très utile!

  3. Tu as le chic pour faire des articles plus qu’intéressants et instructifs, en plus d’être remplis de bon sens!
    Bravo et encore plein de bonheur à vous trois!
    Bisous <3

  4. Un article très chouette même pour moi qui ne pense pas du tout aux enfants ^^

  5. C’est rigolo de lire ton changement d’attitude face à l’allaitement maternel… comme quoi, une fois de plus, quand on devient maman tout peut changer !^^
    Pour ma part, j’ai été allaitée par ma mère pendant 3 mois. Ma soeur a allaité ses deux enfants jusqu’à leurs 6 mois.
    Quant à moi, je fais ce qu’on peut appeler un « allaitement long/prolongé » puisque je souhaite aller jusqu’à la 1ère année de ma fille. Elle aura 1 an en octobre et est nourrie 4 fois/jour, alors je l’ai déjà sevrée de mon lait le midi et au goûter.
    J’avais très peur de l’arrivée des dents car je pensais que ça signerait la fin de l’allaitement (de manière douloureuse et brutale)! Mais en fait, après 1 ou 2 surprises un peu piquantes, bébé comprend très bien comment téter sans te blesser… 🙂
    Du coup, plus de soucis ^^ Lorsqu’elle aura 1 an, elle découvrira le lait de vache et prendra enfin son petit déjeuner en même temps que nous ! 😀
    Ce qui est drôle, c’est que dès sa naissance tout le monde m’a demandé combien de temps je comptais l’allaiter. Je répondais « probablement 6 mois, peut-être un peu plus, on verra ! » (j’avais vu que pour la santé de bébé, l’OMS recommandait l’allaitement maternel pendant au moins les 6 premiers mois de l’enfant). Finalement, j’aurais fait plus longtemps ! Et je ne regrette qu’une chose : de ne pas m’être préparée comme toi avant.
    L’allaitement maternel me semblait tellement naturel que je ne me suis posé aucune question ! Mais les débuts ont été difficiles à cause de mon ignorance (et le manque d’aide autour de moi pour identifier le problème)…

    Bref ! Ton article aidera sûrement d’autres mamans en devenir ou jeunes mamans à se poser les bonnes questions et à faire au mieux, pour elle comme pour leur bébé 😉
    Super article mon petit bouchon !^^ Comme d’hab ^^

    • Tout d’abord, merci pour tout ça ma petite Awalie <3 J'avais un peu peur de la manière dont serait reçu cet article et me voilà rassurée 😀
      C'est vrai que je suis passée d'un extrême à l'autre, ou presque... J'aimerais faire, comme toi, un allaitement prolongé. Mais j'ai peur que ma lactation s'arrête une fois que je reprendrai le travail...
      En tout cas, je suis contente que vous ayez trouvé votre rythme de croisière, toutes les deux 😀 Un allaitement difficile peut être tellement minant pour le moral 🙁

  6. Très intéressant ton artile et très bien écrit. De mon côté j’ai choisi le biberon pour des raisons très personnelles pourtant, avant d’être enceinte, j’étais totalement pro allaitement, comme quoi 🙂

  7. Je suis totalement pour l’allaitement mais… RAHHHHH mon Dieu! x)
    Bon après le mieux c’est de ne pas lui faire boire du lait de vache plus tard vu que c’est très mauvais pour la santé. Autant continuer sur la lancée d’une alimentation parfaite pour la santé de bébé!^^

    • Je suis assez d’accord avec toi mon chat 🙂 Le tout est de savoir si la reprise du travail ne va pas mettre un terme à tout ça…. *croise les doigts*

  8. Je savais déjà pas mal de choses (alors que je ne suis même pas enceinte et n’ai personne dans mon entourage qui l’est…) mais je dois dire que ton article est à la fois très bien fait et rassurant/décomplexant ! Je n’ai pas d’idée tranchée sur la question, et je pense que ça restera entre chéri et moi jusqu’à la naissance (quand ça arrivera…), histoire de ne pas me faire emmerder (parce que franchement, les gens sont cons, même, voire surtout, dans ma famille).

    • Tu as tout à fait raison de garder votre décision pour toi, on ne l’a pas fait et… J’ai regretté, souvent. Les gens ont beaucoup trop tendance à se mêler de ce qui ne les regarde pas -_-

  9. Voilà un très beau témoignage 🙂

  10. Je voulais tester l’allaitement au sein, mais comme j’ai fini en césarienne d’urgence (que j’ai très mal vécue) et que du coup j’avais du mal à bouger, j’ai finalement lâché prise et suis passée au biberon. Devoir sonner chaque fois que bébé a faim pour que l’on vienne te la mettre au sein, ce n’était pas pour moi…
    En tout cas ton article est très bien fait et très constructif, je suis sûre que ça aidera plein de futures mamans 🙂

  11. Je vais être honnête: tout ça me fait flipper! Je ne suis tellement pas prête à avoir des enfants et tout ce qui va avec, que ça me fait paniquer quand j’y pense! Mais je suis très contente pour toi que vous ayez trouvé votre rythme 😀

  12. Merci pour toutes ces précisions ma belle, je ne suis pas encore concernée par le sujet mais je suis contente d’avoir plus d’informations et ton expérience =)

  13. C’est compliqué l’allaitement ou plutôt c’est un parcours personnel et différent pour chaque maman. Pour mon fils, ça s’était très mal passé, j’avais trop de lait, j’en tirai pour en donner au lactarium donc j’en avais encore plus, je déménageais pour l’Égypte donc ce n’était pas la bonne période et les tétées étaient un calvaire, alors j’ai arrêté au bout d’un mois et demi. À partir de là, quand il a été au biberon, ça a été le rêve. Pour ma fille, 3 ans après, j’ai retenté, ça s’est super bien passé. Mais toujours en Égypte ce n’était pas facile à gérer, du coup, j’ai diminué progressivement à partir de 3 mois et j’aurais bien continué plus longtemps mais ma lactation s’est arrêtée 2-3 semaines après.

  14. Un grand, grand merci à toutes pour vos réactions <3 <3 <3

  15. Ping :Sunday’s Books #50 - Les lectures de Bouch'

  16. Merci pour cet article sur l’allaitement ! Moi qui veut allaiter au sein mes futurs enfants, je suis un peu plus encouragé !
    Bonne continuation avec ton petit garçon 🙂

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