Le secret de la manufacture de chaussettes inusables, Annie Barrows

secret manufacture

Traduit par : Aline Azoulay & Dominique Haas

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L’histoire : Ce n’était pas le projet estival dont Layla avait rêvé. Rédiger l’histoire d’une petite ville de Virginie-Occidentale et de sa manufacture de chaussettes, Les Inusables Américaines. Et pourtant… Eté 1938. Layla Beck, jeune citadine fortunée, refuse le riche parti que son père lui a choisi et se voit contrainte, pour la première fois de sa vie, de travailler. Recrutée au sein d’une agence gouvernementale, elle se rend à Macedonia pour y écrire un livre de commande sur cette petite ville. L’été s’annonce mortellement ennuyeux. Mais elle va tomber sous le charme des excentriques désargentés chez lesquels elle prend pension. Dans la famille Romeyn, il y a… La fille, Willa, douze ans, qui a décidé de tourner le dos à l’enfance… La tante, Jottie, qui ne peut oublier la tragédie qui a coûté la vie à celui qu’elle aimait… Et le père, le troublant Félix, dont les activités semblent peu orthodoxes. Autrefois propriétaire de la manufacture, cette famille a une histoire intimement liée à celle de la ville. De soupçons en révélations, Layla va changer à jamais l’existence des membres de cette communauté, et mettre au jour vérités enfouies et blessures mal cicatrisées.

Mon avis : Quand j’ai appris qu’Annie Barrows avait écrit un nouveau livre, je n’ai plus eu qu’une seule idée en tête : me le procurer, et vite. Il faut dire que j’avais eu THE coup de coeur pour Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, conjointement écrit avec sa tante – Mary Ann Shaffer – et qu’il me tardait de me plonger dans un roman aussi rafraichissant. Ni une, ni deux et faisant fi de mon habituelle préférence pour les formats poche, me voilà partie en quête du St Graal, laissant complètement tomber ma PAL de l’été pour me jeter sur ce petit pavé. 617 pages, s’il vous plait ! Et bien, figurez-vous que… Son sort fut réglé en une nuit : Bébé bien calé dans les bras, j’ai passé des heures absolument délicieuses en compagnie de la plume de Mme Barrows. Coup de coeur ? Assurément !
Quand Layla Beck, jeune femme issue de la haute bourgeoisie américaine refuse à grands cris d’épouser le riche parti dégotté par son sénateur de père, elle est loin d’imaginer que cela va l’envoyer tout droit en Virginie Occidentale, au cœur de la minuscule ville de Macedonia. Contrainte de travailler pour subvenir à ses besoins, la voilà chargée de la délicate mission de rédiger l’histoire de la ville, quand bien même cette bourgade proprette paraisse bien trop lisse pour présenter quelque intérêt que ce soit. Et pourtant, en atterrissant au beau milieu de la famille Romeyn, c’est tout un monde de secrets qui s’ouvre à elle, des secrets que certains ont tout intérêt à bien cacher…
Ce que j’apprécie le plus chez Annie Barrows, c’est cette façon si particulière qu’elle a de rendre ses romans vivants. Plonger dans un de ses livres, c’est se couper de son quotidien pour pénétrer dans celui de ses personnages si tangibles, s’asseoir à leurs côtés sur un fauteuil en rotin et siroter en leur compagnie un thé glacé. J’ai eu beau lire ce récit de nuit, pendant que Bébé mangeait, j’étais parfaitement réveillée dès l’instant où mes yeux en rencontraient les lignes. Ce n’est pas palpitant comme un roman d’aventure, ni bourré d’action ou de rebondissements, mais… Je ne sais pas, c’est comme si l’auteure nous offrait une véritable tranche de vie, avec les joies et les peines que cela implique, et une authenticité particulièrement précieuse. Je n’avais pas dépassé le premier chapitre que j’avais déjà l’impression de connaitre depuis toujours les personnages, de retrouver à travers eux de vieux amis perdus de vue. Je me suis pris d’affection pour chacun (ou presque) d’eux, appréciant leur fraicheur et leurs tempéraments hauts en couleurs, merveilleusement rendus. Quelle portraitiste, cette Annie !
Et comme l’intrigue met leurs interactions au premier plan, autant vous dire qu’il était plus que crucial qu’ils soient crédibles 🙂 Interactions que j’ai d’ailleurs pris grand (grand, grand !) plaisir à suivre, tant c’est bien tourné : on découvre en même temps que Layla (et les autres) les « menus » secrets de Macedonia et de la famille Romeyn, suivant avec émotion les bouleversements que cela va induire sur leur quotidien à tous. J’ai été prise aux tripes par cette histoire, chamboulée par les sentiments puissants qui s’en dégagent. Et si les révélations finales ne m’ont pas réservé grande surprise, j’ai fini ma lecture l’esprit apaisé et le cœur conquis : Le secret de la manufacture de chaussettes inusables est une petite bulle de légèreté, d’humour et de tendresse, qui ravira quiconque a besoin de douceur ♥

En bref, une lecture qui fait du BIEN. On rit, on pleure avec les personnages et, surtout, on s’attache plus que de raison à ces héros atypiques. À n’en pas douter, voici un digne successeur au Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates !

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Coup de cœur !

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8 Commentaires

  1. Oh c’est chouette que tu aies eu un coup de coeur, je l’ai adoré moi aussi mais beaucoup de lecteurs ont été un peu déçus apparemment. Mais j’ai su me laisser porter par cette ambiance, ces personnages. <3

  2. Il me tentait déjà énormément, mais maintenant à cause de toi : IL ME LE FAUT !!

  3. Je suis conquise : je lirai ce livre puisque je n’ai jamais franchi le pas avec « le cercle des… », un roman qui m’a toujours tenté mais qui me faisait peur ( la grosseur, le titre). Et si Celui-ci m’ouvrait le chemin du premier???
    Merci pour cette chronique pleine de fraîcheur et de plaisir! A bientôt.

    • Effectivement, ce n’est sans doute pas plus mal de commencer par celui-là 😉 Tu verras, l’un comme l’autre se lisent très facilement !

  4. Je viens de lire « Le cercle littéraire » que j’ai beaucoup aimé, et j’hésitais à lire ce nouveau, de peur d’être déçue… Mais ta chronique m’a convaincu du contraire! ^^

  5. AAh il me le faut! Je sens que c’est un livre doudou! Je suis contente de voir qu’il est à la hauteur de son premier roman (qui était quand même génial)!

  6. J’avais tellement aimé Le cercle littéraire… que je crois que j’ai un peu peur de celui-ci, bien que ton avis me donne énormément envie de le lire =)

  7. Mon petit coeur s’emballe à la lecture de ton billet. Comme toi, j’avais eu un gros coup de coeur pour « Le cercle littéraire… » Il faut donc que je le lise ABSOLUMENT !

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