La Floraison, Céline Landressie (Rose morte #1)

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L’histoire : C’est dans ce pays en proie à de terribles dissensions religieuses que se réfugient les Greer, fuyant l’Angleterre élisabéthaine. Eileen, seule enfant du comte, est une jeune femme vive et au caractère bien tranché. Mais son âge avance, et son père la met au pied du mur : elle doit se marier. Et c’est en faisant tout pour se soustraire à cette obligation, avec l’aide de sa fidèle amie Charlotte, que Rose fera la connaissance d’Artus de Janlys.
Le séduisant et mystérieux comte l’entraînera dans un univers dont elle ne soupçonnait pas l’existence, où les crimes terribles qui secouent Paris trouveront une explication apparemment inconcevable, mais bel et bien réelle…

Mon avis : Gniiiiii ! Oui, bon, d’accord, j’avais dit que j’arrêtais avec les HSN. Non, vraiment, j’ai dit une sottise pareille, moi ? Quelle inconséquence ! Bref. Hum, où en étais-je ? Oui, Rose Morte. C’est ma Book Jar nouvellement créée, la fautive ! Oui oui, souvenez-vous :


*Si ce n’est pas le destin, ça !*

Contrainte et forcée, je me suis donc plongée dans ce FAMEUX roman. Fameux, parce que je n’en ai entendu que du bien : Cali, Acro, Phebusa, Allison… Toutes n’ont pas tari d’éloges sur la saga. Et force est de vous avouer que… Je vais allègrement me joindre à la cohorte des convaincus : Rose Morte m’a enchantée.
Eileen a vingt-huit ans. Alors que toute autre jeune fille de son rang et de sa condition serait mariée depuis bien des années, elle met un point d’honneur à faire avorter toutes les tentatives de son père pour lui trouver un mari. Malheureusement pour elle, il est des hommes auxquels on n’échappe pas : le comte de Janlys en fait partie. Entre l’aura magnétique qu’il dégage et ses yeux d’un vert intense, Eileen ne tarde pas à tomber sous le charme… Sans se douter une seule seconde qu’elle signe là son entrée dans un monde à la fois magnifique et terrifiant, un monde dont elle n’a jamais soupçonné l’existence… Mais qui semble bien décidé à s’imposer à elle.
Par où commencer ? Le cadre historique, qui est magnifiquement bien traité ? Les personnages, formidablement bien croqués ? Le côté fantastique, qui s’insinue dans le récit sans l’on y prenne gare ? La plume de Céline, tout bonnement superbe ? Le mélange du tout, donnant un ouvrage hors norme ? Je ne vais pas vous faire languir plus longtemps : bien sûr que j’ai eu un coup de cœur. C’était presque joué d’avance, j’ai envie de dire. Mais si Céline a su combler mes attentes, elle a également su les surpasser. J’ai été happée par son récit, par sa plume, par ses personnages. Happée par son intrigue, prise dans l’étrange toile d’araignée qu’elle tisse et dont on peine à entrevoir les fils. J’ai été happée, subjuguée, passionnée. Tout cela, et bien plus encore.
Plusieurs raisons à cela : la première, tout d’abord, tient à la double casquette que porte l’ouvrage : Rose morte est à la fois un roman historique et un roman fantastique. Attention ! Quand je dis qu’il s’agit d’un roman historique, je ne parle pas de ces petits bouquins de chez Milady dans lesquels une robe brodée et une salle de bal plus grande que nature suffisent à planter le décor. Non, je parle d’un véritable roman historique, avec un fond qui tient la route, des détails en suffisance pour nous permettre de nous immerger totalement dans l’époque qui est dépeinte, et toutes ces petites choses de manière plus générale qui nous font comprendre dès le début que l’auteure ne s’est pas contentée de reprendre de vagues clichés, mais maitrise bel et bien son sujet sur le bout des doigts.
Et c’est pareil pour le côté fantastique : Céline Landressie joue avec nous, en parsemant d’abord son ouvrage de petites touches qui nous font tiquer, puis en plongeant bel et bien dans un univers irréel, mais diablement palpable  : envolés, les vampires qui brillent au soleil, les loups-garous étouffant sous la testostérone ! Céline redonne ici à la « bit-lit » ses lettres de noblesse, et ça fait du bien (je ne le classerai toutefois pas sous cette dénomination, ce genre souffrant trop d’aprioris depuis les bouses qui sont parues en se targuant d’être de la vraie, de la bonne bit-lit)(laisse-moi rire) !
J’ai par ailleurs trouvé à Rose morte un « petit » côté gothique bien agréable, totalement en phase avec le récit. L’atmosphère, les lieux, les personnages… Tout cela n’est pas sans rappeler certains romans du XVIIIe.
Étant aussi bien férue de romans historiques que de romans fantastiques, vous comprenez donc pourquoi ce roman ne pouvait que me plaire. Mais s’il n’y avait que cela ! Vous savez combien j’accorde une attention particulière au développement des personnages en présence, ainsi que de leurs relations. Et bien, je n’ai pas été déçue ici : Céline Landressie campe si bien leur portrait que je ne me serais pas étonnée de les voir soudainement apparaitre dans mon salon. Elle nous présente des héros loin de tout manichéisme, que l’on peine à saisir au premier regard (et au second également, d’ailleurs) : sont-ils vraiment ce que l’on croit ? Rose est peut-être la plus aisée à cerner : cette jeune femme au caractère bien trempé m’a énormément plu, et je n’ai pu m’empêcher de l’admirer. Que sa personnalité détonne, pour l’époque ! On la sent à la fois forte et vulnérable, cachant derrière sarcasmes et œillades assassines une faiblesse que son cœur ne pourrait oublier. J’ai souvent eu envie de me glisser dans le récit pour lui souffler deux-trois mots à l’oreille, deux ou trois tout petits mots qui lui auraient épargnés bien du tracas… Jusqu’à ce que je me rende compte que j’étais, moi aussi, totalement à côté de la plaque.
Artus, lui, m’a semblé bien plus délicat à appréhender. J’utiliserais plusieurs comparaison pour vous expliquer cela : il m’a tout d’abord fait pensé à un oignon, dont on enlèverait les couches successives sans pour autant atteindre le cœur. Dès qu’il se dévoile un peu, hop ! Une pirouette, et nous voilà revenus au point de départ. On gratte, on gratte… Et on ne reste qu’en surface. Un oignon, donc (cessez de rigoler !), mais également un félin. Ou un loup. Un animal sauvage à la beauté irrésistible, vers qui on ne pourra s’empêcher de tendre la main… Quand bien même l’on sait pertinemment qu’il ne tardera pas à nous mordre. Ce personnage est tellement ambivalent, que l’on pourrait l’aimer et le détester à la fois, mais avec une passion toujours égale. Il m’a intriguée au plus haut point, et n’a clairement pas fini de me tourmenter : alors que je pensais être fixée sur son sort à la fin du premier tome, voilà que le deuxième commence sur une énième pirouette… Céline, tu vas me rendre chèvre !
L’application de l’auteure à croquer ces deux personnages ne lui en a pas pour autant fait oublier les autres : tous trouvent leur utilité au sein du roman, aucun ne fait de la figuration : de Jacques, le domestique de la famille de Geers, à Adelphe, le frère d’Artus, ils ont tous réussi à captiver mon intérêt. Je me suis notamment interrogée sur la mère de Rose : pourquoi diable est-elle devenue cette mégère incontrôlable ?
Les relations les unissant les uns aux autres m’ont passionnée : loin d’être évidentes, elles sont tout en circonvolutions, pleines d’aspérités aussi tranchantes que la lame d’un rasoir. L’intrigue dévoilée par Céline l’est également : lorsque l’on croit saisir un fil, il suffit de le dérouler un peu pour s’apercevoir… Qu’il est pris dans un sac de nœuds. Politique, romance, meurtres, mystère… Rose Morte mélange allégrement le tout, sans lourdeur et pour notre plus grand plaisir.
Alors que je pensais faire durer ma lecture sur toute la semaine, je me suis surprise à ne plus pouvoir la lâcher. Quand bien même j’essayais, repoussant l’ouvrage à l’autre bout de la pièce, je ne pouvais m’empêcher d’y jeter un coup d’œil toutes les cinq secondes. Une véritable horreur ! Remettant mes obligations à plus tard, je me suis donc précipitée sous la couette pour en lire les trois quarts d’une traite. Je vous le disais, ce roman m’a totalement happée. Il faut dire que la plume de Céline Landressie ne fait rien pour contrer cela : plus qu’agréable à lire, c’est un véritable enchantement. Les phrases filent sans heurt, les pages se tournent sans que l’on s’en aperçoive. Et c’est ainsi que, sans que je le remarque, le deuxième tome s’est glissé entre mes mains… Oups !

En bref, GROS coup de cœur pour ce premier tome passionnant, à l’univers riche, fouillé, complet. Céline Landressie ne laisse absolument rien au hasard, et ce perfectionnisme sous-jacent donne naissance à un roman tout bonnement fantastique : une nouvelle plume voit le jour, et… Quel ravissement !

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Coup de cœur !

Straw hat , book and seashells on the beach with people walking
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Pour marque-pages : Permaliens.

23 Commentaires

  1. Tu m’as trop donné envie de lire ce livre ! Maintenant, il faut que je trouve l’occasion de me le procurer ^^. Mais c’est que côté bit-lit on trouve vraiment de tout, et pas que du bon… Au point que j’évite d’en lire… Mais pourquoi pas me réconcilier avec l’univers en lisant ce premier tome…
    Je te souhaite de passer un très bon moment avec le tome suivant.
    Bonne lecture !

  2. Il faut que je le lise, il faut que je le lise, il faut que je le lise…. 🙂

  3. Aurélie SINOIR

    Je suis ravie que tu rejoignes le camp des convaincus, je n’en attendais pas moins de toi! 😉 Le talent de Céline Landressie n’est pas le moindre des auteurs HSN, tous si bons !

  4. Bon bon quand je lis que le roman redonne à la bit-lit ses lettres de noblesses, mais qu’en même temps, il est de pleins de genre différents, je ne peux qu’adhérer =)

  5. J’aime beaucoup la couverture 🙂

  6. Comme je suis d’accord avec ton avis!!!! J’ai hâte de lire la suite.

  7. AH NON HEIN! Quand j’ai lu le résumé je me suis dit « ça a l’air un peu chiant.. » MAIS TA CHRONIQUE DONNE PAS DU TOUT CE RENDU è___é hahahaha Tu m’énerves. Non mais, je sais que je me l’achèterai pas, beaucoup trop de livres dans la tête avant :p
    Moi aussi J’ADOOOOOOOOORE le fantastique ♥ Olala! J’avais un partenariat avec le groupe Lokomodo (J’avais parce que je crois que le groupe est en train de mourir :/) et ils publiaient tellement souvent de fantastique, le bonheur ♥ BREF è_é Je t’ai à l’oeil!

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  9. Même si ta chronique me tente énormément, je n’aurais pas l’occasion de lire ce livre. Je ne trouve pas les HSN par chez moi T_T

  10. Ping :Trois épines, Céline Landressie (Rose Morte #2) - Les lectures de Bouch'

  11. Arf, c’est malin. Conquise je suis. Il me le faut, il me le faut, il me le faut ! Là tout de suite ! /modecapriceON

  12. J’aime les romans fantastiques. J’aime les romans historiques. Je devrais aimer Rose Morte :3
    Très jolie chronique mon petit chou ♥

  13. Rien que le titre m’attire puisque Rose est le prénom de ma fille 🙂

    Je ne connaissais pas du tout .. Même pas de nom … Même pas la couverture mais là, hop dans ma wish list !

    Merci :DDD

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  16. Coucou!
    Cela fait déjà quelques mois que je suis ton blog, et j’ai enfin lu « rose morte » … magnifique!!
    Tellement géniale que maintenant je ne sais plus quoi lire, sur quoi repartir tellement je me suis régalé avec Rose Morte … Une petite idée de lecture à me conseiller ? (d’aussi prenant :D)
    Pleaaase!!

    • Hello Cassandra ! As-tu essayé La dernière Terre ? C’est tout à fait différent, mais aussi riche, aussi prenant, aussi beau que RM 🙂 Je ne peux que te le conseiller !

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