A l’encre russe, Tatiana de Rosnay

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L’histoire : L’Enveloppe a valu au jeune romancier Nicolas Kolt un succès international et une notoriété dans laquelle il tend à se complaire. C’est en découvrant la véritable identité de son père et en fouillant jusqu’en Russie dans l’histoire de ses ancêtres qu’il a trouvé la trame de son premier livre. Depuis, il peine à fournir un autre best-seller à son éditrice. Trois jours dans un hôtel de luxe sur la côte toscane, en compagnie de la jolie Malvina, devraient l’aider à prendre de la distance avec ses fans.
Un week-end tumultueux durant lequel sa vie va basculer.

Mon avis : Si je n’avais encore chroniqué aucun ouvrage de Tatianan de Rosnay, c’est bien malgré moi : j’ai lu tous ses romans, ou presque. Ouvrir un T. de Rosnay c’est, pour moi, l’assurance de passer un moment fort, émotivement parlant. J’ai été bouleversée par Elle s’appelait Sarah, horrifiée par La mémoire des murs, happée par Boomerang… Bref, je pense que vous avez saisi l’idée. Quand j’ai reçu un petit mail de la part des éditions du Livre de Poche, me proposant de recevoir le dernier livre de l’auteure accompagné d’un petit cadeau,  j’ai donc sauté de joie -tout en me demandant « pourquoi moi ? ». Je n’ai ensuite pas trop tardé à l’extirper de ma PAL, et l’ai lu en deux jours à peine. Un succès, pourrait-on dire ! Si j’ai effectivement passé un bon moment, j’en ressors toutefois un peu déçue : Tatiana de Rosnay nous offre là un roman bien loin de ses précédents écrits, ce à quoi je ne m’attendais absolument pas. J’ai donc mis un bon moment avant d’entrer véritablement dans ma lecture… Explications.
Nicolas Kolt est un écrivain à succès. Il n’a pas trente ans et, déjà, son nom est connu dans le monde entier : son unique roman, L’Enveloppe, s’est vendu à plus de trente millions d’exemplaires en quelques années seulement. Étudiant moyen, professeur particulier fauché, cette consécration fut aussi soudaine qu’inattendue : c’est en apprenant le véritable nom de son père que l’inspiration d’écrire lui est venue. Une inspiration que tout le monde croyait intarissable. Mais voilà : en trois ans, Nicolas n’a rien écrit. Ou plutôt si : des tweets, à foison. Mais nulle trace d’un seul mot de son prochain roman. Après avoir paressé, savouré la douce caresse du succès, s’être laissé porter par sa nouvelle notoriété, Nicolas va devoir se mettre au travail. Mais avant, un weekend de trois jours, quelque part en Italie. Un weekend pour faire le point, revenir sur ce que lui a apporté L’Enveloppe… Et ce qu’il a perdu, en devenant Monsieur Kolt.
Contrairement à ses précédents romans, Tatiana de Rosnay n’a pas mis un secret de famille au centre de A l’encre russe. On pourrait presque dire, d’ailleurs, qu’il n’y a pas de secret du tout, tant celui à l’origine de L’Enveloppe passe au second plan. En vérité, j’ai trouvé ce roman très… contemplatif : on ne cesse de revenir dans le passé de Nicolas Duhamel, désormais Nicolas Kolt, pour comprendre comment il en est arrivé à être cet homme imbu de lui-même, davantage préoccupé par la montre qu’il porte au poignet que par sa propre mère. Alors que le résumé laissait entendre la présence d’évènements bouleversants, je me dois de vous prévenir : pendant les trois quarts du roman, si ce n’est plus, il ne se passe pour ainsi dire… rien. Moi qui m’attendais à un revirement de situation dans les premières pages, à un regain d’inspiration de la part de l’écrivain fictif, à l’exhumation d’un secret incroyable, bref, à quelque chose qui ferait partir l’action, j’ai été déçue : A l’encre russe ne manque pas de charme ni d’intérêt, mais n’est pas captivant comme ont pu l’être les précédents romans de l’auteure.
Mais s’il n’y a pas de secret, ni d’enquête, qu’y a-t-il dans ce roman ? Un écrivain. Un écrivain qui n’écrit pas, un écrivain noyé dans son succès, un écrivain qui s’est perdu lui-même, en plus de perdre tout ce qui lui était cher. Je dois bien avouer que j’ai eu beaucoup de mal avec Nicolas, tant son personnage est détestable : il est terriblement imbu de lui-même, égocentrique, borné, égoïste, et j’en passe. Écouter ses petites jérémiades, essayer de le plaindre pour un mal-être qu’il a lui-même généré… J’ai eu du mal, vraiment. J’ai trouvé amusant que Tatiana de Rosnay nous fasse plonger dans le monde de l’édition, avec ses règles et ses travers (j’ai notamment beaucoup aimé le petit passage sur les habitudes d’écriture de différents écrivains), mais au bout de quatre cents pages… C’est un peu lassant.
Cette lecture me laisse donc un peu sur ma faim, et j’en suis la première désolée : je m’attendais vraiment à autre chose en commençant A l’encre russe. Pour autant, j’ai aimé retrouver la plume de Tatiana de Rosnay, toujours aussi belle, toujours aussi agréable à lire. Cette petite « déception » ne m’empêchera pas de lire son prochain roman !

En bref, une lecture contemplative qui m’a un peu frustrée : on s’attend pendant tout le roman à quelque chose qui n’advient pas, ou alors si peu. Dommage !

laborieuxLaborieux.

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3 Commentaires

  1. J’avais bien aimé Le voisin et du coup j’ai très envie de découvrir d’autres livres de cette auteur!

  2. Je n’ai lu aucun livre de cette auteure mais je crois que je ne commencerai pas par celui-ci lol.

  3. Je n’ai lu que deux Tatiana de Rosnay, La mémoire des murs et Le voisin, et à chaque fois les fins m’ont un peu laissés sur ma faim, je ne savais pas que penser. Mais là je suis dans le flou, je le testerai peut etre histoire de me plonger dans le monde de l’édition.

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