Le maitre des illusions, Donna Tartt

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L’histoire : Introduit dans le cercle privilégié d’une université du Vermont, un jeune boursier californien intègre peu à peu un petit groupe d’étudiants de la grande bourgeoisie. Il découvre un monde insoupçonné de luxe, d’arrogance intellectuelle et de sophistication, en même temps que l’alcool, la drogue et d’étranges pratiques dionysiaques. Très vite, il pressent qu’on lui cache quelque chose de terrible et d’inavouable, un meurtre sauvage et gratuit qui l’entraîne, lui et ses camarades, dans un abîme de chantage, de trahison et de cruauté.

Mon avis : C’est grâce à ma très chère Livresse que j’ai découvert ce roman, et à sa chronique tout bonnement irrésistible. Sisi, je vous assure, allez donc y jeter un coup d’œil ! Quand je l’ai aperçu sur les rayonnages de la bibliothèque, je me suis donc jetée dessus… Mais c’était sans compter ma mémoire de poisson rouge : alors que j’aurais dû me fier à la chronique de ma coupine (en la relisant, pour commencer), je me suis contenté d’appréhender cette lecture grâce à son résumé et à son sous-titre : « Le cauchemar considéré comme l’un des beaux-arts ». Et…Dommage. Dommage, parce que, à cause d’eux, vous vous attendez à tout un autre ouvrage que celui que vous avez entre les mains.
Non mais attendez, soyons un peu sérieux. Le cauchemar considéré comme l’un des beaux-arts ? FRANCHEMENT ? Qui, avec ça, ne s’attendrait pas à un thriller macabre, mettant en scène un esprit retors et profondément pervers ? A une traque sans pitié, à une machination machiavéliquement grandiose ? Cette phrase, elle m’a pourri ma lecture. Je ne saurais vous dire à quoi je m’attendais exactement, mais certainement pas à ce que j’ai lu. Et ce résumé ! Mais BON DIEU, LISEZ-VOUS CES SATANÉS BOUQUINS POUR LES RÉSUMER AINSI ? Oui, je suis colère. Parce que j’ai passé l’essentiel de ma lecture à attendre quelque chose qui ne s’est jamais produit, et que je suis sans doute passée à côté (bon, pas totalement, mais je suis tellement énervée que j’ai besoin de donner dans le grandiloquent) d’un roman fondamentalement bon. Et, très sincèrement, j’ai HORREUR de ça.
En ouvrant Le maitre des illusions, ne vous attendez donc pas à un thriller (j’ai bien envie de m’arrêter là) haletant, effrayant, ou que sais-je encore. Donna Tartt agit essentiellement sur l’aspect psychologique de la chose. Oui, les poils de vos bras se hérisseront (de dégoût). Oui, votre esprit tournera en boucle, pour savoir comment VOUS auriez réagi dans une telle situation. Mais vous ne ferez pas une nuit blanche pour découvrir le fin mot de l’histoire, parce que celui-ci est donné dès le début. Bon, j’exagère : ce roman est assez passionnant, dans son genre. Mais certainement pas prenant : j’ai ressenti un nombre incalculable de fois le besoin de faire une pause, même après deux pages. Donna Tartt crée une atmosphère tellement malsaine, que… Beeeuh. Entre ça et les longueurs du récit assez pénibles, autant vous dire que ma lecture fut hachée (et moi qui espérait boucler mon programme de la semaine en un temps record ! Dommage…), et pas qu’un peu.
Pour autant, cela n’est pas valable pour l’ensemble de ma lecture : la première partie, elle, m’a passionnée. Tout commence avec le prologue : on assiste au meurtre d’un étudiant, par cinq de ses amis. Sympathique ! La première moitié de l’ouvrage revient donc sur les raisons qui les ont poussés à commettre un tel acte. Et on peut dire que Donna Tartt met le paquet pour nous faire perdre nos repères ! Je ne vous en dirai pas trop pour ne rien vous spoiler, mais je me suis sentie plus d’une fois extrêmement mal à l’aise, me demandant sincèrement si, à leur place, j’aurais agi autrement… Ou non. Et cette indécision est terrible !
Concernant la deuxième moitié… C’est surtout là que le bat blesse, en fait, là où toutes mes espérances se sont trouvées réduites à néant : que c’était long, mais que c’était long ! Je ne dis pas que ce n’était pas intéressant, loin de là : j’ai beaucoup aimé suivre l’évolution de la psychologie des personnages, assister à leur longue descente en enfer. Mais cela dure bien trop longtemps. Et, surtout, il n’y a quasiment pas d’action. On entre dans le psychologique pur et dur, et je peux vous assurer qu’il n’a pas été simple de s’accrocher : quand je vous disais que je lisais deux pages et que je reposais le bouquin, je n’exagérais pas. Bon, le manque de sommeil n’a peut-être pas facilité les choses…
Que vous dire de plus ? J’ai conscience d’avoir fait une chronique foncièrement négative, quand bien même cette lecture NE FUT PAS une déception. Je ne m’attendais absolument pas à ce que j’y ai trouvé, et j’en suis ressortie frustrée, et surtout furieuse. Mais en même temps, étrangement… touchée. Cet avis ne vous aidera donc pas à vous faire une opinion sur ce roman, et tant mieux : allez donc à sa rencontre par vous-même, forgez-vous votre propre avis. Et on en rediscute !

En bref, une lecture trèèès ambivalente : j’ai été très frustrée de ne pas y trouver ce que j’escomptais, mais en même temps… Donna Tartt a réussi à m’attraper dans ses filets, Le maitre des illusions exerçant sur moi une espèce de fascination… morbide. Une expérience de lecture particulièrement étrange, que je renouvellerai sans doute d’ici quelques temps… Pour y voir plus clair dans mes sentiments.

 

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13 Commentaires

  1. Un livre que j’ai beaucoup aimé aussi dans la première partie et j’ai trouvé très malsain dans la seconde. Je m’attendais aussi à autre chose. En fait, on s’est fait berner tout simplement. Il n’est pas mauvais (et encore que les longueurs tuent la patience du lecteur) mais il aurait pu être encore mieux si l’auteur en avait fait autre chose…

    • Bouchon des bois

      Malsain, c’est le mot :S Brrrr, cela fait un moment que je l’ai lu, et j’en ai encore des frissons rien que d’y repenser…

  2. Je ne sais pas trop si je tenterais au vu de ta chronique… Peut-être que je devrais aller lire la chronique de Livresse pour avoir un avis très positif ^^

  3. Je crois que ce n’est pas pour moi et mon petit coeur sensible ‘_’

  4. Oh, voilà un avis que je trouve vraiment très intéressant concernant ce roman ! C’est clair que pour moi ce n’est pas un thriller non plus ! D’ailleurs, sur ma version du roman, c’est bien écrit « roman » et pas « thriller », ce qui m’a mis la puce à l’oreille et m’a permis de ne pas être trop désappointée. C’est vrai que c’est carrément psychologique et qu’il ne faut pas attendre de surprise dans ce roman…
    Enfin bon, contente qu’il t’ait quand même… procuré des émotions, on va dire ^^
    Des bisous ma poupette <3

  5. Il est dans ma Wish-List depuis un moment, et si jamais je le lis, j’essaierai de me rappeler de ta chronique 😉 !

  6. J’avais repérée ce livre il y a quelques temps et je crois que ton ambivalence va me faire craquer comme quoi =) J’aime l’aspect psychologique, bon à petite dose mais j’ai quand même envie de m’y frotter quelque chose me dit que peut etre je vais aimer.

  7. Ravie de lire autre chose que des éloges de ce roman! Je viens de le finir assez laborieusement car tout comme toi, j’ai attendu quelque chose de mystérieux qui n’existe pas dans cette histoire!. Sur ma versions, une critique disait « magistral et d’une effarante perversité »…je cherche encore le rapport avec ce que j’ai lu. Bref, une lecture assez ambivalente pour moi aussi, pas déplaisante mais je suis contente de l’avoir fini pour passer à autre chose.

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