Belle Epoque, Elizabeth Ross

couverture

Traductrice : Madeleine Nasalik

L’histoire : A Paris, tout est à vendre…
Lorsque Maude Pichon s’enfuit de sa Bretagne natale pour échapper à un mariage dont elle ne veut pas, elle monte à Paris, ville-lumière en ébullition à la veille de l’Expositions Universelle de 1889. Hélas, ses illusions romantiques s’y évanouissent aussi rapidement que ses maigres économies. Elle est désespérément à la recherche d’un emploi quand elle tombe sur une annonce inhabituelle. L’Agence Durandeau propose à ses clients un service unique en son genre : la location d’un repoussoir. Son slogan ? « Louez un faire-valoir, vous en deviendrez d’emblée plus attirante ». Monsieur Durandeau a déjà amassé une petite fortune grâce à sa riche clientèle, et quand la comtesse Dubern vient chercher une compagne pour Isabelle, sa fille aux idées bien arrêtées, Maude est immédiatement choisie comme faire-valoir idéal.
Mais Isabelle ne sait pas que sa nouvelle « amie » n’est en fait que de location, et l’existence de Maude au sein de l’aristocratie repose entièrement sur sa capacité à garder ce lourd secret. Pourtant, plus elle en apprend sur Isabelle, et plus sa loyauté à la comtesse est mise à l’épreuve….

Mon avis : En voilà, une lecture intéressante ! Une fois encore, la Collection R nous prouve qu’elle ne s’impose aucune limite de genre, tant que les récits sont bons. Et Belle Époque ne déroge pas à la règle, tout au contraire ! S’inspirant librement d’une nouvelle méconnue du très fameux Zola, Les Repoussoirs, Elizabeth Ross nous offre un roman passionnant décriant une société parisienne plus superficielle que jamais, en cette fin de XIXe siècle. Je ne sais pas vous, mais moi, j’adore !
Maude Pinchon a 16 ans, et des rêves plein la tête. Quand elle surprend une conversation entre deux commères et apprend que son père projette de la marier au boucher du village, elle prend la fuite. Direction Paris, ville lumière ! A la veille de l’Exposition Universelle de 1889, la capitale est en effervescence et Maude tombe immédiatement sous son charme. Malheureusement, la jeune fille va rapidement se rendre compte que trouver du travail quand on a seize ans et aucune expérience n’est pas aussi simple qu’elle l’espérait. Contrainte et forcée, elle va répondre à une annonce des plus étranges : « On recherche : des jeunes femmes, pour faire un ouvrage facile. Bienséance respectée. Présentez-vous à l’agence Durandeau, 27 avenue de l’Opéra, Paris. ». Maude vient, sans s’en rendre compte, de postuler pour un poste de faire-valoir. Sa mission ? Mettre en valeur une jeune personne, en usant de sa beauté absolument quelconque pour faire resplendir celle de sa cliente. Catapultée au sein des soirées de la noblesse parisienne aux côtés de la jeune Isabelle Dubern, Maude se prend peu à peu au jeu. Au risque d’oublier ce qui l’a menée jusqu’ici…
Autant vous le dire de suite : j’ai lu ce roman d’une traite. Commencé le matin, j’en tournais la dernière page le soir même. Je m’y suis plongée avec une facilité déconcertante, et c’est avec une plus grande facilité encore que j’ai poursuivi ma lecture, happée par l’action. Cette immersion totale est en partie due au réalisme de l’ouvrage : Elizabeth Ross connait son sujet sur le bout des doigts, et nous le montre dès les premières lignes. Pendant plus de 400 pages, j’ai moi aussi foulé les pavés d’un Paris un peu fou, je suis entrée dans les troquets bondés, j’ai assisté avec émerveillement aux soirées mondaines, mon imagination travaillant sans effort grâce aux mots de l’auteure. Mots s’adaptant parfaitement au contexte, qui plus est ! J’ai en effet trouvé que la plume d’Elizabeth Ross avait un petit quelque chose de suranné, de précieux, parfaitement adapté à la situation. Si vous ajoutez à cela une intrigue des plus intéressantes, vous comprendrez aisément pourquoi je n’ai pas pu le poser.
Comme beaucoup, je ne connaissais pas la nouvelle à l’origine de ce roman. Après l’avoir lue (vous la trouverez à la suite de Belle Époque), une seule pensée m’est venue : Elizabeth Ross a fait un sacré bon boulot. Car si Zola donne les bases, Elizabeth a su comment se réapproprier l’idée pour en faire quelque chose de tout à fait original, et qui tient parfaitement la route. Alors que Zola se « contentait » de décrire l’agence Durandeau et le rôle des « repoussoirs », E. Ross donne la parole à l’un d’eux : Maude Pinchon, jeune fille quelconque mais en manque d’argent. Nous la suivons donc, de ses premiers pas à l’agence à sa rencontre avec Isabelle, la fille de sa cliente, qui ignore totalement que Maude est uniquement là pour la mettre en valeur aux yeux des plus beaux partis de la capitale. J’ai aimé voir leur relation se construire, devenir plus complexe à mesure que Maude prend conscience de ce que son rôle implique : en taisant son statut à Isabelle, elle trahit leur amitié. Mais en lui révélant, elle risque de perdre sa place et son unique source de revenus… Ainsi que cette occasion unique de faire partie, ne serait-ce que pour une saison, du gratin parisien. Si j’ai trouvé l’action un tantinet prévisible (j’avais deviné dans les grandes lignes comment tout cela se terminerait), cela n’a en aucun cas entaché le plaisir que j’ai ressenti durant cette lecture. L’auteure sait si bien mener sa barque que je lui pardonne volontiers cette petite faiblesse 🙂
Le personnage de Maude m’a beaucoup touchée, même si j’ai parfois eu envie de la secouer un peu. On la sent à la fois fragile et forte, démunie face à cette ville démente, et pourtant bien décidée à la faire sienne. Les humiliations à répétition dont elle fait l’objet m’ont révoltée, et je me suis pris à espérer qu’elle sorte de ce traquenard le plus vite possible. Isabelle m’a également beaucoup plu, ce qui n’est pas étonnant : avec son côté un peu rebelle et son esprit foncièrement novateur, je ne pouvais que l’apprécier. Bien décidée à ne pas être une potiche que l’on exhibe à chaque gala, elle est en perpétuel désaccord avec sa garce de mère, la comtesse Dubern. Et je dois dire que certaines de ses répliques m’ont fait jubiler !
Belle Époque
est divertissant, oui, mais pas que. Elizabeth Ross nous offre là un portrait satyrique d’une société extrêmement injuste, essentiellement fondée sur les cruelles exigences du paraitre et fondamentalement opposée à toute trace de progrès. Je l’imagine volontiers proposé en tant que lecture scolaire pour amadouer de jeunes lecteurs récalcitrants, tant son sujet colle avec ce que l’on étudie sur les bancs du collège. Vous l’aurez compris à travers cette chronique, j’ai été conquise par cette lecture, qui serait parfaite sans son côté un peu prévisible. Le roman historique à la sauce Young Adult, je dis oui !

En bref, un roman palpitant et original, que je n’ai pas pu poser. Tout y est : l’action, la plume, le cadre, les thèmes sous-jacents… Nous avons là le nouveau poulain de l’écurie R, et  je peux vous garantir qu’il va faire parler de lui !

On en redemande !
Pour marque-pages : Permaliens.

67 Commentaires

  1. Rien que la couverture me faisait envie , au vu de ton avis je vois que c’est encore excellent roman de la collection R .

  2. Je pense qu’il va bientôt rejoindre ma PAL :-p
    Bon week-end !

  3. C’est vrai que R saute d’un genre à l’autre, mais j’apprécie et même si le résumé me laissait dubitative la couverture m’a poussé à être curieuse et tu m’as donné envie. J’espère que la masses critique sera gentille avec moi 😀

  4. Il est dans ma PAL et j’ai vraiment hate de le lire!!!

  5. Superbe chronique ! J’ai hâte de commencer ce roman maintenant…

  6. J’ai trèèèès hâte de le lire celui là !!!

  7. J’avais déjà envie de lire ce livre, mais avec ton avis, tu l’as définitivement convaincue ^^ j’adorerais le lire !

  8. Il me fait de plus en plus de l’œil ce livre !
    Merci pour ta chronique.

  9. Tu me donnes très envie de le lire, malgré le fait que je ne suis pas trop romance historique.

  10. J’ai trop trop envie de le lire celui-ci, je te jalouse trop LOL!
    Bisous!

  11. Merci pour ta chronique !
    C’est un livre qui m’intrigue particulièrement, qui a l’air original, alors voir un bon avis, ça me donne très très envie de l’avoir !

  12. J’aime les romans d’époque! Je le lirais à l’occasion, l’histoire a l’air de se lire assez facilement en plus 😉

  13. J’ai très envie de le lire ! J’ai vu qu’il était à la dernière masse critique mais je n’ai pas participé car je voulais un peu lire mes propres livres, je regrette du coup, je ne pas avoir tentée ma chance pour ce titre même si elle aurait été limité sur le nombre de personne qui a participé !

    • Oui, c’est sûr que c’est pas toujours évident d’avoir le livre qu’on souhaite, mais bon… Sait-on jamais ? Enfin, peut-être qu’une autre occasion de le découvrir se présentera sous peu 🙂

  14. Déjà qu’il me tente terriblement, mais avec ta chronique j’ai encore plus envie de le lire! Vilaine tentatrice que tu es! 😉

  15. La phrase qui me motive dans ton avis: un roman historique à la Young adult 🙂

  16. J’attendais ton avis! Bon, il va intégrer ma PAL sous peu alors!

  17. J’attendais ta chronique avec impatience, Bouchon ! 😀 Le résumé m’avait intéressée, l’époque est très bien choisie et vu que c’est inspiré d’un roman de Zola, ça ne peut que me convaincre. J’aimerais beaucoup tenter ^^

  18. Un nouveau de la collection R qui me faisait bien envie, ton avis ne fait que me convaincre un peu plus 🙂

  19. Aaaaaah j’ai hâte de le commencer lui hihi <3
    Tu me donnes envie avec te chronique ma belle !
    je te fais tout plein de bisous <3

  20. Alors là je suis convaincue !!! Déjà reprendre une idée de Zola il faut le faire mais réussir à être convaincant tout en étant original et proche du sujet de base, ba il faut le faire ! L’intrigue dénote par rapport aux autres parutions de la collection R, mais je pense que c’est un bien, car je le tenterai c’est sur =) De plus ce que je trouve très bon est de mettre la nouvelle de Zola à la fin afin de comparer et de lire l’original, qui même si on en a envie ne nous aurai peut-être pas été tout de suite donné et on l’aurait oubliée. Hop ajouté dans la wish list !

  21. La couverture m’avais tout de suite interpellé en librairie mais le scénario me faisait trop penser au Bonheur des Dames (roman que j’adore) mais ton avis me donne trop envie de le lire ^^

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  23. Olala déjà qu’il me faisait envie… Je le note de suite ^^

  24. Je crois que j’ai à peu près tous les livres de la Collection R sur ma wishlist et celui la a l’air bien partie pour y aller aussi. C’est pas vraiment un genre qui m’attire mais je me laisserai peut être tenter qui sait ? ^^

  25. Je n’étais pas encore totalement tentée mais là, je dois dire que… ^^ romance historique à la sauce YA comme tu dis + les détails que tu apportes, pourquoi pas. Je ne savais pas trop quoi en penser en fait, c’est la première chronique que je lis sur ce livre. Ce qui me charme d’autant plus, c’est que tu aies lu le livre d’une traite.
    Merci mademoiselle la tentatrice…

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  27. Ta chronique donne vachement envie ! J’ai une amie folle (trop même) de Zola, et elle l’avait de suite repérée, mais on avait été déçue du résumé… Puis j’ai lu ta chronique, je lui ai fait lire, et maintenant, il nous donne envie à toutes les deux (j’vais attendre qu’elle l’achète pour lui emprunter mwahaha) !

  28. Craquera ou craquera pas ? Craquera ou craquera pas… Craquera !! Si j’avais quelques hésitations, à présent, je n’en ai plus aucune. On va essayer de réduire les fringues dans la valise pour repartir avec du SLPJ [après tout, pas besoin de vêtement quand on a plein de beaux/bons livres ;)… ou pas]. Merci pour cette belle chronique !

  29. POURQUOIIIIIIII ?! Tu fais toujours des méga chronique de la mort qui tuent et qui font agrandir ma pauvre Wish List innocente… Elle pleure maintenant à cause de toi tu le sais EIN EIN ?!

  30. Il me tente bien celui-là… Mais à cause de toi, miss, j’ai déjà les deux autres tomes de « Fils-des-Brumes » à lire, et ce n’est pas rien !!! 😀 Je dois donc reporter mes autres envies actuelles ^^

  31. Je veux le lire ce roman !!!! il me tente beaucoup et est inscrit déjà à ma lal.

  32. Ce livre me tente trop trop trop ! J’espère juste que j’aurais l’occasion de l’avoir =)

  33. Il me tentait avant d’avoir lu ta chronique …alors que dire maintenant !!;-) Je vais essayer d’être un peu raisonnable et de ne le programmer que pour 2014.

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