Avant toi, Jojo Moyes

L’histoire : Ses jours sont comptés. Mais quand on aime, on ne compte pas.
Lou est une fille ordinaire qui mène une vie monotone à souhait. Quand elle se retrouve au chômage, dans ce trou paumé de l’Angleterre dont elle n’est jamais sortie, Lou accepte un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. Malgré l’accueil glacial qu’il lui réserve, Lou va découvrir en lui un jeune homme exceptionnel, brillant dans les affaires, accro aux sensations fortes et voyageur invétéré. Mais depuis l’accident qui l’a rendu tétraplégique, Will veut mettre fin à ses jours. Lou n’a que quelques mois pour le faire changer d’avis.

Mon avis : Pfiou… Comme me l’avait promis Belledenuit, ma gorge se serre en repensant à ce petit bijou. Écrire une chronique sans lâcher une ou deux larmes ne va pas être simple ! Pourtant, quand j’ai commencé ma lecture, je n’y croyais pas trop : tenais-je vraiment entre mes mains LE livre susceptible de faire passer cette panne livresque, qui m’assaillait depuis plus d’une semaine ? Pour tout vous dire, j’en doutais. J’avais rapidement lu le prologue quelques jours plus tôt, et n’avais pas été convaincue, ni même séduite. Du coup, je m’y suis lancée un peu à contrecœur, presque persuadée que cette lecture finirait comme la précédente : oubliée dans quelque recoin de mon esprit, sans que j’y ai pris grand plaisir. Et bien… Je me trompais. Et je me trompais lourdement.
Lou, 26 ans et styliste dans l’âme, vient de se faire mettre à la porte du boulot qu’elle occupait depuis des années : le restaurant ferme. Alors que la situation financière de sa famille est au plus bas, la jeune fille se voit proposer un peu tout et n’importe quoi : découpe de poulets, danseuse de pole-dance… Elle accepte finalement un poste auprès de l’une des grandes familles de la région, en tant qu' »aide à domicile« . Bien payé, relativement tranquille… Tout semble parfait. Parfait… Jusqu’à ce qu’elle rencontre Will, la trentaine et tétraplégique depuis deux ans, Will à qui elle va devoir tenir compagnie tous les jours pendant six mois, et ce malgré son évidente mauvaise volonté. Les jours s’écoulent, et Lou n’en peut plus : que lui vaut toute cette animosité ? C’est en surprenant une conversation qu’elle comprend : Will a déjà tenté de mettre fin à ses jours, et pourrait réitérer à tout moment. Elle n’a été engagée que pour l’en dissuader. Une course contre la montre s’engage alors pour la jeune fille : elle a six mois pour redonner à son « patron » l’envie de vivre. Sans quoi, ses parents céderont à sa demande… Et l’assisteront dans son suicide.
De nature, je suis émotive. Et en ce moment, je suis super fatiguée, pour ne rien arranger. Autant vous dire que voir la moindre fourmi écrasée sur le bord de la route me fait monter les larmes aux yeux. Du coup, avec Avant toiMes hormones ont été servies. Déjà, le sujet : Boum, premier coup de massue. Ensuite, la façon dont il est traité : Boum, deuxième coup de massue. Je suis ressortie de là sonnée, l’esprit engourdi et les joues humides (saletés d’hormones), la gorge nouée et le ventre serré, un léger (très très très léger) sourire flottant sur mes lèvres. En fait, comme je ne savais pas trop si je devais rire ou pleurer, j’ai fais les deux. Avec une préférence marquée pour le deuxième, quand même. Le pire ? C’est que je ne l’ai pas vu venir. Avant de me mettre à pleurer comme une madeleine au fond de mon lit, je me disais que ce roman était sympa, ok, mais qu’il ne fallait quand même pas en faire des caisses. Alors que j’étais en pleine crise de scepticisme aigüe, me morigénant allégrement puisque j’avais manifestement loupé quelque chose de suuuuper émouvant (certaines d’entre vous se sont effondrées dès les premières pages, parait-il !), PAF ! Un bon uppercut sur l’arête du nez, les larmes qui montent, montent, tremblotent au coin de mes yeux, menacent de couler, oui, non, ouiii, nooon, OUI ! Me voilà noyée, à 6h34 du matin. Sur le coup, je me suis dit que j’avais bien fait de reprendre ma lecture avant de prendre le train. Vous m’imaginez, en train de renifler à qui mieux-mieux, des traces de maquillage jusqu’au menton, le tout en public ? L’horreur.
Fin du petit interlude émotion, parlons maintenant de ce roman. En vérité, je ne sais pas trop sous quel jour vous le présenter : drôle, triste ? Beau, c’est certain, porteur d’espoir, certain aussi. Mais beau avant tout, si je devais choisir. Et drôle. Et triste. Et porteur d’espoir. VOILA, ce que je redoutais est en train d’arriver : Avant toi m’a tellement plu que les mots ne sortent pas. Mon cœur s’y accroche de toute ses forces, pour ne pas en perdre une miette. Bon. Réessayons.
La première moitié du livre ne paye pas de mine : Jojo Moyes met en place la situation, nous présente ses personnages, organise LA rencontre et sème les premières difficultés… Pas de doute, se dit-on, je sais comment tout cela va se terminer ! Rien de bien extraordinaire, en somme : nous sommes face à une romance dotée d’une petite touche dramatique, à l’issue tout à fait prévisible. Et bien non. On ne sait pas où l’auteure nous emmène et, alors même que nous croyions tout contrôler… Nous voilà submergés. Parce que, mine de rien, Jojo Moyes a préparé le terrain, avec cette première moitié. Elle nous a fait rire, sourire niaisement, a rendu Lou attachante et Will terriblement chou. Et quand on se rend compte de tout cela, c’est trop tard : une flopée d’émotions diverses et variées, mais surtout extrêmement intenses, nous renverse, nous fait chavirer. A partir de ce moment là, je n’ai plus posé mon livre, avide de savoir comme tout cela allait se terminer, terrifiée par ce que j’entrevoyais, essayant tant bien que mal de retrouver mon aplomb du début : « Maiiiis bien sûr que si, ça vient bien se terminer. HEIN QUE CA VA BIEN SE TERMINER ?! ». Alors même que je voulais connaitre la fin au plus vite, je n’avais pas envie de la voir arriver. Étrange, non ? La relation entre Will et Lou est tellement… Touchante, qu’il est impossible d’y rester insensible. Absolument impossible. Alors y mettre un terme en stoppant sa lecture…
Au début, Will m’a gonflée. Clairement. Autant j’ai tout de suite accroché avec Lou, autant cela a été plus long avec lui. Le temps qu’on en apprenne plus sur lui, qu’on devine l’homme blessé derrière l’ours mal léché… Comme Lou, j’ai eu du mal à le comprendre. Puis j’ai transposé mon couple dans leur situation (j’avoue, là, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps), et j’ai compris. Presque. Et je l’ai aimé. Complètement.
Lou est une petite bulle de fraicheur dans ce roman. Un peu déjantée, parfois gaffeuse, souvent très drôle… Je vous l’ai dit, je suis de suite tombée sous son charme : elle est juste… adorable. Les voir se (re)construire l’un et l’autre grâce à la relation qu’ils nouent m’a énormément plu, mais également beaucoup fait réfléchir. Les sujets qu’aborde Jojo Moyes sont loin d’être simples, mais elle le fait d’une telle façon que… Ce n’est ni trop cru, ni trop pudique, juste bien dosé pour nous émouvoir et nous pousser à revoir nos positions. Que vous dire de plus ? Comme Belledenuit, chacun des aspects de ce roman m’a plu, et je n’y vois aucune faiblesse. Nous sommes très loin des romances à deux balles trop souvent publiées par M., toujours prévisibles, toutes construites sur le même modèle. Avant toi aura su me captiver tout du long, avec une intensité peu commune et toujours plus importante. C’est beau, bien écrit, touchant, drôle, triste, émouvant, attendrissant. Une très belle leçon, qui nous donne envie de vivre. Furieusement.

En bref, une romance magnifique et particulièrement poignante, à laquelle je n’ai pas su résister : les larmes me sont venues naturellement, tout comme le sourire qui n’a cessé de les accompagner. Pour ce beau moment, merci Mrs Moyes, merci.

Coup de coeur
Pour marque-pages : Permaliens.

45 Commentaires

  1. J’en pense exactement la même chose. Et tout comme toi, j’ai trouvé la première partie un peu longue. Il me tardait d’aborder le vrai problème et entrer enfin dedans 🙂

  2. Waou quel avis ! Évidemment, je ne peux que noter ce titre après l’avoir lu. J’espère être autant emporté que toi par l’histoire et l’émotion au moment de ma lecture !

  3. Un livre qui me fait bien envie!!!

  4. Oh j’en ai lu des avis de lecture sur ce livre, mais à part me faire penser au spitch d’intouchable je n’avais pas été convaincu.. Mais ça c’était avant ta chronique ! Whaouw, je l’ai direct mis le livre dans mon panier d’achat 😉 Je reviendrais te donner mes impressions

  5. Il me tentait sans plus à la lecture du résumé, mais là je le note c’est claiiiir 😀

  6. ravie que ce petit bijou t’ai plu à toi aussi
    gros bisous pti bouchon

  7. Wow, si avec ça tu n’as pas convaincu l’ensemble de tes lecteurs, je sais pas ce qu’il faut :).
    En tout cas, la prochaine fois que je passe dans une librairie, il est sur d’atterrir dans mon panier!

  8. Une très belle chronique, j’ai très envie de lire ce livre maintenant 🙂 !

  9. C’est un roman que j’ai envie de découvrir, mais pas tout de suite! Pas envie qu’on me ramasse à la petite cuillère …

  10. comme toi un élange de larmes et de sourire 🙂
    une superbe lecture en effet qui laisse dees traces ! je vois que tu as autant savourer que moi 🙂 bises

  11. Il FAUT que je l’achète 🙂

  12. Ca c’est de la chronique mon petit chat rebondissant dans un carton (hm).
    Maintenant je veux le lire (je l’ai) et comme d’habitude je te dirais que tu es vilaine.

    • Mouhaha, j’aime ce surnom ! Quoique, je l’aurais un peu mauvaise de constater mon incapacité à rentrer dans un carton comme celui-ci 😛
      Dis moi que je suis vilaine, j’men fiche d’abord ! Tant que tu le lis, ça me va 🙂

  13. Non mais j’ai peur. Tu vois je sais d’avance que la fin risque de me BRISER LE COEUR. Mais je sais aussi que pendant tout je vais avoir l’espoir qu’en fait non, ça se finisse bien, parce que sinon c’est pas coolos. J’aime les belles fins, les fins heureuse, les happy end. Donc j’ai peur. Limite quand je vais le lire, je pleurerai dès le début pour me préparer hahaha. Des bisous mon Bouchon <3

  14. Alors ma poulette, tu vois moi je n’arrive toujours pas çà trouver les mots pour mon avis et je l’ai fini il y a quelques mois ! ( tu peux me tuer oui ^^ )
    Mais j’ai trouvée aussi une très grande douceurs mêlée à des émotions très violentes, le tout de façon très réalistes, réel, qui fait qu’on s’attache aux personnages, qu’on les comprend et les voient évoluer naturellement
    !

    • Olala, quelques mois tu dis ? Effectivement, cette chronique te donne du fil à retordre !! Ce que tu dis est tout à fait vrai. De toute façon, ce roman est un concentré d’émotions pures. Impossible d’y être insensible…

  15. J’ignorais vraiment que c’était aussi poignant ! 😮 Je voyais ce titre partout sur la blogosphère et j’avoue que tu as touché une corde sensible avec ta chronique, Bouchon ! Une petite romance rythmée d’un thème aussi grave, je pense que j’aimerais beaucoup. Il rejoint de ce pas ma WL 🙂 Merci, des bisous ! ♥

  16. Ping :C’est lundi, que lisez-vous ? (73) | Les lectures de Bouch'

  17. Tres belle chronique et très tentante ! Je note. 🙂

  18. Je te retrouve sur beaucoup de points de ton avis, un livre dont on se rappelle !
    Bonnes Lectures

  19. Bon, celui-là, depuis le temps que je l’ai dans le viseur, je vais me le procurer vite fait !!!

  20. Ping :Bilan du mois de Novembre | Les lectures de Bouch'

  21. Ton billet donne vraiment envie de le lire, ça me fait penser au film Intouchable (que j’ai adoré), mais j’espère que c’est quand même différent!! A rajouter dans ma wish-list donc 🙂

  22. Ping :La dernière lettre de son amant, Jojo Moyes -

  23. Je n’ai pas encore écrit ma chronique mais je te rejoins sur de nombreux points.
    Juste une chose, je n’arriverais pas à dire que c’est un coup de coeur parce que, quelque part, j’en veux à Jojo Moyes d’avoir brisé mon petit coeur, de m’avoir donné envie de tellement croire que les choses pouvaient changer. Oui je suis cruelle, autant que ce livre et que la vie, parfois !
    Mais j’ai quand même adoré. J’avais la boule au ventre de devoir me jeter à l’eau pour lire les quelques 30 dernières pages…
    Jusque maintenant, je n’ai pas lu de livre aussi puissant émotionnellement parlant, c’est comme, une grosse claque et une énorme bouffée d’air aussi, de se dire que nous, nous sommes libres d’aimer comme on veut… Alala…

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