1Q84, Juillet-Septembre – Haruki Murakami (1Q84 #2)

Traductrice : Hélène Morita
Tome précédent : Avril-Juin

L’histoire : Les choses qui restent enfermées dans notre coeur n’existent pas en ce monde. Mais c’est dans notre coeur, ce monde à part, qu’elles se construisent pour y vivre. Le Livre 1 a révélé l’existence du monde 1Q84. Certaines questions ont trouvé leur réponse. D’autres subsistent : qui sont les Little People ? Comment se fraient-ils un chemin vers le monde réel ? Pourquoi deux lunes dans le ciel ? Et la chrysalide de l’air, est-elle ce lieu où sommeille notre double ? Ceux qui s’aiment ne sont jamais seuls. Le destin de Tengo et d’Aomamé est en marche.

Mon avis : Et bien, quelle histoire ! Mes affinités avec cette trilogie se confirment avec ce deuxième tome, que j’aurais lu bien plus vite si un certain démon rougeâtre ne s’était pas invité dans mon quotidien. Contrairement à ma chronique du premier tome, celle-ci sera relativement courte : je n’ai que peu de choses à vous dire. Que vous le croyez ou non !
Peu de choses à vous dire, pour une très bonne raison : ce tome est… lent. Très lent. En vérité, le lecteur et les personnages sont dans l’attente durant les trois quarts du temps. Je n’ai pas trouvé cela particulièrement pénible, et cela n’a pas non plus entravé ma lecture. Mais je comprends tout à fait que l’on puisse être lassé d’un tel schéma… Mieux vaut être très accroché ! Nous retrouvons donc Aomamé et Tengo, au cœur du monde de 1Q84. Bien que Tengo n’ait pas encore réalisé ce changement de réalité, Aomamé, elle, en est bien consciente. Et cela ne change absolument rien à ses plans : elle tuera le leader des Précurseurs, pour avoir violé des enfants de dix ans. Mais comme elle l’apprendra bientôt, les vérités ne sont pas ce qu’elles paraissent dans ce monde si semblable et pourtant radicalement différent. Aomamé devra choisir et vivre avec… ou mourir.
Haha, j’adore ce résumé qui semble en dire beaucoup, mais qui ne dit en fait absolument rien ! C’est merveilleux. Bref, vous l’aurez peut-être compris : il s’agit surtout d’un tome de transition, et ce à plusieurs niveaux. Je m’explique : ce passage de 1984 à 1Q84, c’est aussi le passage d’une réalité où Aomamé et Tengo n’ont aucune chance de se retrouver à un monde où ils sont intrinsèquement liés. Et ce deuxième tome fait la liaison entre ces différents états de fait : les personnages sont plongés dans la réalité de 1Q84 tout en étant tournés vers 1984 (les règles de cet univers leur échappent, ils ne saisissent pas ce que tout cela implique) et ils redécouvrent chacun de leur côté l’existence de l’autre. Ce deuxième tome vise donc à leur faire prendre conscience de tout ce que cela sous-entend et, côté action pure et dure, il devient donc évident qu’il ne se passe pas grand chose : il faut donner le temps au temps. Du moins, c’est ainsi que je l’ai perçu. Cette construction en triptyque se retrouve à l’intérieur même de ce deuxième tome, que je me suis permis de décomposer ainsi  : attente (Tengo en attente de nouvelles de Fukaéri, Aomamé en attente de ses ordres) – action (retour de Fukaéri, passage à l’action d’Aomamé) – attente (ils se cachent tous. De qui, de quoi ? Surprise !). Et le problème qui en résulte, c’est que je ne peux évidemment rien vous dire, ou pas grand chose. Le fait est que quelques révélations d’envergure sont faites, que certaines choses bougent, que des explications sont données. Mais vous en parler là, du but en blanc, sans que vous ayez la moindre idée de ce dont il s’agit, et bien, cela reviendrait tout simplement à brasser du vent. Je vais donc m’abstenir, et me contenter de vous dire en quelques mots ce que j’ai pensé de ce deuxième tome : encore une fois, j’ai beaucoup aimé. J’ai retrouvé cette atmosphère qui m’avait tant plu dans le premier tome, et je m’y suis lovée avec plaisir. C’est lent, mais d’une lenteur presque… poétique. On se laisse porter par les mots de Murakami, totalement insensible au monde extérieur. Plus j’y pense, et plus je me dis que ma patience n’a quasiment pas été mise à l’épreuve : j’ai lu avec plaisir, savourant chaque petite miette laissée par l’auteur, me laissant imprégner de plus en plus par cette histoire des plus atypiques. En ce qui concerne des considérations plus terre à terre, J’ai trouvé qu’Aomamé était davantage mise en avant dans ce tome-ci (ce qui est faux, puisque la répartition des chapitres est tout à fait équitable), et j’ai beaucoup aimé en apprendre plus sur elle, la découvrir au fil des pages et, surtout, la voir évoluer. Tengo est tout aussi intéressant, mais moins… Je ne sais pas, moins quelque chose. Disons qu’Aomamé m’a davantage touchée, voilà.
Que vous dire de plus ? J’ai toujours du mal à chroniquer une suite, pour la simple et sans doute bonne raison qu’il m’est difficile de vous dire exactement ce que je ressens, sous peine de vous spoiler d’importants passages. Je m’arrêterai donc là, plutôt que de continuer le massacre plus avant ^_^

En bref, un deuxième tome qui m’aura tout aussi séduite que le premier : la surprise continue, et ne cesse pas pour autant d’être savoureuse ! D’ailleurs, le tome 3… est déjà bien entamé 🙂

On en redemande !
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