L’impératrice des sept collines, Kate Quinn

*** Je tiens à remercier Ariane et les éditions Presse de la Cité pour m’avoir permis de découvrir ce titre ***

Tome 1 : La maitresse de Rome
Traductrice : Catherine Barret

L’histoire : Empire romain, Ier siècle de notre ère, sous le règne de Trajan. Fougueux et obstiné, le jeune Vix, ancien gladiateur, revient à Rome en quête de gloire. Fille d’un sénateur, l’insaisissable Sabine a soif d’aventure. Tous deux se connaissent depuis l’adolescence, et nourrissent une passion réciproque. Mais si elle aime s’amuser avec le beau Vix, Sabine rêve d’un grand destin – ce que le garçon ne pourra jamais lui offrir, contrairement à Hadrien, le futur empereur, auquel elle est promise.
Alors que Rome se prépare à de grands changements, les deux amants, happés chacun de leur côté par le tourbillon de l’histoire, sauront-ils se retrouver ?

Mon avis : YOUHOUUUUU !! Voilà la seule ouverture qui m’est venue à l’esprit en pensant à cette chronique. Comment vous parler de ce livre sans mettre des points d’exclamations à chaque phrase, des mots en majuscules et des onomatopées « borborygmiques » ? Je suis CONQUISE, mille fois CONQUISE, et surtout particulièrement enthousiaste. La maitresse de Rome avait été un grand coup de coeur. Et Kate Quinn réitère ses méfaits avec ce deuxième tome : il est gé-ni-al.
En tournant la dernière page de La maitresse de Rome, je n’avais qu’une idée en tête : me procurer la suite, quitte à craquer et à acheter le GF. Tant pis, ma série aurait été dépareillée, mais peu importait ! Le moment était trop bon pour que je ne veuille pas le faire durer au prix de quelques sacrifices financiers et esthétiques. Et c’est en vous faisant part de tout cela sur Facebook que j’ai compris à quel point le réseau pouvait être important, même pour les plus petites choses : une ancienne camarade de classe, en stage aux Presses de la Cité, m’a proposé de recevoir L’impératrice des sept collines en service presse. Et paf, le Bouchon ! Sourire jusqu’aux oreilles et sautillements incontrôlables, j’ai couru annoncer la bonne nouvelle à Chéri, qui n’a pas vraiment compris ce qu’il lui arrivait. Oui, être heureuse me rend… Très expansive 🙂
Bref, revenons à ce qui nous intéresse : Quid de L’impératrice des sept collines ? La maitresse de Rome se terminait sereinement, et l’auteure aurait pu s’arrêter là : si une ou deux pistes restaient inexplorées, Kate Quinn avait tout de même bouclé la boucle, laissant son lecteur repus et satisfait. Mais certainement pas contre de replonger pour une nouvelle aventure ! Si le terme « suite » parait donc un peu disproportionné, L’impératrice des sept collines n’est pas sans rapport avec son prédécesseur, loin de là : Vix et Sabine, nos deux héros… Sont en réalité les enfants des héros précédents, Thea et Arius pour l’un, Marcus Norbanus et Lepida pour l’autre (à surligner si vous ne craignez pas les spoils, si minimes soient-ils). Les allusions au « tome précédent » sont donc légions, et c’est sans cacher mon plaisir que j’ai accompagné cette nouvelle génération dans les frasques qu’elle se plait à inventer. Car on ne peut pas dire qu’elle soit plus sage que ses ainées, bien au contraire !
Souvenez-vous : nos deux héros se rencontraient furtivement dans La Maitresse de Rome, et échangeaient à cette occasion… un baiser. Cela dit, le moment avait trop court pour approfondir, et chacun s’en était retourné à son quotidien, l’un grandissant en Bretagne et l’autre faisant ses premiers pas dans la Rome mondaine.  Nous les retrouvons donc bien des années plus tard, jeunes, fougueux, et presque adultes. Vix, las de la vie tranquille menée auprès de ses parents, a décidé de retourner à Rome pour y faire fortune. De désillusions en obstacles un peu trop hauts pour être surmontés, il se retrouve garde dans la maison du sénateur Norbanus… et donc de sa fille, Sabine. Alors que celle-ci essaye tant bien que mal d’échapper à la horde de prétendants faisant le pied de grue devant sa demeure, elle voit l’arrivée du jeune homme comme un divertissement… intéressant. De maitresse à garde, ils deviendront amants, emportés par une passion houleuse et exclusive. Mais la jeune fille rêve d’autres horizons, de voyages et de grandes découvertes. Quand elle annonce à Vix sa décision d’épouser Hadrien, pupille de l’empereur, le garçon s’emporte : il l’oubliera, elle, ses sourires, son corps, et les nuits qu’ils ont passé ensemble… Et l’envoie au diable pour avoir foulé son amour des deux pieds. Furieux, désemparé et profondément meurtri, Vix décide de s’engager dans les légions, et part pour la Germanie. Sabine, elle, s’apprête à suivre Hadrien en Grèce. Mais le destin a ses lois, que nul ne peut contrarier. Nos héros seront amenés à se revoir, et dans des circonstances qu’ils n’auraient pu imaginer…
Comment vous en parler sans trop en dire, comment ? Plus je repense à tous ces évènements, à ces bouleversements, ces retournements de situation… Et plus je me dis que… Oui, allez, je me lance : L’impératrice des sept collines a surpassé La Maitresse de Rome. C’est impossible, je dis bien IMPOSSIBLE de ne pas se laisser happer par ce tourbillon incessant d’évènements, de rester de marbre devant cette épopée grandiose. Comment vous décrire cela ?
Kate Quinn nous malmène autant que ces personnages, nous faisant tourner en bourrique, espérer, craindre, pleurer et rire. On se dit « Ça y est, enfin ! ». Et bien non. A la dernière minute, l’ultime moment… Patatra, tout s’écroule, toute est à reconstruire. Vix et Sabine sont terriblement attachants, et les voir s’aimer, se quitter, se retrouver, se quitter encore… C’est un déchirement perpétuel. Mais en même temps, l’auteure mène si bien sa barque que… On ne peut que lui être reconnaissant pour nous faire VIVRE ainsi cette lecture. Je ne voulais pas en voir le bout, je voulais rester plongée dans cet univers, aux côtés de ces personnages, en apprendre plus sur eux, et surtout, surtout… Avoir cette maudite suite ! Ah ça oui, Kate Quinn m’aura bien eu. Moi, candide, j’espérais naturellement avoir un ouvrage du même acabit que le précédent : pof pof, tout bien construit, une fin digne de ce nom et, pourquoi pas, une minuscule ouverture nous permettant d’espérer un autre tome. Là, ce n’est pas une ouverture, c’est un boulevard ! Plus je voyais le nombre de pages restantes s’amoindrir, plus je pensais : ‘Mais comment va-t-elle faire pour tout boucler en si peu de temps ? Et les pistes laissées dans le tout premier chapitre, qui n’ont pas encore été explorées ? ». Et bien, c’est simple : elle ne boucle rien, nous laisse en cours d’ascension, pantelants, souffreteux et diablement frustrés. Alors oui, Madame Quinn, c’est un cri du coeur que je pousse aujourd’hui : tout ceci est INJUSTE, totalement INJUSTE et vraiment FOURBE de votre part. Qu’à cela ne tienne, j’attendrais un an, ou même deux. Mais soyez sure que je lirais cette suite. Contre vents et marées.
Bref. Ce petit moment de perdition aura épuisé tout mon souffle, je n’ai plus une once d’inspiration ! Je voudrais trouver les mots pour vous convaincre de lire ce petit bijou, tant j’ai envie de vous faire partager les émotions qu’il m’a procuré. Mais entre trop peu en dire et en dire trop, il n’y a qu’un pas ! Bon. Il vous faut savoir que l’action de L’impératrice des sept collines n’est pas linéaire : nous faisons régulièrement des bonds dans le temps, laissant là nos héros pour les retrouver des années plus tard, dans une configuration tout à fait différente et… très souvent loin de ce que nous avions espéré. Lorsque la dernière page se tourne, ils ont dépassé la trentaine et sont très loin des jeunes écervelés que nous rencontrions quelques 500 pages plus tôt. Mais il s’en est passé des choses, depuis ! Trahisons, complots, amourettes de passage et grand amour, amitiés construites et réduites en cendres, ascension sociale… Tout, vous y trouverez tout. Et très bien mené, qui plus est. Comme je le disais plus haut, Kate Quinn s’accapare notre attention entière, se joue de nous avec brio : impossible de ne pas être captivé. Sa plume virevolte, dressant devant nos yeux ébahis une histoire des plus palpitantes.  Et portée par des personnages auxquels il est impossible de résister ! Vix et Sabine ont un charme fou. Sabine m’a plu d’emblée, de par son esprit vif, intelligent, sa nature libre et profondément moderne pour l’époque. Certaines de ses décisions m’ont parfois laissée pantoise, mais j’ai toujours admiré sa force de caractère et sa lucidité sur le monde qui l’entoure.
Le franc-parler de Vix m’a tout d’abord un peu gênée, mais je me suis très vite attachée à ce grand gaillard un peu brut de décoffrage. On ne peut s’empêcher de rêver avec lui et d’admirer, là encore, sa capacité à aller jusqu’au bout de choses, à réaliser ses projets même les plus fous.  Ces deux-là sont fait pour être ensemble, et pourtant, tout les sépare ! J’ai grogné un nombre incalculable de fois durant ma lecture, traitant qui d’idiot, qui de fieffé imposteur, qui de… Non, là, c’est trop vulgaire. Car s’il n’y a pas de « grand » méchant comme dans La maitresse de Rome, L’impératrice des sept collines connait très bien son lot de pourritures. A commencer par Plotine, impératrice. Je NE PEUX PAS la voir en peinture. Ayant pris sous son aile Hadrien, elle va en quelque sorte devenir la belle-mère de Sabine. Et je n’ai pas pu m’empêcher de sourire en pensant à ma propre belle-mère, avec qui je connais quelques… mésententes. De nombreux passages m’ont ainsi ravie au plus au point, comprenant totalement la colère de Sabine face à certaines des réactions de Plotine, qui est vraiment… Eurk, je ne sais pas par quel adjectif commencer : manipulatrice ? Folle ? Complètement décérébrée ? Plus l’on avance dans le récit, et plus elle devient antipathique. Le pire ? Sa façon de dire « mon cher Publius », en parlant d’Hadrien. Hadrien, qui n’a d’ailleurs rien a envier à sa mère adoptive : quel homme retors ! Mais je ne vous dirais rien de plus à son propos.
Heureusement, nous pouvons également compter sur quelques « gentils » : Titus aura ravi mon coeur, tant il est… Parfait. J’ai également beaucoup aimé Trajan, même s’il est finalement assez peu présent.
Oula, mais que vois-je ?! Cette chronique est d’une longueur indécente. Bon, je crois avoir abordé tous les points qui me tenaient à cœur, ou presque… Je m’arrêterai donc là. Une dernière chose, histoire de bien enfoncer le clou : lisez-le, il en vaut… Terriblement la peine.

En bref, un roman… Génial, je ne vois pas d’autre mot. Kate Quinn mène avec brio son intrigue, et nous ne pouvons que lire, lire encore, et prier pour que le prochain opus ne se fasse pas trop attendre !

Coup de coeur !
Pour marque-pages : Permaliens.

28 Commentaires

  1. Meilleur que La Maîtresse de Rome? Il va falloir que je me procure ce roman de toute urgence alors!
    Merci à toi pour ce billet qui donne envie de tout lâcher pour se jeter sur ce tome 2 :-)!!

  2. Punaise quelle chronique (que je n’ai lu qu’en diagonale vu que je n’ai pas encore lu – oui je sais je suis en retard, trèèèès en retard – le tome 1…). Tout ça donne très envie de s’y mettre (je sais je radote vu que je l’ai déjà dit pour La maîtresse de Rome).

  3. Je ne connaissais pas du tout l’auteure ni ses livres, mais on peut dire que tu me fais vraiment trèèèès envie 😀 !!
    Je le note tout de suite 😉 !

  4. Il faudrait que je commence cette saga car je lis de belles chroniques!

  5. Quel enthousiasme ! Tu donnes très envie de le lire ! Mais ce ne sera pas pour cette année, pour ma part, j’ai déjà trop de livres à lire. Mais le jour où je le ferai, je serai ravie de retrouver Vix et Sabine que j’aimais beaucoup dans la Maîtresse de Rome.

  6. Quel enthousiasme ! Tu donnes très envie de le lire ! Mais ce ne sera pas pour cette année, pour ma part, j’ai déjà trop de livres à lire. Mais le jour où je le ferai, je serai ravie de retrouver Vix et Sabine que j’aimais beaucoup dans la Maîtresse de Rome.

    Frankie

  7. Ma PAL ne te remercie pas! C’est une belle découverte qu’il me faut maintenant! Merci pour cette chronique!

  8. Pareil, je ne lis que la conclusion car je souhaite lire ces romans. Je suis rassurée que ce tome soit aussi bon voire meilleur que La maîtresse de Rome ! ça me donne envie de craquer pour le tome 1 très rapidement !

  9. Comme Céline, j’ai survolé ton article car je veux absolument découvrir ce deuxième tome !! Et je vois que tu es très enthousiaste, ça n’augure que du bon alors ^^

  10. Ta chronique m’a CONQUISE CONQUISE CONQUISE !!!!!!!!!:-) J’aime te lire, car tu réussis toujours à me contaminer par ton enthousiasme pour un livre et pas le choix, chaque fois fois, hop, wish list. Il va falloir que je me procure ce roman en plus de La maîtresse de Rôme.

  11. Une suite géniale ! ton avis me donne trop envie de la découvrir mais je vais attendre qu’il sorte en poche sinon mon porte monnaie va me mordre 🙂

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  15. Ahhhhhhhhhhhhhh c’est la suite de la maitresse de Rome… Ok, je ne lis pas ton avis pour pas me spoiler, mais il faut absolument que je programme le tome 1 assez vite!!! Merci 🙂

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