Leçons de libertinage, Victoria Dahl

L’histoire : Londres, 1844. Fille d’un hobereau libertin, Emma Jensen a gardé de son enfance passée au milieu des parties de cartes le goût des paris risqués. Sans un sou en poche, cette ravissante jeune femme devient l’égérie d’une noblesse londonienne éprise de jeux de hasard. Emma sévit sous le nom de lady Denmore, veuve au passé trouble, ne reculant devant aucun scandale. Conquis par cette beauté au tempérament de feu, l’ombrageux duc de Somerhart, aristocrate solitaire, n’est pas au bout de ses peines.

Mon avis : Décidément, la collection Pemberley n’a pas fini de nous en faire voir de toutes les couleurs ! Et, quand on parle de Victoria Dahl, c’est surtout le rouge qu’elle nous fait monter aux joues. J’ai adoré ces Leçons de libertinage, que dis-je, je les ai dévorées en l’espace d’une journée. Un excellent moment, que l’on meurt d’envie de réitérer ! Le cocktail est simple, et il fonctionne : je suis conquise.
Emma Jensen est une jeune fille d’une vingtaine d’années. Fille d’un libertin notoire, elle s’est réfugiée chez son oncle à la mort de celui-ci. Mais lorsque qu’il périt à son tour, brulé dans l’incendie de son manoir, la jeune femme décide de prendre en main son destin : elle ne se laissera plus guider par ses aléas et semble bien décidée à aller jusqu’au bout de son projet… Pour le moins cocasse : profiter de son habileté au jeu pour empocher un maximum de gains avant que la Saison ne débute véritablement à Londres. La voilà introduite dans le cercle aristocratique de la capitale sous une fausse identité, ne reculant devant aucun scandale pour parvenir à ses fins. Mais lorsque le duc de Somerhart pénètre à son tour dans ces soirées, Emma prend peur : cet homme, si séduisant soit-il, pourrait bien la conduire à sa perte, lui qui a connu son père voilà bien des années…
Voilà, le décor est posé. Et le plus dur commence : vous expliquer pourquoi j’ai tant apprécié, tout en lui trouvant quelques défauts d’importance. Allez, Bouch’, on se lance ! Comme bien souvent dans les récits de Victoria Dahl, c’est avant tout la romance qui prime. Le contexte historique est uniquement là pour donner du relief aux personnages, pour expliquer en partie certaines de leurs réactions : il s’agit davantage d’une romance que d’une romance historique, trop peu de détails venant étayer ce pan de l’histoire. Et ce n’est pas gênant, à partir du moment où les circonvolutions de la relation entre nos deux personnages principaux nous passionnent. Mais voilà : l’auteure ne peut démarrer au quart de tour, de but en blanc. Il lui faut d’abord poser les bases de son récit, et c’est là que j’ai un peu tiqué : la première centaine de pages est assez… pénible, en comparaison des trois cents restantes. Mon intérêt ne s’est pas éveillé tout de suite, du moins pas avant de voir Emma et Somerhart rentrer dans le vif du sujet. Victoria Dahl mise tout sur la romance, et c’est une chance pour elle d’en maitriser les tuyaux. Pour une auteure moins « talentueuse » de ce côté-là, il faudra veiller à ne pas mépriser ainsi les autres aspects du livre.
Quoi qu’il en soit, une fois nos deux tourtereaux bien engagés sur le chemin de la compromission, il est impossible d’arrêter sa lecture. Situations cocasses, dialogues à double sens… On tourne les pages à la vitesse grand V, les joues empourprées et le regard fiévreux. Car Emma est très loin d’être… Farouche. Et le torse du duc n’est pas fait pour améliorer les choses ! On lit avec délice, donc, appréciant pleinement cette petite romance sans prétention. Les personnages sont attachants, drôles, et très loin d’être atteints d’un trop plein de bonnes manières : ils se désirent mutuellement, et ne se gênent pas pour se le faire savoir. J’ai suivi avec attention les méandres de leur relation, espérant (secrètement) lui voir prendre un tour des plus romantiques. Et ce n’était pas gagné !
Et c’est justement pour cela que j’ai passé un excellent moment : Victoria Dahl sait exactement quoi faire pour s’attacher l’intérêt de son lecteur, pour lui proposer une romance intense et, dans ce cas là, pour le moins transgressive. Au final, on se fiche pas mal du contexte historique poussé ou non : seule l’intrigue amoureuse nous intéresse, et elle est diablement bien menée. Alors, il est vrai que Leçons de libertinage ne me laissera pas un souvenir impérissable, mais j’ai véritablement savouré les heures passées en sa compagnie. Et je suis toute disposée pour renouveler l’expérience, pourquoi pas avec le tome précédent ?

En bref, une romance très sympathique et bien menée, qui m’aura tenue bien au chaud pendant plusieurs heures. Toutes les adeptes des histoires d’amour pimentées y trouveront leur compte !

On en redemande !
Pour marque-pages : Permaliens.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *