Phænix, Carina Rozenfeld

*** Je tiens à remercier Stéphane-Laure et la Collection R  pour m’avoir permis de découvrir ces titres ***

L’histoire: Elle a 18 ans, il en a 20. À eux deux ils forment le Phænix, l’oiseau mythique qui renaît de ses cendres. Mais avant de le devenir, ils devront se retrouver et s’unir dans un amour pur et éternel…
Depuis l’origine du monde, le Phænix meurt et renaît perpétuellement de ses cendres. L’être fabuleux est constitué de deux âmes sœurs. À chacune de ses résurrections, ses deux moitiés doivent se retrouver et s’aimer pour reformer l’oiseau légendaire. Car lui seul a le pouvoir d éloigner les menaces qui pèsent sur l’humanité. Malheureusement, les deux amants ont été séparés et l’oubli de leurs vies antérieures les empêche d’être réunis…
Aujourd’hui, dans le Sud de la France. Anaïa a bientôt dix-huit ans. Elle a déménagé en Provence avec ses parents et y commence sa première année d’université. Passionnée de musique et de théâtre, Anaïa mène une existence normale. Jusqu’à cette étrange série de rêves troublants dans lesquels un jeune homme lui parle et cette mystérieuse apparition de grains de beauté au creux de sa main gauche.
Plus étrange encore : deux garçons se comportent comme s’ils la connaissaient depuis toujours… Bouleversée par ces événements, Anaïa devra démêler le vrai du faux, comprendre qui elle est vraiment et qui saura la compléter. Elle devra souffler sur les braises mourantes de sa mémoire millénaire pour redevenir elle-même.
S’ouvriront alors les portes d’une nouvelle réalité dans laquelle amour et fantastique sont étroitement liés.

Mon avis : Je sais, je sais… Je n’ai pas pour habitude de chroniquer deux livres en même temps, mais… Les ayant lu l’un à la suite de l’autre, je n’arriverai pas à les dissocier dans deux articles distincts. Vous me pardonnez ce petit écart de conduite, hein ?
Comment réussir à passer à côté de cette duologie, quand elle a enflammé la blogosphère ? Et, à fortiori, quand une de vos copinautes s’est mis en tête de vous le faire lire, quoi qu’il en coûte ? Sassa m’en parlait ainsi depuis plusieurs semaines quand, au cours de la soirée consacrée à la Collection R, j’ai enfin pu mettre la main dessus. Deux jours plus tard, l’un se trouvait sur ma table de chevet, l’autre dans mes mains ! Carina Rozenfeld m’aura ainsi captivée quelques heures durant, jusqu’à ce que je repose le second tome, comme étourdie… 
Anaïa, parisienne fraîchement débarquée en Provence, s’apprête à commencer sa première année de fac de lettres. Musicienne accomplie, elle mène une vie tranquille, jonglant entre cours magistraux, sorties entre amis et après-midi au Conservatoire. Un seul détail perturbe ce quotidien bien rangé : toutes les nuits ou presque, Anaïa rêve d’un homme. Un homme dont elle n’arrive jamais à voir le visage, mais qui suscite en elle un amour démesuré… Doublé d’une incommensurable tristesse. Ces rêves la laissent transie, parfois en larmes, la tête remplie de questionnements sans réponse. Des questionnements que viennent alimenter deux de ses camarades, deux jeunes hommes que tout oppose : Eidan et Enry. S’ils semblent tous deux la connaitre plus que de raison, Anaïa, elle, ne les rencontre pour la première fois que lors de sa rentrée. Et pourtant… Quelque chose en elle lui souffle que la vérité est ailleurs. Elle doit se souvenir… Mais de quoi ?
Que dire, que dire… J’ai beaucoup aimé. Voilà, c’est dit. J’ai beaucoup aimé, Carina Rozenfeld nous offrant avec cette duologie une œuvre originale, différente de ce que l’on peut généralement trouver en matière de Young-Adult. C’est frais, bien écrit, on se laisse facilement porter par l’intrigue. En témoignent les quelques heures qui m’ont suffi pour dévorer ces deux tomes. Je me suis grandement attachée au personnage d’Anaïa, cette jeune fille que j’ai trouvé pimpante, drôle, réfléchie. Contrairement aux deux garçons qui, eux, m’ont un peu laissée de marbre, j’ai trouvé qu’Anaïa apportait une incontestable touche de légèreté à l’ouvrage, tout en lui conférant une crédibilité indispensable : Carina Rozenfeld a construit son personnage de manière intelligente, et non pas comme toutes ces héroïnes prêtes à gober n’importe quoi, pourvu qu’un beau brun ténébreux les prennent dans ses bras. Là où elles sauteraient sur l’occasion de se frotter à une créature mystique, Anaïa doute, questionne, se méfie. Enfin, enfin ! Je l’attendais depuis longtemps, cette héroïne loin d’être nunuche qui ne se laisse pas guider par ses hormones. 
Comme je vous le disais, je ne me suis pas attachée plus que cela aux personnages masculins, qu’ils soient principaux ou secondaires. Bien sûr, je n’ai pas pu éviter l’habituel battement de cils doublé du soupir extatique lorsque l’amoûûûûr pointe le bout de son nez, et plus particulièrement à la fin du premier tome. Soyons honnête, que Diable 🙂 Mes sentiments envers Eidan et Enry se sont toutefois développés et affirmés/affermis au cours du second tome, une fois l’univers bien mis en place. Je m’arrêterai toutefois là pour ne rien vous spoiler, bien que mon penchant vers l’un ou l’autre soit tout à fait prévisible pour qui a lu cette série 🙂 Il faut également dire que la couverture du premier tome ne prête pas vraiment à la rêverie, en matière de beau brun musculeux : alors, certes, elle est très belle mais… Pourquoi ces côtes saillantes ? On croirait que le pauvre garçon est sous-alimenté ! Bref, je m’égare. 
Vous le savez, qui dit Young Adult dit, dans la plupart des cas, triangle amoureux. Si Phænix n’échappe pas à la règle, j’ai trouvé cet aspect de l’ouvrage très bien traité : encore une fois, tout le mérite en revient à Anaïa qui, décidément, me plait beaucoup. Ne vous leurrez pas : la romance occupe une place de choix dans ces deux tomes, et peut-être davantage encore dans le second. Mais notre héroïne, qui fait un peu la girouette au début, n’en perd pas pour autant le nord, et sait très bien rappeler les garçons à l’ordre. Non mais ! L’écriture de Carina Rozenfeld, forte en émotions, n’en est pas pour autant mièvre : pas de larmichette inutile, d’apitoiement dérisoire. On s’émeut, oui, mais on en reste là. 
Je terminerai cette chronique sur deux petites choses qui m’ont gênée. La première n’est pas du tout du fait de l’auteure : ayant lu cette duologie dans ma chambre d’hôpital, je n’ai malheureusement pas pu profiter des playlists fournies à la fin de chaque tome… Qui, parait-il, s’accordent merveilleusement bien à l’atmosphère -déjà très musicale- de la série. Dommage !
Deuxièmement, et c’est sans doute à cause de cela que je n’ai pas eu de coup de cœur, j’ai pu déplorer une certaine prévisibilité, et ce tout au long de ma lecture. Il n’y a pas de surprise à proprement parler, mes yeux ne se sont pas écarquillés sous le coup du choc de la révélation. J’ai trouvé cela un peu dommage, car tous les ingrédients étaient réunis pour faire de cette série une lecture mémorable : une mythologie originale, des personnages construits intelligemment, une plume agréable à lire, une trame bien menée… Il aura seulement manqué cette petite étincelle, ce je-ne-sais-quoi qui distingue un livre d’apparence banal de tous les autres…
 
En bref, une duologie qui m’a beaucoup plu, même si une trop grande prévisibilité me fait passer à côté du coup de cœur. Les cœur d’artichauts y trouveront sans aucun doute leur compte !
 
4/5 : on en redemande !
Pour marque-pages : Permaliens.

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