Les lames, Mo Hayder

L’hisoire : Mère courage, mère carnage ? Depuis qu’une adolescente des environs a été retrouvée assassinée, la ville de Bath est en proie à la panique. Sally ne peut s’empêcher de trembler pour sa fille de quinze ans, Millie, qu’elle élève seule. Car la jeune fille est en danger. Elle subit le chantage d’un dealer qui lui réclame une somme faramineuse. Pour l’aider à rembourser sa dette, Sally, jusqu’alors femme au foyer, accepte de devenir la gouvernante d’un homme richissime à la tête d’un empire pornographique. C’est pour elle le début d’une descente aux enfers dans laquelle sa sœur Zoé, inspecteur de police à Bath, avec qui elle n’est plus en contact depuis des années, s’apprête à la rejoindre…

Mon avis : Avant tout chose, vous devez savoir que je suis une fan inconditionnelle des livres de Mo Hayder. C’est bien simple, il ne me manquait que celui-ci pour pouvoir dire « J’ai lu tous ses livres ! ». A chaque fois que j’ouvre un de ses ouvrages, je sais que je m’apprête à embarquer pour quelques heures de grands frissons et d’enquête haletante. Vous imaginez donc mon enthousiasme devant celui-ci, gagné grâce au concours Pocket. En pleine panne livresque, je le percevais un peu comme le St Graal qui me permettrait de me me remettre doucement à la lecture. Et bien, disons-le : c’est un peu raté. Complètement si j’écoute ma déception, un peu quand je vois qu’il m’aura tout de même redonné envie de lire.

Lorne Wood, 16 ans, a été assassinée. Et son meurtrier court toujours, irritant les policiers en charge de l’enquête et divisant les enquêteurs quant à son profil potentiel. Zoé, elle, est persuadée qu’il s’agit d’un adulte. Et qu’il recommencera. Malheureusement, ses collègues ne tardent pas à lui tourner le dos, et la jeune femme doit faire route seule, avec de très maigres indices la menant sur des traces qu’elle aurait préféré éviter : celle de son propre passé… pour le moins tumultueux. 

Sally, sœur de Zoé, doit faire face à d’autres problèmes : Millie, sa fille de 16 ans et ancienne amie de Lorne, vit très mal le divorce de ses parents, et surtout le changement de train de vie qu’il a occasionné. Voulant à tout prix accompagner ses amis pour un voyage à Malte, elle emprunte une somme faramineuse auprès d’une petite frappe du coin. Pour éponger les dettes de sa fille, Sally se voit contrainte d’accepter un poste d’aide ménagère et de gouvernante auprès d’un individu des plus louches : David Goldrab, pornographe à succès. Sally ne sait pas vraiment dans quoi elle s’engage en se rendant chez cet homme mais, une chose est sure : la curiosité est un bien vilain défaut…

Je vous l’accorde, ce n’est pas une déception du tonnerre : oui, j’ai passé un bon moment. Mais, en comparaison de ce que nous offre Mo Hayder d’habitude, ce livre… C’est du pipi de chat. Rien, il n’y a rien ! Pas de serial killer complètement dingue qui vous fera vérifier quatre ou cinq fois le dessous de votre lit, pas de cadavres maltraités, pas d’enquête de haut vol, rien. On frémit une fois ou deux, on sent venir les choses… Et ces incohérences ! Tenez, par exemple : que viennent faire dans ce livre les lames de tarot ? Pourquoi l’auteure ne creuse pas davantage cette piste si alléchante et qui pourrait paraitre primordiale, mais ne reste qu’à l’état de détail tout juste esquissé ? Franchement… Moi qui suis d’habitude happée de bout en bout, j’ai survolé certains passages, lu dans un état plus ou moins second. Super, quand il s’agit d’un thriller censé nous captiver. 

Un point m’a gênée dès le début : l’absence de Jack Caffery et de Flea Marley, les deux enquêteurs que Mo Hayder met habituellement en scène. Ce duo m’est très cher et j’avoue que le fait de ne pas les retrouver ici n’a pas aider à partir sur de bonnes bases avec ce livre. J’avais hâte d’en apprendre plus sur la suite de leurs aventures, d’autant que de nombreuses questions restaient sans réponse dans le dernier ouvrage de l’auteure. Enfin, j’en ai pris mon parti, et me suis tout de même attachée aux deux sœurs, avec une préférence pour Zoé. Mais voilà : les personnages restent peu creusés, les portraits psychologiques assez fades. Encore une fois, rien à voir avec ce que Mo nous offre d’habitude.

En somme, et vous l’aurez compris, je suis affreusement déçue par ce titre, à réserver uniquement aux lecteurs ne connaissant pas l’œuvre de Mo Hayder : la découverte de ses autres livres ne pourra être qu’une révélation pure et simple ! Je n’ai pas retrouvé la passion, la frénésie qui m’emporte habituellement, et je le regrette énormément. Les lames n’est pas mauvais non plus, attention : de nombreux lecteurs ont déjà manifesté leur plaisir d’avoir eu ce livre entre les mains. Pour moi, le charme n’aura pas opéré, tout simplement. Peut-être en attendais-je trop ? Sans doute suis-je très sévère en le classant ainsi, mais, vous comprenez… La déception m’a laissé un arrière goût trop présent dans la gorge pour qu’il en soit autrement. Quoi qu’il en soit, je ne désespère pas de retrouver la Mo de Pig Island et de Birdman avec son prochain roman !

 

En bref, une très grande déception pour ce nouveau thriller de Mo Hayder, bien loin de la qualité de ses autres ouvrages : une intrigue plutôt fade, des incohérences… C’est un flop.

 
Déçue
 
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