La griffe et le sang, François Larzem

Je lorgnais depuis plusieurs mois déjà sur ce titre, quand je suis tombée sur la chronique très élogieuse de Clairdelune.  Il fallait que je me le procure ! Très gentiment prêté par Sandra, je n’ai pas tardé à l’ouvrir… Et l’ai lu en une journée.

L’histoire : Mina, jeune Tsigane au caractère trempé, trouve refuge avec sa mère dans une vallée des Carpates. Très vite, elles sont en proie aux tourments des villageois. Ils les obligent à porter un manteau à capuchon rouge, la marque d’infamie. Mais arrive un mercenaire vêtu de noir, à la beauté du loup qui décide de les protéger. Mina pense avoir trouvé la paix quand ses cauchemars commencent. Un chevalier à l’armure écarlate vient la visiter en songe : Vlad, jadis seigneur du pays, dont la réputation de cruauté le désignait comme Dracul, le fils du démon. Un lien les unit…

Mon avis : Ma poisse se poursuit, décidément ! Ce livre avait tout pour me plaire. Et pourtant, le charme n’a pas opéré, qu’on se le dise. Jusqu’à ce matin, je songeais avec amertume à ne pas publier de chronique, c’est dire. Mais, comme cela ne fait pas très sérieux-sérieux… Toutefois, je sais parfaitement ce qui a engendré cette déception : vous n’êtes pas sans savoir que j’ai eu LE coup de cœur de l’année pour L’enfant Merehdian, terminé en milieu de semaine dernière. Or, bon courage au livre qui viendra ensuite, et essuiera forcément une comparaison… comparaison ayant très peu de chances d’être en sa faveur. Pour surmonter cela, il ne me fallait rien de moins que l’excellence. Les lames ne m’a absolument pas convaincue. Et, en ce qui concerne La griffe et le sang… Il y a bien mieux en matière de fantasy, même jeunesse. C’est un ouvrage qui se lit vite et bien, certes, mais il me fallait davantage que cela. Et mon œil rendu acéré par la virtuosité de la plume de Magali Villeneuve n’a pas loupé un seul de ses points faibles… Dommage pour lui !
Mina est une jeune Tsigane au caractère bien affirmé : elle a appris à se défendre face aux insultes et au mépris, et ne se prive pas de jouer avec la réputation qui colle à son peuple -des sorciers et des démons, à fuir comme la peste. Vivant seule avec sa mère depuis la mort de son père, elle tâche de se débrouiller comme elle peut pour adoucir leur quotidien.  Afin de réaliser le rêve de Dvorek -le père de Mina-, les deux femmes ont repris les routes et se dirigent à présent vers les Carpates, où l’homme avait prédit qu’ils s’établiraient. Ce n’est pourtant pas la paix escomptée qu’elles rencontrent, mais toujours ces regards ouvertement hostiles, affichant un dégoût sans borne pour ces « vagabondes ». Contraintes de revêtir un capuchon rouge par les habitants de la vallée où se trouve leur caravane, les deux femmes s’installent tout de même, tant bien que mal. La vie s’écoule, devient plus douce au fil des jours. Ce quotidien plus ou moins paisible ne va cependant pas tarder à voler en éclats, d’étranges évènements ne cessant de se produire. Tous les regards se tournent vers la caravane : les deux femmes n’auraient-elles pas attiré le démon dans leur sillage ? Mina, elle, est perplexe : qui est cet étrange chevalier rouge, qui vient la visiter en songes ?
Bon, dit comme cela… J’avoue qu’on ne comprend pas très bien ce à quoi nous avons à faire. Soyons plus explicite : François Larzem revisite à travers cet ouvrage un certain nombre de contes, tous se mêlant les uns aux autres pour former une seule entité : La griffe et le sang. Nous avons donc, en vrac : le petit chaperon rouge, les trois petits cochons (qui sont FRANCHEMENT écœurants), le comte Dracula… Je dois dire, en tout objectivité, que François Larzem réussit plutôt bien à intégrer ces mythes/contes à sa propre histoire : j’ai aimé tirer telle ou telle ficelle pour découvrir les histoires ayant bercé mon enfance. Malgré tout, je trouve qu’il y en a trop. Et que cela va trop vite : on saute de l’un à l’autre sans perdre de temps en transition (sans transition du tout, parfois), l’un est conducteur, les autres sont secondaires… Je me suis un peu perdue, regrettant qu’il ne s’attache pas seulement à un ou deux contes, pour mieux les exploiter. Pour tout vous dire, j’ai trouvé ça fouillis. Comme si l’auteur avait eu plein d’idées, qu’il avait absolument tenu à toutes les mettre, peu importe la cohérence de l’histoire. Et ce fouillis rend l’intrigue très prévisible. Alors, de deux choses l’une : soit je n’étais pas surprise, ayant deviné la chose bien des pages plus tôt, soit je restais sur ma faim, tant les révélations étaient nombreuses et peu exploitées. Adeptes d’intrigues profondes et creusées, passez votre chemin !
Les personnages m’ont laissée totalement insensible. Je ne me suis pas attachée plus que cela à Mina (que j’ai trouvé bien vulgaire, quand même, et d’une insolence un peu bébête), ni à sa mère. Ne parlons pas des gens du village, qui sont tous plus fourbes les uns que les autres. Alors, pour moi qui accorde une importance cruciale aux personnages… Restons-en là.
Enfin, après l’intrigue et les personnages, parlons de la plume. Je ne pense pas être très difficile en matière de style, bien que j’y accorde tout de même une certaine importance. Et là… Force est de dire que, une fois encore, ça n’a pas collé. J’ai trouvé l’écriture simple, pour ne pas dire simpliste. Certaines tournures de phrases se voulaient alambiquées sans y parvenir vraiment, le vocabulaire reste bien bas… Bref, c’est une écriture très jeunesse. Cela ne m’aurait pas gênée outre mesure si le fond avait été en accord avec la forme. Or, ce n’est pas le cas : je n’ai pas compté les scènes franchement répugnantes, les détails salaces et descriptions grivoises. Nous avons donc un style idéal pour un jeune adolescent (11-12-13 ans), une histoire qui lui conviendra aussi, mais des scènes bien trop… Réalistes, hard, tout ce que vous voulez. Mais, là encore… Ce n’est que mon avis.
Avant d’écrire cette chronique, j’ai été zieuter celles des mes copains blogueurs, j’avoue. Et, contrairement à moi, beaucoup ont aimé, voire davantage. Je vous demanderais donc de ne prendre cette chronique qu’avec toute l’objectivité qu’elle requiert, tant je suis persuadée que ma lecture a fortement pâtit de celle qui l’a précédée. Elle aurait sans doute été toute autre si je n’avais pas lu ces deux livres dans un laps de temps si court. Une note positive, pour terminer : j’ai tout de même dévoré ces 307 pages en une journée. Alors, je pourrais lui trouver bien des défauts, certes, mais pas celui-ci : La griffe et le sang est loin d’être ennuyeux, et captivera d’autant plus le lecteur que le thème abordé lui parlera nécessairement, tout en étant développé sous un angle original.

En bref, un roman de Fantasy jeunesse qui n’aura pas su me convaincre : tout va trop vite, la matière de départ est bien trop importante pour l’ouvrage final… L’auteur aurait gagné à édulcorer certains passages, à se concentrer sur un ou deux contes. Dommage !

Déçue
Pour marque-pages : Permaliens.

13 Commentaires

  1. Ca m’intrigue… Ton avis me fait « peur » parce que je crains de vivre la même chose si je le lis mais j’avoue qu’il y a aussi des éléments de ta chronique qui m’intéressent assez pour tenter le coup

  2. Je l’ai feuilleté il y a peu à la librairie car la couverture m’intriguait mais les quelques phrases que j’ai lu, ne m’ont pas convaincu à l’acheter. Je pense que j’ai bien fait!

  3. Je l’avais mis dans ma wish list mais avec ce que tu en dis je ne pense pas l’acheter. A la limite si comme pour toi on me le prête mais sans plus…

  4. Dommage que ca été une déception….
    Ca ne me poussé pas à m’y intéresser davantage, dommage. Mais si peux l’emprunter, qui sait 😉

  5. Je voulais me mettre à la collection Pandore, mais ce ne sera pas celui-ci mon premier. J’aime beaucoup l’idée de revisiter les contes de notre enfance, ils ont pleins de matières selon moi dans une histoire contemporaine, mais le fait que le style et l’intrigue ne soit pas en accord avec les scènes plus trash, me dérange un peu.

  6. Je ne connaissais pas et c’est vrai que ta chronique ne donne pas plus envie que cela ^^ Au suivant 🙂

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