La fille de braises et de ronces, Rae Carson

Et devinez grâce à qui ce livre s’est retrouvé dans ma PAL ? A ma très chère Arcaalea, bien sûr ! Sa chronique m’avait fait forte impression, et je n’avais pas attendu bien longtemps pour craquer : le salon de Montreuil était imminent, et je n’ai pas su résister quand j’ai vu cette sublime couverture sur le stand…


L’histoir
e: Princesse d’Orovalle, Elisa est l’unique gardienne de la Pierre Sacrée. Bien qu’elle porte le joyau à son nombril, signe qu’elle a été choisie pour une destinée hors normes, Elisa a déçu les attentes de son peuple, qui ne voit en elle qu’une jeune fille paresseuse, inutile et enveloppée. Le jour de ses seize ans, son père la marie à un souverain de vingt ans son aîné. Elisa commence alors une nouvelle existence loin des siens, dans un royaume de dunes menacé par un ennemi sanguinaire prêt à tout pour s’emparer de sa Pierre Sacrée. Délaissée, humiliée, la princesse devra s’affirmer au milieu des intrigues de la cour, du grondement d’une guerre inévitable et des mirages de l’amour. Il lui faudra puiser en elle le courage nécessaire à sa survie et à celle de son peuple. Accepter enfin d’être l’Elue de son propre destin.

Mon avis
:
…Sept mois après son achat, je me décide enfin à l’ouvrir. Une raison à cela : les épreuves non corrigées du deuxième tome viennent elles aussi d’entrer dans ma PAL, et les nouvelles couvertures sont absolument magnifiques. L’envie était relancée, Chéri me l’apporte à l’hôpital : il n’en fallait pas plus ! 
Et pourtant… Je ne savais pas tellement à quoi m’attendre, en ouvrant ce titre : de la Fantasy à la sauce Young Adult, d’accord… Mais qu’est-ce que cela peut bien donner ? Et surtout, est-ce que cela peut me plaire à moi, grande fan de Dark-Fantasy ? La réponse ne s’est pas fait attendre : oui, mille fois oui ! J’ai passé un excellent moment avec ce premier tome, un moment que j’aurais voulu prolonger, encore et encore.
Élisa, Princesse d’Orovalle, est l’Élue, consacrée par le Destin dès son septième jour et détentrice de la Pierre Sacrée. En cette qualité, elle se doit d’accomplir un acte émérite, à l’image de ses prédécesseurs. Mais voilà : Élisa n’a pas vraiment l’étoffe d’une héroïne, et son entourage ne se gêne pas pour le lui faire savoir. A seize ans, elle passe plus de temps en cuisine que partout ailleurs, ne jurant que par les pâtisseries à la crème d’amande. Son surpoids lui attire régulièrement moqueries et regards en coin, tout en réduisant son peu de confiance en elle à néant. Quand son père décide de la marier à un riche seigneur voisin, elle ne comprend donc pas vraiment sa décision : quel va être son rôle ? N’est-ce pas à sa sœur ainée, Alodia, de marcher vers l’autel en première ? Quel accord a été passé entre son père et son futur mari, pour que celui-ci accepte de s’encombrer de sa personne ? C’est donc pleine d’aprioris qu’Élisa s’apprête à commencer sa nouvelle vie… Une nouvelle vie qui pourrait bien la conduire vers son Destin plus vite qu’elle ne le pense.
Par où commencer ? Je peux d’ores et déjà vous dire une chose : passée la phase introductive, la trame ne connait aucun temps mort. Rae Carson file à toute vitesse vers le point de chute qu’elle s’est fixé, et nous devons tenir le rythme, coûte que coûte. Mais, très sincèrement, cela ne m’a pas dérangée : certes, certains aspects auraient sans doute pu être davantage creusés. Et pourtant… Allez, je l’avoue : ce livre a beau être destiné à un public « jeune », il m’est arrivé d’être complètement… Larguée. Il faut dire que Rae Carson met en place un univers complexe, régit par une religion non moins difficile à appréhender. Alors, quand Élisa se lance dans de grandes discussions théologiques avec le père Nicandro, je vous laisse imaginer mon dénuement, moi qui pensait tenir entre mes mains un ouvrage gentillet et ne nécessitant qu’une concentration limitée. Qu’à cela ne tienne, je suis revenue quelques pages en arrière et ai poursuivi ma lecture, plus attentive que jamais. 
Avant de débuter ma lecture, je savais que j’aurais affaire à une héroïne quelque peu atypique. Et bien, que cela soit dit : je ne pensais pas que l’auteure ira jusque LA. Car Élisa n’est pas seulement atypique, elle est l’image même du antihéros. Obèse (et ne cherchant pas à améliorer la situation), elle n’a absolument aucune confiance en elle. Elle entretient un complexe d’infériorité monstre face à sa sœur ainée, et ne cesse de se dénigrer. Tout en noyant son chagrin et ses soucis dans la nourriture. Au début, je dois vous avouer que les passages à répétition dans les cuisines m’ont un peu gonflée. Il ne se passait pas deux pages sans que notre héroïne se précipite sur de la nourriture ! Je n’avais qu’une envie : lui dire de se bouger un peu, de reprendre ses esprits et d’aller de l’avant. Heureusement, son mariage « forcé » va lui permettre de mettre les pieds dans un nouvel univers, un univers où elle va devoir se battre pour ne pas être écrasée. Et c’est qu’elle a de la volonté, notre Élisa ! Doublée d’une grande intelligence, qui plus est. C’est donc avec joie que j’ai suivi son évolution. Elle s’émancipe, s’affirme au gré des épreuves qu’elle traverse. Oubliée, l’Élisa des premiers chapitres, timide et empotée ! Elle doit faire ses preuves, et elle les fait avec brio. Oui, je peux le dire : son personnage a plus d’une fois suscité mon admiration. Malgré les brimades, les moqueries, le désintérêt de son mari, et j’en passe, Élisa se relève la tête haute, prête à en découdre. Hourra ! Voilà une héroïne comme on les aime, portant le roman à bout de bras. 
Les personnages secondaires sont tout aussi intéressants, cela dit. J’ai DÉTESTÉ Alejandro, le mari d’Élisa. Alors oui, mes mots sont peut-être un peu forts mais, très sincèrement, je ne lui ai trouvé aucun attrait. Pire, il est stupide. Stupide et lâche. Un cocktail bien trop désastreux pour être oublié face à son joli minois. Bon, d’accord, je me suis laissé attendrir une paire de fois. Mais ça ne va pas plus loin !
Par contre, j’ai adoré le chevalier Hector. Et j’ai hâte de le retrouver dans le deuxième tome ! Quelque chose me dit qu’Élisa et lui feront de trèèès grandes choses. Si j’étais un peu sur la réserve au début, je m’y suis très vite attachée. Qu’il soit absent pendant une grande partie du roman m’a d’ailleurs attristée…
Et puis, les autres… Cosmé, Ximenia, Humberto, Rosario… Très sincèrement, ils apportent tous une touche particulière à l’ouvrage, l’enrichissent et le complètent. On apprend à les connaitre tour à tour, et on s’y attache. Et pourtant, c’était plutôt mal parti, notamment avec Cosmé ! Quoi qu’il en soit, la bande qu’ils forment avec Élisa est détonante. Détonante ET efficace
Que vous dire d’autre ? J’ai trouvé ce premier tome extrêmement complet, très bien construit. Comme je vous le disais au début de ma chronique, il n’y a pas de temps mort : le lecteur est emporté par la plume habile de Rae Carson, et nous suivons les mésaventures de notre héroïne sans piper mot. Quelles mésaventures, d’ailleurs ! Je ne vous en dirais pas trop sur ce point, de peur de vous gâcher la surprise. Mais tout de même ! L’auteure ne ménage pas un instant ses personnages, sa plume faisant parfois preuve d’un réalisme saisissant. Il m’est arrivé d’avoir le cœur serré, les yeux humides, le ventre noué. Alors, autant vous dire que mes doutes quant à la qualité de ce roman ont été vite balayés : La fille de braises et de ronces n’a rien à envier aux classiques du genre. Toutefois, laissez-moi vous donner un conseil : attendez d’avoir le deuxième tome sous la main pour débuter le premier… Car si Rae Carson vous prend dans ses filets, vous n’en ressortirez pas de sitôt ! 
 
En bref, un premier tome efficace et détonant, qui m’a plus d’une fois surprise de par son originalité et sa qualité. Une fois la dernière page tournée, je n’ai eu envie que d’une chose : me jeter sur la suite !
 
 
4/5 : on en redemande !
Pour marque-pages : Permaliens.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *