Sérum, épisodes 4,5,6 – Henri Loevenbruck/Fabrice Mazza

Allez savoir pourquoi il m’a fallu plus de 10 mois pour poursuivre cette série, en sachant que j’avais littéralement dévoré les trois premiers tomes… Quoi qu’il en soit, c’est à l’occasion du Salon du livre de Paris que je me suis procuré ces trois derniers épisodes, et c’est sur les instances du Chéri que je les ai sortis de ma PAL, samedi dernier.
 
 
Episode 1
Episode 2
/! Je déconseille la lecture de cette chronique à tous ceux n’ayant pas lu le troisième épisode /! 

L’histoire : Traqué par la police, le Dr Draken persiste à vouloir comprendre le lien entre les visions d’Emily et l’enlèvement du couple Singer. De son côté, le détective Lola Gallagher, abandonnée par sa hiérarchie, remonte la piste. Mais des zones d’ombre subsistent et mettent en péril son enquête. Pendant ce temps, leurs ennemis invisibles poursuivent leur plan machiavélique. Lola ira-t-elle jusqu’au bout ? Au prix de quels sacrifices ? 

Mon avis :  Au départ, j’étais uniquement partie pour lire le quatrième épisode. Arrivée à la toute dernière page, j’ai tâtonné d’un air absent autour de moi, ai mis la main sur le cinquième et ai continué ma lecture. Et puis, étrangement, je me suis retrouvée une heure et demi plus tard plongée jusqu’au cou dans un bain fumant, le 6ème épisode entre les mains. Ça sent le coup monté, je vous le dit ! 
Trêve de bavardages, concentrons-nous sur ce qui nous intéresse vraiment, à savoir ce qu’il se passe -en substance- dans ces trois épisodes. Souvenez-vous : le troisième épisode se terminait sur une note plutôt tragique, Lola retrouvant le corps sans vie de Emily dans l’appartement du Dr Draken. Passé le moment de stupeur et d’abattement, la jeune femme commence donc la traque de son meilleur ami, malgré le fait qu’elle ait été dépossédée de l’enquête. Bien sûr, tout n’est pas aussi simple que cela, et Lola va rapidement se rendre compte que Draken pourrait bel et bien être innocent. 
Nous allons de révélations en révélations, H. Loenvenbruck et F. Mazza jouant sur plusieurs tableaux simultanément : l’enlèvement du couple Singer, le décodage des visions de Emily, la traque du mystérieux Hatman, l’enquête de Detroit sur le passé du frère de Lola… Ils tissent une véritable toile d’araignée, maniant avec une dextérité certaine les mécanismes faisant le succès des séries policières américaines. L’intérêt du lecteur est sans cesse relancé, on est totalement accaparé par l’intrigue. 
D’où le fait que… Je n’ai pas pu m’empêcher d’avaler ces quelques six cents pages en quelques heures. Bon, j’admets bien volontiers que six cents pages de Sérum n’équivalent en rien à six cents pages de Victor Hugo. Mais il est indéniable que tout est fait pour provoquer cette « frénésie », pour pousser le lecteur à enchainer les tomes comme il enchainerait les épisodes d’une bonne série. La typographie est assez grosse, le phrasé court et incisif, on tourne les pages sans trop s’en rendre compte, happé comme on l’est par les évènements se déroulant sous nos yeux. 
Je suis habituellement assez sceptique en ce qui concerne les ouvrages écrits à quatre mains. Force m’est de dire que, cette fois-ci, c’est une véritable réussite. Entre notre poids lourd du polar français et notre spécialiste national des énigmes insolubles, c’est l’amour fou, et tant mieux pour nous : on est constamment dans le brouillard, croyant deviner ce qu’ils nous mijotent et étant, au final, très loin du compte, tout en étant constamment sur les dents en raison du suspens quasi permanent.  Le format condensé de ces petits livres ne nuit en aucun cas au développement de l’intrigue et à la psychologie des personnages : H. Loevenbruck et F. Mazza font preuve d’une efficacité indéniable, allant droit à l’essentiel et ne laissant rien de côté. Et je trouve que ça relève véritablement du tour de force.
Je m’arrêterai là pour cette chronique, pour la simple et bonne raison que… toute mon inspiration semble s’être fait la malle. Un dernier petit mot cependant, concernant la politique éditoriale inhérente à cette série d’un nouveau genre : je trouve que 6 € (ou presque), c’est un peu cher payé pour une heure et demi de lecture, en sachant que les différents tomes sont sortis à quelques semaines d’intervalle uniquement. Alors, oui, je trouve cette série excellente et je ne cesse de la recommander autour de moi, mais tout de même, il ne faudrait pas nous prendre pour des billes : J’ai lu aurait-il des problèmes financiers ? Quand on pense que c’est Flammarion qui chapeaute tout cela (et donc depuis peu Gallimard), j’ai un peu de mal à le croire. Enfin, que voulez-vous, il faut mettre le prix pour avoir de la qualité et, de la qualité, on en a. 

En bref, trois épisodes excellents que j’ai lu d’une traite, totalement prise dans la toile d’araignée tissée par les deux auteurs. Je ne sais pas pour quand est prévue la saison 2 mais, une chose est sûre : je ne manquerai le rendez-vous pour rien au monde !

 
On en redemande !
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