Oh, my Dear ! T.J. Middleton



Traductrice : Héloïse Esquié

L’hisoire : Al Greenwood, 50 ans, est taxi dans un paisible petit village côtier d’Angleterre. C’est un homme qui a tout pour être heureux, et qui le serait certainement s’il n’était pas marié à l’encombrante Audrey. Aussi décide-t-il tout simplement un jour de s’en débarrasser en commettant le crime parfait. Le scénario est vite trouvé : profitant d’une des promenades quotidiennes de sa femme, il la précipitera du haut d’une falaise. Aussitôt dit, aussitôt fait, Al s’embusque sur le parcours habituel d’Audrey, surgit à son passage et la précipite dans le vide. Tout se passe comme prévu sauf… sauf qu’en rentrant chez lui, il tombe nez à nez avec sa femme qui lui annonce avoir exceptionnellement renoncé à sa petite ballade. Si il n’a pas tué Audrey, qui est donc sa victime ? Et comment va-t-il déjouer la perspicacité des enquêteurs, dans cette petite communauté où tout le monde se connaît ? Quant à sa femme, qui commence à trouver son comportement étrange, ne faut-il pas qu’il s’en débarrasse très vite, avant qu’elle ne nourrisse trop de soupçons ? Mais cela ne fera-t-il pas de lui un tueur en série ? Commence alors pour Al un long cauchemar, dont il est encore très loin de soupçonner l’issue.

Mon avis : Quand j’ai appris que le Cherche-midi proposait à un nombre limité de blogueurs de découvrir ce titre en avant-première, vous pensez bien que j’ai sauté sur l’occasion : après tout, pourquoi pas ? Le résumé était très tentant, je dois dire. Après avoir eu quelques soucis d’organisation m’ayant contrainte à repousser ma lecture (pas bien !!), je m’y suis enfin plongée jeudi dernier, espérant pouvoir le lire très rapidement afin de rendre ma chronique dans les temps. Manque de pot, certains impératifs familiaux se sont rappelés à moi, et je n’ai pas avancé d’un pouce dans ma lecture, que j’ai finalement reprise hier. 
Oh, my dear ! est l’histoire de Al Greenwood, un cinquantenaire en crise. Alors qu’il mène une vie paisible, il ne peut plus supporter sa femme, Audrey, et conçoit donc un plan pour s’en débarrasser. Lors d’une tempête et à la suite d’une dispute, Audrey part prendre l’air près du phare. Al en profite donc pour passer à l’action : il sort par derrière et coupe à travers champs pour arriver sur la falaise avant sa dulcinée. Alors qu’il l’aperçoit dans son ciré jaune, de dos, il se précipite et la pousse du haut du promontoire. Enfin libre ! Il rentre chez lui, heureux et prêt pour commencer sa nouvelle vie. Quelle n’est pas sa surprise quand, après avoir ouvert la porte d’entrée, il aperçoit Audrey dans le salon, bien vivante. Mais qui donc a-t-il poussé…?
Ce quiproquo d’envergure, développé sur les trois ou quatre premières pages, est la base de tout le roman : qui donc se trouvait près du phare cet après-midi là, avec qui Al a-t-il confondu sa femme ? Pour un thriller, c’est assez loufoque, non ? Et bien, c’est ce qui m’a attirée. Malheureusement, j’ai eu beaucoup mal à m’immerger dans l’action. Il m’a fallu passer la moitié de l’ouvrage pour y être enfin embarquée, et c’est vraiment quelque chose que je regrette : je m’attendais à accrocher dès le début, et surtout à rire davantage. Pourtant, il y a matière, à rire ! Mais, je ne sais pas, je n’étais pas dedans.
Passée la première moitié de l’ouvrage, en revanche, je me suis passionnée pour l’enquête de Al, et surtout l’évolution de son personnage. Ne serait-ce qu’envisager de tuer sa femme me parait assez extrême mais, soit, il a ses raisons. Alors même qu’il passe à l’action, il ne se place étrangement pas dans la peau du « méchant ». Pire, je m’y suis attachée, à cette pourriture ! Car s’en est une, à n’en pas douter. Passée cette première tentative ratée d’assassinat, il va réitérer. Et s’enfoncer ainsi dans une spirale complétement dingue, d’où il ne pourra pas sortir sans dommage. Son cynisme m’a conquise, même si je n’aimerai pas l’avoir pour voisin.
Les autres personnages ne sont pas en reste, loin de là : ils sont tous plus fous les uns que les autres. A commencer par la femme de Al, Audrey. Leurs dialogues m’ont fait hausser le sourcil plus d’une fois, et j’ai aimé suivre la tournure que prenait leur relation. J’ai trouvé le dénouement un peu triste, à ce propos. Quoi qu’il en soit, T.J. Middleton dresse le portrait d’une petite communauté qui a tout a cacher, chaque ménage ayant un cadavre dans son placard. Si ce n’est deux.
L’enquête de Al se précise au fur et à mesure de l’ouvrage, pour ne devenir véritablement intense qu’au cours de la deuxième moitié du livre : on sent que l’étau se resserre, sans vraiment comprendre qui est derrière tout ça. Chacun semble jouer un double jeu, Al le premier. Et tout le monde s’y perd. J’ai été tout à fait surprise du fin mot de l’histoire, même si j’ai trouvé que c’était plutôt bien trouvé. On aurait peut-être pu s’en douter mais, pour moi, ce fut une surprise totale. 
Sans ces difficultés lors de la première partie de ma lecture, nul doute que j’aurais grandement apprécié cet ouvrage, à l’humour particulièrement incisif. Malheureusement, cela reste une lecture en demi-teinte, quoique hautement relevée par une deuxième partie d’ouvrage passionnante
En bref, un vaudeville à la sauce thriller, saupoudré de cet humour noir typiquement british, mais qui ne m’aurait conquise que sur le tard.  
 
  Laborieux, mais…

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