Gatsby le magnifique, F. Scott Fitzgerald

Vous n’avez sans doute pas pu passer à côté de l’adaptation cinématographique du célèbre roman de Francis (comme mon papa) Scott Fitzgerald, Gatsby le magnifique ! En l’espace de quelques semaines, il était partout : affiches dans le métro/bus/tramway, bande-annonce diffusée à répétition, et surtout… Réédition massive du livre, que l’on peut désormais trouver chez une multitude d’éditeurs : Folio, GF Flammarion, Livre de poche… Alors, quand j’ai vu que le GF était à 2,70 €, vous pensez bien que je n’ai pas hésité longtemps…


Traductrice : Julie Wolkenstein

L’hisoire :  New York, années folles… Dans sa somptueuse demeure de Long Island, Jay Gatsby organise de fastueuses réceptions où les invités se pressent en foule. Mais leur hôte ne cherche à éblouir qu’une seule personne : Daisy Buchanan. Elle est élégante, riche, séduisante, mais elle est la femme d’un héritier millionnaire… 

Mon avis : Que dire, que dire ? Je tenais à le lire avant d’aller voir son adaptation au cinéma, histoire de ne pas être tentée de le laisser moisir dans ma PAL durant une (ou deux) décennie(s). Je me suis donc décidée à le commencer mercredi matin, plutôt intriguée par tous les commentaires dont vous m’aviez fait part à son sujet, à l’occasion du traditionnel « C’est lundi… ». Je dois dire que je nourrissais quelques appréhensions à son sujet, trouvant ce court « classique » de la littérature américaine un tantinet intimidant
Et pourtant, je m’y suis mise relativement facilement. Pour tout vous dire, je l’ai lu dans la journée. J’ai trouvé l’univers décrit par Nick, le narrateur, proprement fascinant, et j’ai eu bien du mal à me sortir de ma lecture. Malgré tout, quelques interrogations demeurent, et je ne pense par l’avoir entièrement cerné. Une seconde lecture m’y aidera peut-être mais, en attendant, je suis heureuse de pouvoir aller voir le film dans les prochains jours, afin d’y voir plus clair.   
Mais qu’est-ce donc que ce Gatsby le magnifique ? Jay Gatsby, de son petit nom, est avant tout un homme mystérieux. Riche à ne plus savoir que faire de son argent, il est arrivé sur la planète mondaine comme un cheveu sur la soupe, nul ne pouvant retracer son passé. Nous le découvrons à travers les yeux de Nick Carraway, jeune homme fraichement arrivé à New York, et désormais voisin de Gatsby. Tout d’abord spectateur passif du ballet des voitures de luxe qui s’opère chaque soir devant la fastueuse demeure voisine, il va lui même être introduit dans l’une de ces réceptions somptueuses et célèbres dans le tout New-York. C’est à cette occasion qu’il rencontrera officiellement Jay Gatsby, avec qu’il se liera d’une étrange amitié… Et comprendra enfin qui est cet homme, sur le compte duquel courent les rumeurs les plus folles.
Si j’ai été un instant déroutée par le style riche et sirupeux (c’est du moins l’effet qu’il m’a fait) de F.S. Fitzgerald, je n’ai pas tardé à m’y faire et me suis laissée agréablement porter par la narration. Une narration que j’ai trouvée particulièrement intéressante, soi dit en passant : on aurait pu s’attendre à ce que cela soit Gatsby qui prenne la parole, mais non. C’est à Nick Carraway, un jeune homme issu d’une famille aisée mais peu familier des mondanités, que revient la charge de nous faire pénétrer dans un monde dont il ignore tout lui-même. La narration est donc confiée à un personnage volontairement effacé au profit d’un autre, puisque ce n’est pas tant Nick que Gatsby qui nous intéresse. Nick est là pour nous offrir une comparaison intéressante entre le milieu bourgeois lambda et le monde extravagant des milliardaires, pour mettre en lumière leurs différences.
J’ai beaucoup aimé son personnage, en dépit de beaucoup d’autres : lui seul parait franc et honnête, peu intéressé par les bénéfices dont il pourrait tirer de telle ou telle relation.  Il regarde ce monde avec des yeux neufs, les mêmes yeux que le lecteur. L’étrange amitié qu’il tisse avec Gatsby m’a touchée, et la fin de l’ouvrage m’a beaucoup émue…
… Me donnant un regard nouveau sur le personnage de Gatsby. D’un premier abord, on ne peut s’empêcher nous aussi de nourrir quelques doutes à propos de la réussite flagrante de cet homme : on sent qu’il y a anguille sous roche. On reste dans l’incertitude un bon moment, même si de nombreuses fissures apparaissent successivement sur son masque de richissime gentleman. On sent poindre une certaine fragilité, un mal-être permanent. Et, par dessus tout, un puits sans fond d’une solitude noire comme la nuit. Gatsby n’est jamais physiquement seul : sa demeure est le théâtre perpétuel de réceptions grandioses, attirant toujours plus de mondains. Y entre qui veut, chacun des convives profitant sans vergogne de la richesse de leur hôte. Et pourtant… Il n’a nul ami. Ce qui rend Nick d’autant plus précieux, et ce roman d’autant plus poignant. Je n’ai pu m’empêcher de m’attacher à cet homme, et d’éprouver une certaine compassion pour lui… Et d’autant plus quand la lumière est faite sur son compte, quand on comprend la véritable raison de son ascension sociale. 
Car, si Gatsby le magnifique se fait le portrait satirique d’une époque, d’un milieu particulier, il est avant tout le récit de l’amour dévorant d’un homme pour une femme. Et de la conquête de celle-ci. C’est la cristallisation d’une passion qui n’a connu aucune limite, portée par un homme prêt à transcender les barrières sociales pour l’assouvir. Et c’est beau, juste beau.
Cette lecture m’a apportée beaucoup, et j’aurais atteint le coup de cœur s’il n’y avait pas eu toutes ces incertitudes. Fitzgerald met à profit sa plume splendide pour nous décrire sans fard un monde qui peut faire rêver, mais qui n’est finalement composé que de poudre aux yeux, où l’allégeance des uns va vers la richesse des autres. Gatsby le magnifique, ou l’histoire d’un amour sacrifié sur l’autel du luxe, m’a conquise tout en me brisant le coeur.

En bref, un roman qui m’a laissé les larmes aux yeux et de nombreuses questions en tête : à lire et à relire…

 
On en redemande !


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