Coeur Rebelle, Victoria Dahl

Comme vous l’aurez peut-être remarqué, les romances historiques et moi, c’est une grande histoire d’amour. Pimentez tout cela de scènes olé-olé, donnez moi une héroïne totalement inconvenante, et vous ferez de moi la plus heureuse pendant quelques heures. Alors, avec un roman comme Coeur Rebelle, cela ne pouvait que fonctionner… 😀


Traductrice : Constance de Mascureau

L’hisoire :  Dans l’Angleterre du XIXe siècle, Marissa York est une jeune fille de bonne famille, qui par son caractère un peu trop rebelle se retrouve compromise, après une embarrassante fin de soirée. Son frère, Aidan, lui trouve un prétendant de secours en la personne de Jude Bertrand qui, séduit par le côté impétueux de la demoiselle, se propose de l’épouser afin de sauver sa réputation. Cette idée n’est cependant pas du goût de l’intéressée, qui estime que Jude n’est pas l’homme idéal. Certes, ce n’est pas un gentleman : sa carrure imposante et ses traits grossiers peuvent effrayer de prime abord. Cependant, les opinions et les sentiments peuvent changer.

Mon avis : Quand Anne-Sophie m’a proposé de me donner son exemplaire de Coeur Rebelle, vous pensez bien que je n’ai pas hésité longtemps. Norah avait su me convaincre plusieurs mois auparavant avec sa formidable chronique, et j’ai sauté sur l’occasion : le temps de recevoir un swap dans lequel il aurait pu se trouver, et il était à moi ! Je l’ai laissé mariner un bon mois dans ma PAL avant de l’en sortir, pour une LC avec ma très chère Nemith. Et quelle lecture ! Je vous écris mon avis à chaud, puisque je l’ai terminé il y a à peine une heure… Et je n’en suis toujours pas remise : cette journée commençait abominablement mal, et Victoria Dahl a su me redonner un sourire éclatant
Marissa York est fille de baron. Alors qu’elle se laisse aller dans les bras d’un beau gentleman,  les deux amants sont surpris par le frère de l’intéressée. Passés les premières effusions et les éclats de rage des uns et des autres, l’évidence s’impose à la demoiselle : désormais compromise, elle va devoir se marier. Et il est hors de question que cela se fasse avec son amant d’un soir, cet incapable qui n’a pas su éveiller en elle le moindre plaisir ! Quand Jude Bertrand, un ami de son frère, se propose de jouer le fiancé, Marissa en est tout d’abord effrayée : cet homme, issu de l’union d’un duc et d’une courtisane française, ne ressemble en rien au mari qu’elle s’était imaginé. Il est grand et robuste, là où elle l’imaginait gracieux. Son visage n’a pas le charme juvénile des hommes sur lesquels elle se retourne habituellement, et il n’a absolument pas l’allure d’un gentleman. Qu’à cela ne tienne, elle jouera la comédie… Tout du moins jusqu’à ce qu’elle ait la preuve que de cette étreinte ne résulte qu’une frustration intense, et non d’autres conséquences autrement plus fâcheuses. Et pourtant, dans son plan si parfait, Marissa a bel et bien oublié quelque chose de fondamental : l’attirance que Jude peut ressentir pour elle…
Que vous dire, que vous dire ? Je l’ai lu quasiment d’une traite, complètement sous le charme de la plume insolente de Victoria Dahl et de l’inconvenance irrésistible de Marissa. Cette jeune femme de vingt-deux ans est terriblement attachante, malgré son caractère… ambivalent. Nous découvrons au début du roman une jeune personne totalement superficielle, uniquement intéressée par la danse et les beaux garçons. Et leurs cuisses. Surtout leurs cuisses. Ce qui est déjà en soi assez surprenant, venant d’une jeune fille de bonne famille du XIXe siècle. Mais Marissa ne s’arrête pas là et, disons le franchement : elle n’avait pas vu le loup avant cette fameuse nuit, mais c’est tout de même une sacrée dévergondée. C’est qu’elle cachait bien son jeu, avant de se faire prendre ! Et ce n’est pas ce contretemps qui l’empêchera d’arriver à ses fins : elle est bien décidée à vérifier si, oui ou non, la rumeur affirmant que les hommes sont bel et bien capables de donner du plaisir aux femmes est fondée
. Sa repartie m’a fait mourir de rire, et son tempérament rebelle et terriblement curieux me l’a rendue extrêmement sympathique
Par contre, je n’ai pas compris immédiatement ce qu’elle reprochait à Jude. Je l’ai de suite trouvé… croustillant, voyez-vous ? Ce n’est pas un apollon, certes. Mais il est diablement attirant ! Et sacrément culotté. Et déterminé à lui montrer quels avantages Marissa pourrait trouver en sa personne…
« Je ne suis pas un garçon. Cela fait longtemps que je ne le suis plus. Et je n’ai jamais été beau, il serait donc vain de le souhaiter. Mais il existe de grands avantages à aimer un homme. Vous pourrez décider par vous-même ce que vous préférez. Garçon… (il remonta imperceptiblement son pouce) ou homme ?« 
La narration alterne entre Marissa et Jude, nous permettant ainsi de suivre au plus près l’évolution de leurs sentiments respectifs. Dès le départ, Jude se place envers sa « fiancée » comme un mentor, à même de lui apprendre ce qu’elle a toujours rêvé de connaitre. Il ne s’embarrasse pas de fausse pudibonderie envers elle, à l’inverse des gentlemen ordinaires. Son attachement envers la jeune fille m’a fait complètement fondre et, rien que pour cela, j’en suis tombée amoureuse.
L’évolution des sentiments de Marissa m’a passionnée. J’ai aimé la voir tout d’abord effrayée par cet homme, puis curieusement attirée. Jude est pour elle une gourmandise à laquelle elle n’ose pas toucher, de peur de s’y brûler les doigts. J’ai suivi leurs échanges avec délectation, et j’ai dû me retenir de glousser comme une idiote durant la majeure partie du roman. Et les personnes assises en face de moi dans le train ont dû se demander pourquoi le rouge me montait subitement aux joues.
Parce que, oui, Victoria Dahl dit les choses clairement. Coeur Rebelle est une romance, certes, mais teintée d’érotisme. Et j’ai trouvé que Miss Dahl se débrouillait bien, même très bien, avec ce sujet. C’est suggestif sans être vulgaire, et on dévore ces quelques 350 pages comme une petite sucrerie bien méritée.
Le côté historique reste peu exploité, mais cela ne m’a pas gênée outre mesure. Pour peu que l’on ait quelques connaissances en la matière, on comprendra très vite la situation délicate dans laquelle est Marissa, et surtout à quel point elle détone par rapport à son époque. Là où les femmes sont habituellement muselées et entièrement soumises, Marissa montre une curiosité enfantine et est bien décidée à tenir les rênes. Cette petite avait tout pour me plaire, je vous le dit.  
Coeur Rebelle est donc parfait pour qui souhaite passer un agréable moment, au risque de sentir ses sens s’échauffer. J’ai eu un vrai petit coup de cœur pour ce premier tome, qui satisfait toutes mes exigences en matière de romance ! 

En bref, une romance atypique et très suggestive, bien écrite et rondement menée. Je n’irais pas par quatre chemins : c’est un coup de cœur !

Coup de coeur !


« Mon Dieu, elle s’était comportée de façon tellement stupide. Tellement insensée et imprudente. Le responsable était sûrement le vin. Oui, le vin. Et la coupe seyante de la nouvelle veste de Peter White. Et son pantalon qui épousait la courbe de ses cuisses quand il dansait, soulignant leur… élégance.« 

« Marissa, en revanche, avait eu des pensées indignes d’une dame. Elle était toujours d’avis que Jude n’étais pas un homme séduisant, mais elle avait changé d’opinion sur ses cuisses.« 

« – Étiez-vous en train d’observer ma poitrine, Mr Bertrand ?
– Certainement pas.
– Vous pouvez la regarder autant que cela vous chante, si sa vue vous met dans un tel état d’émerveillement et d’agitation.
– Je ne vis que pour vous satisfaire, répondit-il.« 

 » Il n’y a rien de mal à se peloter un peu, ma fille. Mais vous devriez être plus discrète. Les filles étaient plus maligne, à mon époque. Je commençais à croire que votre intelligence était aussi faiblarde que votre vertu. »

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