Le Parfum, Patrick Süskind

 
Résumé : Le bâtard qui voit le jour dans le quartier le plus nauséabond de Paris s’appellera Grenouille, étrange nom guttural dont Gaillard (sa nourrice) et Grimal (le tanneur qui l’emploie à des tâches répugnantes) se font les échos, comme si la marginalité appelait forcément la marginalité. C’est donc dans la fange parisienne du XVIIIe que Grenouille, né sans parents ni amour, sans racines ni odeur, mène une vie de nomadisme olfactif, volant les odeurs, les imaginant, les recréant pour les infuser au monde entier. Sans distinction hiérarchique, il se pénètre de la moindre senteur, tout d’abord frénétiquement, puis avec méthode, pour finalement se livrer à un projet démiurgique et vampirique. Dans ce voyage jusqu’aux confins de l’imagination à la fois poétique et morbide, Süskind nous entraîne sans repos à la suite de son héros monstrueux, véritable buvard des essences dont l’ultime expérience revêt presque un caractère généreux et mystique.
Mon avis : Choisi par ma chère Lili M. pour ma lecture du mois de Février, c’est avec plaisir que j’ai sorti de ma PAL ce titre qui y moisissait depuis bien des années. Et ayant vu et apprécié le film, je ne ressentais pas particulièrement le besoin de le lire, malgré les multiples avis élogieux dont j’avais eu vent, jusqu’à ce que ma binômette le rappelle à mon bon souvenir.
Le Parfum, tout le monde ou presque en connait l’histoire : cet homme apparemment ordinaire, doté d’un nez hors du commun et s’étant fixé un but… Inimaginable : celui de créer LE parfum ultime, qui mettra à genoux hommes et femmes confondus… En capturant les fragrances les plus… improbables. Le Parfum, c’est donc l’histoire d’un génie, d’un génie terrible certes, mais d’un génie tout de même. 
Parlons un peu de lui… Jean-Baptiste Grenouille de son petit nom, n’est pas ce que l’on pourrait appeler un canon de beauté. Cela m’a d’ailleurs surprise au début de ma lecture, l’acteur jouant son rôle dans le film n’étant tout de même pas si mal. Alors qu’il est tout juste maigrichon dans l’adaptation cinématographique, Patrick Süskind le décrit dans son œuvre comme un être accablé de nombreux maux physiques, lui conférant un aspect tantôt monstrueux, tantôt repoussant. Et j’ai trouvé ça bien plus en adéquation avec le « fond » du personnage, qui n’est clairement pas tout blanc. Et le fond de ce personnage, justement… Grenouille est un être abject, mais tellement hors-norme ! C’en est même presque difficile de le juger négativement, tant il semble « à part ». L’accent est mis sur son absence totale de morale, et c’est bien ce qui le rend si difficile à juger : on le croirait presque incapable de concevoir le bien ou le mal, seulement concentré sur le but qu’il s’est fixé. C’est un personnage extrêmement particulier, que j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir. C’est dur à dire quand on arrive à la fin du livre mais, puisqu’il le faut : je me serais presque attachée à lui.
La narration est agréable, j’ai aimé suivre le cheminement du parfumeur jusqu’à son but final qui m’a, je dois le dire, laissé quelque peu pantoise. En effet, l’aboutissement de ce roman est assez… surprenant, quoique… pas inattendu. Je ne sais pas si vous comprenez bien ce que je veux vous faire passer mais… C’est le genre de livre qui vous donne matière à réfléchir, bien après en avoir terminé la lecture. 
Si j’ai trouvé quelques longueurs, j’ai dans l’ensemble apprécié ma lecture, et je suis heureuse d’avoir enfin découvert ce classique. Je regrette toutefois (comme bien souvent dans ce genre de situation) d’avoir vu le film auparavant : la surprise n’était pas totale, même si de nombreuses libertés ont été prises par les scénaristes. A l’avenir, nul doute que je me pencherais avec intérêt sur les ouvrages de M. Süskind, qui a su éveiller ma curiosité et mon intérêt .
En bref, un roman court et prenant qui a du nez, et qui vous fera voyager au pays des senteurs et des fragrances les plus subtiles…

Un bon moment !

 

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14 Commentaires

  1. j'avais beaucoup aimé ce livre, mais j'ai été un peu déçue par l'adaptation ciné…

  2. Aaaah que je suis contente de lire ça, j'avais eu le même sentiment que toi sur Grenouille, j'avais trouvé dérangeant qu'il arrive à me toucher .Par contre j'ai pas vu le film ….Des bises

  3. Ce que j'ai trouvé incroyable dans ce bouquin, c'est l'alternance entre les odeurs les plus merveilleuses et les plus abjectes. Tu passes constamment des poissons pourris aux épices les plus rares, des odeurs légères de fleurs aux parfums bien entêtants de la noblesse. J'ai commencé à renifler partout où j'allais quand je l'ai lu.

  4. J'en garde également un très bon souvenir !

  5. Je n'ai pas vu le film ni lu le livre, et je dois bien avouer que l'histoire ne m'attire pas plus que ça…Par contre, j'ai tiqué pour "Grenouille" (j'ai cru que c'était une blague, ce prénom) et si un jour je tombe dessus et que je n'ai rien d'autre à lire, je m'y mettrais ^^

  6. C'est vrai qu'après avoir lu le livre… Le film est tout de même un peu en deçà 🙂

  7. En tout cas, je te remercie fortement de l'avoir sorti de ma PAL ! Sans toi, je ne sais pas pendant combien de temps encore je serais passée à côté 🙂

  8. Ton commentaire m'a fait beaucoup rire, j'ai eu exactement la même réaction que toi : a peine le livre refermé, j'ai commencé à sentir tout ce qui me passait sous la main !! C'est vrai que le jeu auquel se livre Süskind avec les odeurs est assez remarquable… On dirait presque qu'il en fait des personnages à part entière !

  9. Il devrait être davantage lu !

  10. Oui, c'est vrai que Grenouille est assez saugrenu comme prénom ^_^ Mais je te le conseille, tout de même 😀

  11. Ahhhh je pense que je me le retenterais un jour ce livre parce qu'à l'époque où j'ai essayé de le lire, j'étais dans ma période "no lecture". J'avais beaucoup aimé l'esthétique du film d'ailleurs ! (toutes ces rousses m'ont donné envie de devenir rousse moi même et c'est ce que j'ai fais pendant 6 ans d'ailleurs ^^)Bisouuuus darling ! <3

  12. J'aimerai bien lire le livre : le film m'a laissée un peu déstabilisée, je dois dire ! Finalement, quelle quête réaliste : créer LE parfum, c'est impossible, mais si réel.

  13. Et pourtant, leur rousseur ne leur a pas vraiment porté chance ^_^ En tout cas, si tu retentes, je serais contente d'avoir ton ressenti !! Gros bisous bichette <3

  14. Tu devrais essayer choupette, livre et film sont bien différents 🙂

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