Le livre de Saksia, T.2 : L’épreuve – Marie Pavlenko

Et oui, vous vous en doutiez, je n’ai pas pu résister à l’appel de ce deuxième tome. Le premier opus m’ayant tellement enchantée, je n’arrivais pas à me sortir de la tête que Saskia, Tod et Mara m’attendaient là, à portée de doigts. Et on ne peut pas dire qu’il ait lui aussi fait long feu…
/! RISQUE DE SPOILERS /!
L’histoire : Après la révélation de son identité, Saskia est livrée à elle-même. De nouveaux dangers surviennent et dévoilent la puissance de ses ennemis. Est-elle la créature dont parle l’ancienne Prophétie ? Pour le découvrir, Saskia doit partir à la rencontre de ceux qu’elle croit être ses frères. Mais tout se complique. 
Qui sont ses vrais amis ? S’est-elle trompée sur la force du lien qui l’unit à Tod ?
Saskia doute.
Et l’étau se resserre…
Mon avis : Bon. Je l’ai terminé hier soir, et j’avoue ne m’être toujours pas remise de la fin. Mes propos risquent donc d’être… Un tantinet incohérents.
Après les évènements dramatiques du premier tome, Saskia n’a d’autre choix (ni d’autre envie) que de suivre Tod jusqu’au village de son père. Or, même si elle ne s’attendait pas à y être accueillie à bras ouverts, elle pensait néanmoins que les Enkidars connaissaient le sens du mot « hospitalité ». Plongée dans un monde fort différent du sien où personne ne prend de pincettes avec elle, Saskia est complètement déstabilisée, son moral en prenant un sacré coup. Sans compter sur le fait que Tod, de nouveau parmi les siens, semble devenir de plus en plus distant. La jeune fille va rapidement comprendre qu’elle devra affronter les épreuves qu’elle redoute tant bien plus tôt que prévu, et sans le soutien qu’elle escomptait. 
C’est donc une Saskia complètement perdue que nous retrouvons dans ce second tome. Une Saskia complètement perdue, sur les nerfs, suspicieuse, emportée, défaitiste et au caractère de cochon. Pendant ma lecture, j’ai parfois (bon, d’accord, souvent.) eu envie de lui mettre une bonne claque, afin de lui remettre les idées en place. Mais, en y réfléchissant… Est-ce que j’aurais été différente, moi, dans sa situation ? Je ne crois pas. Pire, même. Alors, même si elle est un chouïa agaçante, elle reste tout de même très attachante.
En partant pour le village de Tod, elle ne se doutait pas une seconde du dépaysement qu’elle allait vivre. Et on ne peut pas dire que cela soit de tout repos : ce tome est extrêmement riche en révélations et rebondissements, Marie Pavlenko ne laissant ni son héroïne, ni ses lecteurs se reposer le moindre instant. Il faut dire que l’on ne sait rien ou presque du peuple de Saskia. Tout comme elle, nous allons donc de découverte en découverte. Marie Pavlenko saisit là l’occasion d’approfondir la mythologie mise en place dans le premier tome, et je dois dire qu’elle le fait très bien : ses explications sont claires et agréables à lire, j’ai aimé en apprendre plus sur le « clan » de Tod et ma soif de connaissances à quelque peu été étanchée. Quelque peu, j’ai bien dit, car ce tome ci se concentre, comme je l’ai précisé, sur le clan de Tod, donc des Faucheurs. Et, selon toute vraisemblance, nous en apprendrons davantage sur les Gardiens avec le troisième et ultime tome. 
Quoiqu’il en soit, j’ai retrouvé cette frénésie livresque qui s’était emparée de moi lors de ma lecture du premier opus : on veut sans cesse en savoir plus, et les pages se tournent à une vitesse incroyable. Mes yeux aux cernes violacées en attestent. 
Les personnages constituent, encore une fois, un gros point fort du roman : une foule de nouvelles têtes font leur apparition, et j’en fus ravie. Bon, petite déception tout de même quand j’ai compris que Tod serait beaucoup moins présent. Sa relation avec Saskia m’avait littéralement transportée, et je fus un tantinet frustrée de voir le tour qu’elle prenait. Mais, qu’à cela ne tienne, je me suis rabattue sur les autres : comme je le pressentais en quittant le premier tome, Mara est loin d’être la garce que l’on peut tout d’abord voir : la construction, lente mais sure, de son amitié avec Saskia m’a beaucoup touchée, de même que l’amour qu’elle porte à son frère, Victor. Ses pointes d’humour m’ont également beaucoup fait rire. Elle reste encore très mystérieuse à mes yeux, et j’ai vraiment hâte d’en apprendre plus sur elle et sur son peuple. 
L’une des plus grosses découvertes de ce tome réside en la personne de Niels, qui entretient un lien très particulier avec Saskia (je ne vous dirais pas lequel,
bande de coquinous !). Je suis assez partagée sur son cas, même si les derniers évènement me laisse à penser qu’il ne la trahira pas. Et pourtant, j’ai vraiment douté, au début : son comportement avait tout pour être suspect. Que voulez-vous, je suis d’une nature suspicieuse, et celui-ci m’a paru louche. 

Beaucoup d’autres personnages mériteraient que je leur consacre un petit paragraphe, mais je ne voudrais pas tout vous révéler. Aussi m’arrêteré-je ici en ce qui les concerne.
Je vous l’ai dit, l’intrigue de ce second tome est toujours aussi palpitante. Marie Pavlenko a su réenclencher l’intérêt du lecteur tout en renouvelant ses propos sans tomber dans la facilité. Et, si l’aspect plus « académique » de ce second tome en avait lassé quelques uns (et encore, c’est bien pour y trouver un touuuut petit défaut), la fin suffirait à convaincre n’importe qui. C’est un concentré d’action, d’émotions et de révélations, et je dois vous avouer que je l’ai lu d’une traite, la bouche ouverte et la main fébrile. Et oui. Octobre semble si loin, désormais…

En bref, un second tome largement à la hauteur du premier à qui il offre une suite de qualité, qui saura transporter le lecteur une fois de plus dans le monde dangereux des Enkidars… Le tout toujours porté par la plume efficace et irrésistiblement drôle d’une auteure à suivre.

« Comme un pantin sorti de sa boite, je me redressai pour me dégager de son étreinte mais sa poigne de fer me maintint contre son épaule et je m’y affalai, vaincue.
– Quel caractère de cochon ! s’exclama-t-il en fixant la route.
Il prit une grande inspiration pour apaiser son fou rire.
– Non, je n’ai jamais éprouvé le besoin d’initier quelqu’un. Sinon, vas-y, pose-moi ta question carrément, arrête de tourner autour du pot, ajouta-t-il en entortillant une de mes mèches autour de sa main droite.
– Et ben alors, dis-moi combien de…de…de demoiselles faucheuses tu as eu dans… euh, ton lit. Voilà ! bramai-je.
– Oh, tu sais, entre nous, on préfère faire ça dans les arbres… Les Humaines ne t’intéressent pas ? lâcha-t-il sur un ton badin.
– Les… les Humaines ? m’étranglai-je. Si, pendant qu’on y est, ne fais pas d’impasse, hein !! »
 

5/5 : Coup de coeur !
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