La couleur des sentiments, Kathryn Stockett

Encore un livre conseillé par ma maman ! Décidément, elle a le chic pour dégoter les petites perles (quoique, celle-ci n’est pas vraiment passée inaperçue) qui me plairont à coup sûr 🙂

<3 Lu en LC avec ma copinaute Vanessa <3
L’histoire : Jackson, Mississipi. En 1962, les lois raciales font autorité. Les Blancs commandent, les Noirs obéissent. A eux le ménage, la cuisine et la garde des enfants. Et si l’un ose s’écarter du droit chemin, le rappel ne se fait pas attendre : passage à tabac pour les hommes, harcèlement moral pour les femmes. Aibileen avait quatorze ans quand elle a endossé l’uniforme réglementaire. Et depuis, elle a appris à ne pas contrarier les Blancs. Mais quand son fils Treelore meurt à cause de ceux pour qui il travaille, Aibileen ne peut réfréner la bile amère qui lui monte dans la gorge. Et c’est avec une lucidité bien douloureuse qu’elle examine depuis ses journées de travail. 
Skeeter vient tout juste de terminer ses études. De retour à Jackson pour trouver un travail, elle ne peut s’empêcher d’éprouver un malaise en voyant de quelle façon ses amies traitent leurs bonnes. Elle qui a vécu une relation fusionnelle avec la femme qui l’a élevée, et qui est partie du jour au lendemain sans une explication : Constantine. Convaincue que Constantine n’est pas partie de son plein gré, Skeeter va tenter d’en apprendre plus. Et, de fil en aiguille, une idée émerge dans la tête de la jeune fille : pourquoi ne pas écrire un livre sur le quotidien de ses femmes de l’ombre ? Mais pour cela, il faudrait encore que l’une d’entre elles accepte de coopérer, et veuille bien convaincre ses amies. Aibileen et Minny, sa meilleure amie réputée pour son insolence, vont alors entrer en jeu…

Mon avis : Je n’y crois pas. Deux semaines à peine, et trois coups de cœur. A quelques semaines peu productives succède une période faste, riche en découvertes et en coups de cœur. J’espère que cela va continuer ! Vous avez découvert avec La nuit du Sérail mon goût pour les romans historiques. Vous allez découvrir aujourd’hui ma passion pour les romans traitant de les lois raciales et ségrégationnistes en vigueur aux États-Unis des XVIIIe, XIXe et XXe siècles. Je ne suis absolument pas incollable sur le sujet, mais j’essaye de m’informer le plus possible dessus. Histoire de comprendre comment de telles aberrations ont pu se produire.
L’action de la couleur des sentiments se déroule dans l’état du Mississippi, un état esclavagiste puis ségrégationniste. Un état où, autrement dit, il ne fait pas bon être noir. Et pourtant, toute bonne famille blanche qui se respecte possède un ou plusieurs domestiques. Aibileen a endossé l’uniforme de bonne depuis ses quatorze ans, tout comme sa meilleure amie Minny. Si Aibileen a appris à tenir sa langue, ce n’est pas le cas de Minny, qui a déjà essuyé 19 renvois. 
Skeeter est une jeune femme blanche tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Sa façon de penser l’est moins. Extrêmement attachée à la femme qui l’a élevée, elle ne porte pas le même regard que ses amies sur les personnes de couleur. Elle les considèrerait presque… comme ses égales. Quand son amie Hilly insinue qu’Aibileen ne doit pas utiliser les mêmes toilettes que ses employeurs, sous peine pour eux d’attraper des maladies, Skeeter voit rouge. Et on ne peut que la comprendre. C’est d’ailleurs avec une incrédulité teintée d’horreur que j’ai lu ces fameuses lois ségrégationnistes, absurdes au possible. Et pourtant… Personne ne s’imagine raciste, quand de tels comportements provoqueraient de nos jours l’ire de la société toute entière. Skeeter décide alors de faire la lumière sur ce qui se passe réellement à Jackson, en interviewant de manière anonyme une douzaine de bonnes. Plus faciles à dire qu’à faire…
J’ai beaucoup aimé Skeeter. C’est une jeune femme intègre qui refuse de laisser quiconque lui dicter sa manière de penser. Elle est extrêmement droite, douce, parfois maladroite dans ses rapports aux femmes noires, ce que l’on peut comprendre : après avoir passé toute sa vie dans une famille où les noirs servent les blancs, des traces restent. Mais, ce qui m’a vraiment touchée dans son personnage, c’est sa quête de la vérité : elle veut voir plus loin que le bout de son nez, sentant qu’il y a quelque chose qui cloche dans ces rapports de force. Si elle ne sait pas vraiment dans quoi elle s’embarque en décidant d’écrire ce livre, elle en ressort grandit. Sa droiture d’esprit force l’admiration.
Aibileen peut être considérée comme le personnage principal de ce roman. Encore une femme que j’aurais voulu connaitre. Une grand-mère esclave, une mère bonne, elle ne pouvait envisager une autre orientation. Et c’est bien dommage, car on l’aurait très bien vu en maitresse d’école. J’utiliserais deux termes pour la qualifier : douce et meurtrie. Douce, pour avoir élevé et aimé 17 enfants. Quand on voit son comportement avec la petite Mae Mobley, comparé à celui de la propre mère de l’enfant… Et meurtrie, parce que la vie ne l’a pas épargnée une seule seconde. Voir son fils mourir à vingt-quatre ans… Elle avait des espoirs, la capacité d’aller loin… autant d’atout qui furent balayés par la simple couleur de sa peau. Et pourtant, elle se lève tous les matins. 
Minny m’a fait beaucoup rire. Sous des dehors brut de décoffrage, qu’est-ce qu’elle est sensible ! Insolente oui, mais parce que beaucoup trop consciente de l’injustice de sa condition. J’ai adoré sa relation avec Miss Celia, je l’ai trouvé vraiment touchante.
Si l’action n’est pas trépidante, elle ne nous laisse pas pour autant de répit : on se demande si Skeeter va réussir à trouver ses témoignages, ce qui est vraiment arrivé à Constantine, comment Minny va s’en sortir avec Miss Celia, si Aibileen ne va pas faire de faux pas… Avec, en toile de fond, les horreurs perpétrées jours après jour à l’encontre du peuple noir. Ce qui nous donne donc un bouquin bourré de sentiments, qui m’a plus d’une fois donné les larmes aux yeux. On sent l’espoir que placent les trois femmes en ce fameux livre, et on sent aussi l’urgence de la situation. J’ai eu l’impression de lire ce livre très vite, trop vite : je me suis fait la réflexion, arrivée au milieu de l’ouvrage « Quoi, j’en suis déjà là ?! » Kathryn Stockett m’a littéralement embarquée avec elle, et ce dès les premières pages. 
J’ai trouvé le tout très bien écrit, la psychologie des personnages vraiment bien rendue. Vous l’aurez compris, c’est un coup de cœur.

En bref, un livre magnifique qui m’a donné les larmes aux yeux, portant sur un sujet sensible et qui, pourtant, nous donne une formidable leçon d’espoir.
    

5/5 : Coup de coeur !
Pour marque-pages : Permaliens.

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