K-Pax 2, Gene Brewer

 
Résumé : Après cinq années de mutisme, Robert Porter, le plus célèbre patient du Manhattan Psychiatric Institute, sort de sa léthargie. C’est le moment qu’attendait le Dr Brewer pour enfin reprendre ses séances avec cet homme, qui souffre d’un syndrome de dédoublement de la personnalité. Car Robert, qui prétend s’appeler Prot, assure avoir passé ces cinq dernières années sur K-PAX, sa planète d’origine. Un astre paradisiaque situé à 7 000 années-lumière de la Terre. Une course contre la montre s’engage : Prot a annoncé qu’il allait bientôt rejoindre K-PAX en emmenant avec lui cent patients de l’institut. Le Dr Brewer parviendra-t-il à percer son secret avant qu’il ne mette son projet à exécution ?
Mon avis : Peut-être vous souvenez-vous de ma chronique enthousiaste  à propos de K-pax : L’homme qui vient de loin. Nous y rencontrions Prot, un personnage mystérieux affirmant venir d’une planète lointaine et idyllique, K-Pax. Si le Docteur Brewer en était finalement arrivé à la conclusion que Prot souffrait en réalité d’un dédoublement de la personnalité (étant en vérité Robert Porter), des doutes subsistaient : comment Prot faisait-il pour parler aux animaux, apaiser les patients, percevoir les rayons ultraviolets…? Autant de questions insolubles pour le docteur Brewer. Prot était finalement « retourné » sur K-Pax, laissant Robert plongé dans une catatonie profonde. K-Pax 2 prend alors le relais quand, cinq ans après, Prot réinvesti la Terre… Et le corps de Robert Porter.
Si le premier tome avait été un coup de cœur, ce ne sera pas le cas de celui-ci. Non pas que j’ai été déçue. J’ai simplement trouvé cette suite en deçà du premier tome, et pas forcément nécessaire. Mais ce fut tout de même un plaisir de retrouver Prot et ces sempiternels sermons sur la nature humaine et le gâchis qu’elle entraine. Malgré tout, je n’ai pas retrouvé LE Prot du premier tome. Plus cabochard, moins présent… La faute à Robert Porter, qui prend de plus en plus de place ? Peut-être. Et je n’ai pu m’empêcher, tout comme la majorité des personnages du roman, d’en vouloir à G. Brewer de concentrer tous ses efforts sur la réunification des personnalités de Robert, entrainant donc la disparition de Prot. Parce que, même s’il nous fait passer pour des arriérés totalement égoïstes, ce n’est pas un mauvais bougre. Et l’on ne peut pas dire qu’il ait tord.
On ressent moins vivement que dans le premier tome l’urgence de la situation. Tout cela se fait vraiment… Lentement, paisiblement. Comme si l’auteur nous préparait à l’absence de Prot, en nous détachant petit à petit de lui, en le faisant moins présent à mesure de l’avancement du récit. Je n’en ai pas moins découvert avec stupeur la raison réelle du traumatisme de Robert, et à quel point il était ancré profondément. 
Côté style, je n’ai pas grand chose à dire. J‘ai regretté l’absence des touches humoristiques qui parsemaient le premier tome. Gene Brewer entretient toujours la confusion entre réalité et fiction mais, après tout, ce n’est pas important : il est plus confortable de croire qu’une telle réalité puisse exister. J’ai également regretté l’amoindrissement de la ferveur écologique de Prot : si les remarques acerbes ne manquent pas, elles étaient davantage fournies dans le premier tome. C’est dommage.
En bref, une lecture en demi-teinte pour un second tome qui n’est pas à la hauteur du premier. Cela reste cependant un bon moment de lecture, qui nous laisse pensifs et rêveurs.    
Un bon moment !

 

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