Les quatre filles du Docteur March, Louisa May Alcott

Vous devez, comme moi, avoir gardé en mémoire certains livres lus au cours de votre enfance. Et, généralement, ces livres sont auréolés d’une espèce de mysticisme dû à la nostalgie du temps qui file. Non non, inutile de nier : je sais ce que c’est. Et, parmi ce club très select des lectures de mon enfance (cessez de rigoler, je n’ai que 210 ans, non mais !), se trouve le très connu Les quatre filles du docteur March, de Louisa May Alcott. Et comme toutes les occasions sont bonnes pour se replonger quelques années en arrière, je n’ai pas hésité un seconde quand je l’ai vu passer en LC sur Livraddict.

L’histoire : Meg, Jo, Beth et Amy sont quatre soeurs. Leur père ? Je vous le donne en mille : le très vénérable pasteur Robert March, parti au front durant la Guerre de Sécession. Nos quatre héroïnes se retrouvent donc seules avec leur mère. Nous les suivons durant un an, un an durant lequel leurs caractères respectifs vont être mis à mal. Entre Jo, véritable garçon manqué, Meg, romantique aux valeurs intransigeantes, Beth, timide au grand coeur et Amy, véritable petite peste, la maison risque bien d’entendre quelques éclats de voix. 
Mon avis : Avant de rentrer dans le vif du sujet, je dois vous dire une chose : l’édition France Loisirs est agrémentée d’un petit dossier, en toute fin d’ouvrage. Si vous aimez comme moi les contes de fées, où le prince se marie bien évidemment avec la princesse, ne le lisez SURTOUT PAS ! Ça ne m’a pas gâché ma lecture, mais pas loin. Passons.
Nous rencontrons donc quatre jeunes filles bien sympathiques, qui nous semblent bien innocentes comparées à nos bimbos actuelles. Car, il faut le dire, Meg, Jo, Beth et Amy sont bien à la littérature américaine ce que Sophie, Madeleine, Camille et Marguerite sont à la littérature française. Peut-être suis-je un peu vieux jeu, mais je trouve que ces deux classiques sont très instructifs pour des jeunes filles d’une dizaine d’années, voire plus. Même si cela semble particulièrement enfantin, les valeurs qui y sont véhiculées sont très fortes. La preuve, elles restent en mémoire.
Parlons peu, parlons bien. Les quatre filles du docteur March, qu’est ce que c’est ? Comme précisé dans le résumé, l’action prend place sur fond de guerre, guerre à laquelle le père des quatre jeunes filles a décidé de prendre part. La peur et l’attente sont donc omniprésentes dans ce roman, même si camouflées la plupart du temps. On craint nous aussi pour ce père qui ne revient pas, et on respire quant une lettre arrive enfin. Car, si le personnage de Robert March est très peu exploité, on ne peut s’empêcher de s’attacher à lui. Comment un homme auquel ses filles tiennent tant pourrait être mauvais ? A dire vrai, je lui ai donné les traits de mon papa. C’est dire ! Mary March, la maman de la famille, porte très bien son prénom et a tout d’une sainte : prônant une éducation excluant toute violence, elle est également particulièrement engagée dans les actions caritatives et serait prête à donner son dernier bout de pain à son voisin. Du coup, c’est juste impossible de ne pas l’aimer. Même si elle ne peut pas être vraie, on l’aime. C’est ainsi.
En ce qui concerne les filles… Même si elles ont chacune leur petit caractère, on sent bien qu’elles vont suivre la trace de leurs parents. Mais, la docilité a ses limites, et je trouve qu’une femme de caractère a beaucoup plus de charme et de relief qu’une petite créature docile et aimante. Au diable les conventions ! Vous ne vous étonnerez donc point de mon affection envers Jo March, décrite comme le « deuxième homme de la famille« . Et puis, j’ai trouvé l’auteure particulièrement dure avec elle : tandis que ses trois sœurs rivalisent de beauté, elle n’est clairement pas décrite comme un canon. Et leur mère d’en rajouter une couche, quand notre pauvre Jo vend ses cheveux pour ramener de l’argent au foyer : « C’était ta seule beauté ! ». Sympa.
L’intrigue se divise en une multitude de chapitres, chacun portant sur un évènement particulier et visant à faire avancer les jeunes filles sur la voie de la bonté. C’est toujours très gentillet, mignon, et seul un passage m’a marquée, tout comme la « légèreté » avec laquelle l’auteure l’a traité : je parle bien entendu de la mort du bébé des voisins de la famille, alors même que Beth le tenait sur ses genoux. On comprend bien que la vie n’était clairement pas facile à cette époque, même si tout est dit pour ne pas heurter le jeune lecteur. C’est tout de même une très belle leçon de vie, que l’on prend plaisir à lire et à relire… Et à tout âge.

En bref, une très bonne lecture jeunesse qui nous fait retomber en enfance en très peu de temps… Et on aime ça. 

3/5 : un bon moment !

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Mel
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19 Commentaires

  1. "Si vous aimez comme moi les contes de fées, où le prince se marie bien évidemment avec la princesse, ne le lisez SURTOUT PAS !" Ah mais euuuh ! Ça m'intrigue maintenant x(Ça a l'air sympa comme lecture 🙂 Je me souviens que quand j'étais petite ma lecture favorite était "Ma voisine est une sorcière" de la Bibliothèque Bleue ! Le nombre de fois que j'ai pu lire ce livre … ^^

  2. Oui, c'est une lecture très sympa, à déguster auprès d'un feu de cheminée une bonne tasse de chocolat chaud dans les mains ^^

  3. Moi aussi j'ai bien (re)aimé ce livre à la relecture, même si ça ne m'a pas fascinée de la même manière que quand j'avais 8 ou 9 ans. J'apprécie surtout les leçons de la mère qui explique qu'il vaut mieux être intelligente et motivée que riche et oisive, toute cette "dignité du travail". Ca fait du bien de se rappeler ce genre de chose en fait. 🙂

  4. Oui, je suis d'accord avec toi 🙂 De toute façon, la mère est juste… incroyable, je trouve ^^

  5. la mère est incroyable, mais les filles aussi. Elles sont trop gentilles pour être vraies ! mais c'est comme ça qu'on les aime

  6. Gentillet, c'est exactement le mot qui me manquait pour qualifier ce roman, même si la légèreté est parfois mise de côté (entre la guerre et les scènes avec les voisins). C'était une lecture agréable.

  7. c'est vrai que les sujets abordés ne sont pas toujours roses…

  8. Tu n'avais jamais vu le film??

  9. En effet, c'est un roman typique du XIXe siècle du type "Comtesse de Ségur" et consorts! Il y a une dimension moralisatrice, mais de bonnes valeurs sont véhiculées et les personnages sont sympathiques. J'ai passé un bon moment, et j'ai bien envie de revoir le film maintenant !

  10. Je suis pareil : lorsque je tombe sur un livre que j'ai adorée étant petite, c'est pratiquement impossible de ne pas se laisser submerger par la nostalgie et qu'est-ce que ça fait du bien !!! Je me suis toujours dit que je lirai ce livre et encore plus depuis que tu le compare en termes de valeurs développées, aux ''petites filles modèles'' et tuti cuanti, que j'ai vénérées pendant mon enfance ! La mère me fait penser a la tante de Sophie, pour son côté doux…

  11. Dire que je n'ai jamais vu le film ! Je devrais peut être me laisser tenter 😀

  12. Aaah, les petites filles modèles… Si tu savais combien de fois je les ai lu… Et je n'ai découvert que récemment qu'il existait un troisième tome, "Les Vacances" ! Tu penses bien que je me suis jetée dessus ^^

  13. J'ai lu les 4 filles du docteur March, et comme toi, je m'étais beaucoup attachée à Jo. J'ai essayé de trouver le tome 2 (les 4 filles se marient) mais les libraires m'ont dit que les éditions ne le faisaient plus…. Dommage…

  14. Il faut essayer de le trouver d'occasion ! Priceminister, ebay… Tu as jeté un coup d'oeil ?

  15. Ce livre fait partie, pour moi, des incontournables. Il a bercé mon enfance, mon adolescence, et meme ma vie d’adulte. Les trois autres tomes sont tout aussi touchants

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