Glow, Amy Kathleen Ryan

Offert par mon frérot il y a peu de temps, Glow a été désigné par le plouf-plouf de dimanche dernier… et fut donc sorti des mes étagères avec grand plaisir. Il me faisait envie depuis un bon moment déjà, et j’avais dû me retenir avec force pour ne pas l’acheter lors du salon du livre de Montreuil. Et on peut dire que mon attente fut récompensée ! Sans vous faire plus attendre, voici mon avis…
 
L’histoire : Les conditions de vie sur Terre sont devenues de plus en plus dures. Les mers s’assèchent, la température grimpe, la famine menace. Il était urgent de trouver une solution, ou l’extinction de l’espèce humaine serait inexorable. Voilà plusieurs dizaines d’années, deux vaisseaux gigantesques ont pris leur envol pour la Nouvelle-Terre, afin de coloniser une nouvelle planète et de donner une chance supplémentaire à l’homme. Les équipages de l’Empyrée et du Nouvel-Horizon furent triés sur le volet et embarqués pour un voyage d’une centaine d’année. Leur mission première : assurer la sauvegarde de l’espèce, en enfantant au moins quatre enfants par couple.
Waverly vient de fêter ses quinze ans. Elle n’a jamais connu la terre ferme, l’Empyrée étant déjà dans l’espace bien avant sa naissance. En tant que première née du vaisseau, tout la destine à son ami d’enfance Kieran, pupille du commandant Jones et premier né de l’équipage. Si cela n’est pas aussi simple pour la jeune fille, à qui l’on fait bien comprendre que sa fertilité est à son apogée mais qui ne se sent pas pour autant prête à devenir mère, se marier avec Kieran semble aller de soi. Même si Seth, un garçon mystérieux dont elle ne sait pas quoi penser, provoque chez elle des réactions plutôt inattendues. Ses problèmes de cœur l’accaparent toute entière quand l’Empyrée fait une étrange rencontre : le Nouvel-Horizon, qui devait avoir un an d’avance sur eux, tente d’établir un contact. Rapidement, Waverly comprend que quelque chose ne va pas. Mais elle était loin de s’imaginer pour quelles raisons l’équipage d’Anne Mather, capitaine du vaisseau jumeau, enlèverait toutes les filles de l’Empyrée…   
   
Mon avis : Quelle frustration ! J’avais presque oublié pourquoi j’avais horreur de commencer une série quand tous les tomes n’étaient pas encore paru. J’ai ma réponse ! Bon, je vous le dis tout de suite, ce n’est pas un coup de cœur… mais on en passe très près. Je vois plus ce tome comme une préquelle, et du coup… Je suis vraiment vraiment vraiment hyper frustrée. Il se passe énormément de choses dans ce premier tome, mais il est avant tout là pour mettre toute l’histoire en place. Quoique, Amy Kathleen Ryan ne s’appesantit pas vraiment sur les explications : on sait que la Terre est dans une mauvaise posture, et que les deux vaisseaux ont été envoyés dans l’espace un peu comme une expédition de la dernière chance. C’est tout. Même la vie sur le vaisseau est survolée. Pour tout vous dire, « l’introduction » s’étale sur un chapitre. Et après, BOUM ! On est en plein dans l’action. Et ça marche très bien ! L’auteure nous glisse deux trois détails par-ci, par-là pour satisfaire notre curiosité, mais le drame qui se noue entre les deux vaisseaux est vraiment au cœur du livre. 
Tout commence donc quand le Nouvel-Horizon fait son apparition : on sent dès le départ que quelque chose ne va pas. Il faut savoir que les deux équipages ont été différenciés selon un critère majeur : leur foi en Dieu ou non. L’équipage de l’Empyrée est essentiellement composé d’agnostiques sinon d’athées, et c’est tout le contraire pour celui du Nouvel-Horizon, qui dispose en outre de son propre pasteur. On peut penser que c’est un détail mais… croyez-moi, cela a son importance. Quand le Nouvel Horizon rentre dans le champ de vision de l’Empyrée, c’est le branle-bas de combat : le vaisseau est en effervescence, personne ne connait leurs intentions. Excepté peut-être le commandant Jones. Alors que Waverly rassemble tous les enfants dans l’amphithéâtre, l’équipage adverse pénètre de force dans le vaisseau et…  enlève toutes les filles. Si Waverly ne tilte pas sur l’instant, elle ne tarde pas à comprendre qu’il ne s’agit pas d’une mission de sauvetage, comme ils l’ont tout d’abord présenté, mais bel et bien d’autre chose. Quoi ? Mystère. Et ne comptez pas sur moi pour vous le dévoiler, j’en ai déjà trop dit.
J’ai beaucoup aimé Waverly. Encore une héroïne un peu kick-ass, bien que très différente de Katniss, quoi qu’en disent les critiques. Elle n’a pas cette pression, cette menace au-dessus de la tête qui l’a fait grandir trop vite. Jusqu’à ce que le Nouvel-Horizon fasse son apparition, sa vie était plutôt tranquille et n’encourait aucun bouleversement majeur. Mais quand tout arrive… Elle prend les choses en main, et se bat pour sortir les filles de ce mauvais pas, quitte à risquer sa vie. Pour une jeune fille de quinze ans, je l’ai trouvée très réfléchie. Du coup, je vais commencer à développer un complexe d’infériorité, parce qu’à quinze ans, moi, j’étais une gamine égocentrique et stupide, absolument incapable d’actes héroïques. Mais passons, c’est ainsi. 
La quatrième de couverture parle d’un triangle amoureux entre Waverly et ses deux amis, Kieran et Seth. Ce n’est pas vraiment le cas. Ou, tout du moins, il n’est pas au cœur de l’ouvrage. La rivalité entre les deux garçons est claire, Waverly y joue peut-être un rôle… Mais cela va sans doute plus loin que ça. On s’en rend compte au fur et à mesure de l’ouvrage et, franchement… Je ne sais toujours pas vers lequel mon cœur balance. Kieran est un peu… immature, et Seth parfois carrément flippant. Du coup… A voir.
On aurait pu croire que les deux équipages s’opposeraient radicalement : d’un côté les gentils, de l’autre les méchants. Si Anne Mather m’a hérissée les poils du bras, Jones ne semble pas plus fréquentable. D’une manière générale, les hommes de l’Empyrée semblent légèrement primitifs. Et les intentions de l’équipage du Nouvel-Horizon sont on ne peut plus louches. Allez choisir entre les deux, après ça !
Glow est découpé en plusieurs partie, alternant entre la vie sur l’Empyrée (les garçons) et celle sur le Nouvel-Horizon (les filles). Les chapitres sont courts, le style fluide, le vocabulaire plutôt simple. La lecture est rapide, on est aisément emportée par l’action. Je ne sais toujours pas dans quel genre classer cet ouvrage : la dystopie ne me semble pas convenir, puisque l’accession au bonheur n’est pas fondamentalement inaccessible. Si la Terre est au plus bas, la vie sur le vaisseau est plutôt sympathique ! Rien à voir avec les univers dystopiques habituels, donc. Ce n’est pas non plus de la SF à proprement parler : les détails sur le vaisseau, la vie au sein de celui-ci et sur tout ce qui pourrait classer Glow dans cette section sont, comme je vous l’ai dit, assez minimes. Du coup, j’opterai pour un mélange des genres. Un mélange très réussi, soi dit en passant : j’ai passé un excellent moment avec ce titre, et je me procurerai la suite dès sa parution, en… Mystère ! J’aime beaucoup le concept qui y est développé, et cela change agréablement de ce que l’on peut lire en ce moment : la Terre est déjà morte, on ne s’y bat pas pour y survivre. Un peu tristoune, mais… agréablement différent. 

En bref, un premier tome qui tient toutes ses promesses : un concept intéressant, une trame haletante, des personnages caractériels, le tout relevé par un style fluide… Vivement la suite !       

 
4/5 : on en redemande !
  
Pour marque-pages : Permaliens.

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