Le cirque des rêves, Erin Morgenstern

Il est rare que je lise un livre très peu de temps après sa sortie, mais je n’avais pas pu résister au plaisir de l’offrir à ma sœur… Qui me l’a gentiment prêté tout de suite après l’avoir fini (Moi intéressée ? Jamais !). Il faut dire aussi qu’il est particulièrement difficile de résister à son appel : avez-vous seulement remarqué comme il est beau ? La couverture noire et blanche, la tranche rouge… Impossible d’y être insensible quand on le croise au détour d’un rayonnage. Et je ne peux vous dire qu’une chose : le contenu est à l’image du contenant, magnifique.


Résumé :  » Derrière la fumée et les miroirs, la compétition fait rage. Deux jeunes illusionnistes, Celia et Marco, s’affrontent dans un combat magique pour lequel ils sont entrainés depuis l’enfance. Cependant il s’aiment, et cette passion pourrait leur être fatale. Le Cirque des Rêves, ensorcelante et universelle histoire d’amour, vous jettera un charme auquel vous ne pourrez pas résister. « 

Mon avis : si le résumé de la quatrième de couverture est assez succinct, je n’aurais clairement pas fait mieux. Ce livre est tellement… différent de tout ce qu’on lit aujourd’hui, qu’il m’eût été particulièrement difficile d’en rendre compte en quelques lignes. 
Par où commencer ? Prospero, célèbre illusionniste, et Alexander, un homme dont on ne sait presque rien, on coutume de se livrer des combats interposés, à travers leurs pupilles respectives. Mais par combats, n’entendons rien de trivial : sélectionnés pour leurs aptitudes hors normes, les deux jeunes gens doivent faire preuve d’ingéniosité et d’endurance afin de remporter ce duel qui leur est imposé. Or, cette fois-ci, Prospero a décidé de lancer sa propre fille dans la bataille : Celia. Marco, lui, n’était qu’un simple orphelin avant d’être repéré par Alexander. Après des années d’entrainement, et sans jamais connaitre l’identité de leur adversaire, nos deux jeunes gens vont entrer dans l’arène : le Cirque des rêves. Un lieu enchanteur, imaginé par Chandresh Lefèvre et quatre de ses amis. Un lieu où la réalité n’a pas sa place, où l’incroyable est de rigueur. Un lieu enflammant nos sens, ensorcelant nos esprits et capturant nos coeurs.
L’action de ce roman se déroule en divers temps et lieux, mais est toujours marquée par cette atmosphère onirique que l’on retrouve dans la scène se jouant sur la couverture même du Cirque des rêves. Il m’a suffit de quelques secondes de lecture pour y entrer, et bien davantage pour en sortir. Si Marco et Celia sont dépeints comme les personnages principaux, la narration n’est pas pour autant centrée sur eux, mais davantage sur le lieu de leurs prouesses, le cirque en lui-même. Comme j’aurais aimé pouvoir y passer ne serait-ce qu’une nuit, et pas seulement quelques heures par procuration ! C’est en effet à travers ce cirque que va se jouer leur duel. Et l’on comprend peu à peu pourquoi, comment, quand. Mais toujours par bribes, délicatement. Les descriptions sont absolument fabuleuses, on s’y croirait. Mais il y a vraiment comme une petite frustration, un petite jalousie à l’égard de ces personnages qui y déambulent comme bon leur semble, quand nous-mêmes sommes coincés derrière (ou plutôt devant) les pages.
Celia est une jeune femme extraordinaire, à laquelle on s’attache de suite. Elle est décrite comme merveilleusement belle, et son personnage est empreint d’une telle sensibilité que le lecteur ne peut y rester insensible. Si elle est illusionniste, je l’aurais aussi bien vue en funambule : il émane d’elle une telle légèreté, une telle délicatesse !
Je reste plus… prudente à l’égard de Marco. Je ne saurais véritablement dire pourquoi, mais je me suis sentie moins « proche » de lui. Peut être est-ce dû au fait qu’il ne fasse pas « publiquement » partie du cirque…
Quoi qu’il en soit, le terme d' »amants maudits » leurs sied à merveille. Comme Alexander et Prospero le remarqueront, on ne peut pas faire plus complémentaires que ces deux-là. Et il a pourtant fallu qu’ils soient tous deux désignés pour ce jeu cruel ! Mais, finalement, se seraient-ils rencontrés, sans cela ? Et le cirque… Ne leur offre-t-il pas l’amplitude nécessaire à l’expression de leur passion ?
Mais tout cela ne serait rien si Erin Morgenstern n’était pas dotée d’une plume aussi… juste. Aérienne même, totalement en adéquation avec le sujet qu’elle développe. A une époque où l’effort littéraire se concentre massivement sur le fond, E. Morgenstern fait aussi bien sur la forme. Et ce n’est pas peu dire.

En bref, une lecture magnifique qu’il convient de renouveler pour en apprécier toutes les subtilités, une auteure à la plume splendide, une romance empreinte d’une délicatesse infinie… Et si, nous aussi, nous étions des rêveurs ?

5/5 : Coup de coeur !
 
Pour marque-pages : Permaliens.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *