La ligne verte, Stephen King

  Si je vous dit… Tom Hanks ? David Morse ? Doug Hutchison ? Cela ne vous dit rien ? Allez, encore un : Michael Clark Duncan ? Et… Mister Jingles ? Ça y est, vous le tenez : La ligne verte, admirablement adapté au cinéma par Franck Darabont, porté par des acteurs au jeu d’une justesse incroyable. En ayant vu et revu ce film un nombre incalculable de fois, il eut été étonnant que je n’ai pas déjà lu l’œuvre originale, signée Stephen King.    Et bien, figurez-vous que c’est pourtant le cas. Je ne sais même pas si, la première fois que j’ai vu le film, je savais qu’il était adapté d’un roman. Et je suis tombée un beau jour dessus…
 
L’histoire : Paul EdgeComb est un vieil homme, dépassant largement la centaine. Alors qu’il réside paisiblement au sein d’une maison de retraite, il décide de coucher sur papier ses souvenirs. Ses remords. Ses peines. Toutes ces visions qui le hantent, depuis l’année 1932. L’année où John Caffey est entré dans le couloir de la mort, pour le meurtre de deux petites filles…
Paul dirige alors l’équipe de gardiens assignés au bloc E du pénitencier de Cold Moutain, autrement appelé « La ligne verte« , dernier rempart contre la mort pour les condamnés à la chaise électrique. Arrivé il y a peu dans l’équipe, le jeune Percy Wetmore lui donne du fil à retordre : hargneux, colérique, imbu de lui-même et violent avec les détenus, il n’a décidément rien à faire aux côtés de la ligne verte. Et quand John Caffey, un géant noir au regard absent, pénètre à son tour dans le bloc E, c’est avec un « place au mort ! » qu’il l’accueille. Condamné pour le viol et le meurtre atroce de sœurs jumelles, Caffey n’a pourtant rien du criminel en puissance : doux, simple, il semblerait ne pouvoir faire de mal à quiconque. Ce que remarque aussitôt Paul. Et quand ce dernier tombe malade, et que Caffey le guérit d’un simple geste de la main, Paul se met à douter : qui est vraiment cet homme ? Une vérité terrible se dessine peu à peu, menaçant de faire effondrer l’équilibre précaire de la ligne verte…

Mon avis :  Le film étant un chef d’œuvre, il aurait été difficile pour le livre de ne pas en être un.  Et bien, que ce soit dit : ce livre est… magnifique. Je n’aurais jamais pensé utiliser ce terme pour décrire un ouvrage de Stephen King mais… C’est un fait. Pas de fantastique à gogo ici, ni de grands méchants monstres. Peu de sang, peu de folie. Juste les mémoires d’un vieil homme qui ne peut se remettre de cette année 1932. 
Ce que dépeint Stephen King est terrible. Et il le fait d’une façon magistrale. Ayant déjà visionné le film, je savais par avance quels allaient être les évènements. Mais cela n’a pas empêché une seconde (je l’aurais cru, pourtant) mon cœur de se serrer à l’impossible, tout au long du roman. On entrevoit dès le début du livre quelle va être la fin, ce qui rend la lecture d’autant plus poignante. Pour tout dire, je ne sais pas si mes yeux ont été secs une seule seconde au cours de ma lecture. Il y met une telle force, une telle émotion…
Si je devais retenir un moment, hormis la fin, il s’agirait sûrement de l’exécution de Delacroix. Car, comme les gardiens, on finit par s’y attacher à ce petit Cajun. Et la façon dont elle se déroule, la façon dont King l’écrit… C’est tout simplement horrible. J’ai trouvé ce moment bien plus puissant dans le livre que dans le film, tout simplement parce que Stephen King ne nous épargne pas. De quoi en faire des cauchemars la nuit, c’est sûr.
Côté personnages, je me suis énormément attachée à Paul, ainsi qu’à Brutus. Si la personnalité du premier est davantage développée que celle du second (normal, puisque c’est le narrateur), j’ai trouvé ces deux hommes beaucoup trop humains pour travailler dans un endroit pareil. Et c’est peut être justement leur humanité qui les a poussé à accompagner ces hommes dans la mort, de la façon la plus douce qu’il soit. 
On s’en doutait, j’ai carrément haï Percy. Aucun mot ne serait assez fort pour qualifier cette véritable ordure. Il mérite tout ce qu’il lui arrive, du début à la fin. Ce n’est que justice, si vous voulez mon avis.
J’ai été totalement traumatisé par Wharton. Encore que, il est peut être même plus flippant dans le film. D’ailleurs, à ce propos, je vous raconte pas les cauchemars que j’avais fait après avoir vu l’adaptation pour la première fois. Horrible !
Et enfin… John Caffey. Je ne vous en dirais pas plus pour ne pas spoiler mais… Tous ceux ayant vu le film ou lu le livre doivent à peu près penser comme moi à son propos.

J’ai fini ce livre les larmes aux yeux, des trémolos dans la voix et le cœur comprimé. Un chef d’œuvre signé par Stephen King, porté magistralement à l’écran. A découvrir d’urgence.

5/5 : Coup de coeur !
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