Les âmes croisées, Pierre Bottero

J’ai commencé à lire les écrits de Bottero sur les conseils d’une amie, l’été dernier. J’avais été transportée par les aventures d’Ellana et d’Ewilan, à un point tel que je n’ai pas pu résister à l’appel de l’auteur lors du salon de la littérature et de la presse jeunesse – autrement dit, le salon de Montreuil – en décembre dernier. J’avais alors enrichi ma collection de deux livres :  le chant du Troll (magnifique) et Les âmes croisées. Or, ce dernier est, pour ainsi dire, orphelin : l’auteur a eu un tragique accident de moto, l’empêchant de continuer la préquelle ainsi entreprise. Il me le fallait, mais j’avais un peu peur de le lire, redoutant la frustration qui ne manquerait pas d’arriver. Mais le hasard fait bien les choses, puisque c’est sur lui qu’est tombé  le choix du Chapelier fou. Je m’y suis donc plongée mardi dernier…
 
 
L’histoire : Nawel est une jeune femme d’à peine 20 ans. Elle vit à Jurilan, le royaume des douze cités. Le peuple y est divisé en deux groupes : Les Perles, l’élite de la cité, et les Cendres, accomplissant les basses besognes et entièrement soumis aux Perles. En tant que jeune Perle, Nawel va bientôt être amenée à choisir sa future caste et ainsi endosser la Robe qu’elle portera tout au long de sa vie. Fille unique d’une riche et influente famille, tout la prédestine à endosser la Robe Mage, comme sa mère et son père avant elle. Mais est-ce vraiment ce que souhaite la jeune fille ? De ce choix dépendra sa vie entière… Pour le meilleur, et pour le pire.
 
Mon avis : Même si la frustration est bel et bien là, je ne regrette absolument pas d’avoir lu ce livre. La plume de Bottero est tout simplement magique. Magique pour créer des mondes aussi somptueux. Magique pour insuffler aussi simplement la vie à ses personnages. Magique pour nous emporter avec lui dans ces contrées lointaines. Et dire que nous n’aurons pas la suite… Qu’à cela ne tienne, nous l’imaginerons. Mais je commencerais tout d’abord par relire La quête et Les mondes d’Ewilan, ainsi que Le pacte des marchombres. La fin laisse en effet supposer que tout cela est bien plus réuni que l’on ne le croit au premier abord. Comme je le disais plus haut, ce tome serait une préquelle à une autre trilogie, ayant pour but de faire le lien entre les différentes séries écrites par l’auteur. Quelle troupe formidable auraient constitué Nawel, Ewilan, Ellana et tous les autres…
Côté histoire, c’est bien simple : une page, deux pages, et hop, nous voilà nous même à Jurilan, à combattre les Glauques et à chasser les Gousses. La facilité avec laquelle j’ai été transportée par l’histoire me laisse pantoise. Comme à chaque fois que je lis du Bottero, remarquez. C’est tellement bien écrit, tellement fluide, et tellement passionnant que l’on ne peut décrocher du livre. C’est bien simple, je ne l’ai pas vu passer. Nul doute que si P. Bottero avait pu écrire une suite, je me serais précipitée dessus.
J’aime par dessus tout la poésie que l’auteur insuffle à son texte. Ce n’est pas juste bien, c’est aussi beau. Un régal pour l’imagination, pour le coeur et la tête.
Nawel est très attachante. Au début, je dois vous avouer qu’elle m’était assez antipathique. Et elle n’est pas forcément décrite comme étant une jeune fille charmante. Pour les connaisseurs, elle serait plutôt de la trempe d’Ellana. C’est une jeune fille assez distante, renfermée et, au début tout du moins, un peu « imbue » d’elle même. La faute à ses origines familiales, me direz-vous. Mais tout cela change une fois qu’elle se décide pour la Caste qu’elle s’apprête à adopter. Même si son choix ne nous surprend pas trop (plusieurs indices ont été semés de-çi de-là par l’auteur en début d’ouvrage, on sent aisément quel poids pèse sur ses épaules. Et une fois qu’elle s’est délestée de ce fardeau, elle devient beaucoup plus humaine. Et on l’aime, cette Nawel là ! Si bien que la fin est une véritable torture car, vous vous en doutiez peut être, elle est en assez mauvaise posture…
Je ressors donc de cette lecture des questions plein la tête (toutes vos hypothèses sont les bienvenues, d’ailleurs !!) et des étoiles plein les yeux. Nul doute que Nawel va continuer à habiter mes rêves, aux côtés de bon nombre de personnages créés par P. Bottero. Pour un auteur comme ça, si généreux dans son écriture, ce bien plus qu’un hommage qu’il faudrait.
 
En bref, une lecture magique et follement intrigante, des interrogations sans limite et un moment de lecture bluffant : Majestueux ! 

 
4/5 : on en redemande !

Lu dans le cadre de :
 
petit-rond
 
 
chapelier fou
Pour marque-pages : Permaliens.

2 Commentaires

  1. Un coup de coeur pour moi, un livre juste MAGNIFIQUE *_*
    Je suis très-très-très-très frustrée, déçue, attristée que Pierre Bottero soit mort sans avoir pu écrire la suite… Mon dieu, c’est tellement… Je ne trouve même pas les mots °_°
    Bref, bonnes lectures à toi ;D

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