Hate List, Jennifer S.H. Brown

Je ne sais plus vraiment comment je suis tombée sur ce livre, mais le fait est qu’il était dans ma WishList depuis un bon moment. Ayant largement  dépensé mon budget livre pour les quelques mois à venir, j’ai donc sauté dessus quand je l’ai vu à la bibliothèque. Et devant vos avis enthousiastes sur Facebook, je n’ai pas pu résister à son appel bien longtemps. Chronique.
 
 
L’histoire : Nick et Valérie sont deux adolescents normaux, partageant leurs joies, leurs peines, mais également les moqueries et brimades de leurs camarades à leur égard. C’était sans penser à mal que Valérie a inscrit le premier nom sur sa « liste de la haine« . Le temps passe, la liste se remplie : leurs parents, le garçon qui embête Nick à chaque fois qu’ils se croisent, l’ennemie d’enfance de Valérie… 100, 200, 300, 400 personnes se retrouvent ainsi listées. Mais c’était un jeu, une façon comme une autre de se défouler. C’est du moins ce que pensait Valérie, jusqu’à ce que Nick ouvre un beau matin le feu sur une dizaine de leurs camarades, faisant de nombreux morts. Valérie s’interpose alors, et reçoit une balle dans la cuisse, tirée par celui-là même qu’elle considérait comme son petit ami. Elle se réveille quelques temps plus tard dans un hôpital et apprend que Nick a retourné l’arme contre lui, la laissant seule contre tous. Les inspecteurs, ses amis, ses parents, le monde entier s’interroge sur le rôle qu’elle a joué dans la tuerie. Elle même se demande : n’est-ce pas elle qui a commencé la liste, n’est-ce pas elle qui n’a pas su repérer les signes avant-coureurs de la folie de Nick ? Ne le voulait-elle pas, au fond ? 
 
Mon avis : Quelle claque ! Je l’ai commencé ce matin et… N’ai pas pu décrocher une seconde. Un véritable coup de coeur. Et pourtant, le sujet ne s’y prête pas vraiment. En fait, je crois que je me suis retrouvée dans Valérie. Moi aussi, j’aurais bien été capable de faire une telle liste, d’être fâchée contre le monde entier et surtout contre les bêtises de mes camarades de classe, qui, décidément, ne semble pas se rendre compte du mal qu’ils causent. Parce que c’est un peu ça cette histoire : l’acharnement débile de certains gamins qui ne mesurent pas la portée de leurs paroles. Le ras-le-bol du bouc émissaire de service qui, un beau jour, décide d’en finir, comme ça, simplement.
C’est aussi l’histoire de la thérapie d’une jeune fille, qui se demande comment elle a pu en arriver là. Et comment elle va dépasser tout ça. La colère des élèves, le manque de confiance de ses parents, la perte de l’être cher qui s’est, du jour au lendemain, transformé en monstre.
C’est enfin l’histoire d’un pardon, d’une reconstruction, d’une amitié, de l’intolérance, d’une culpabilité et d’un questionnement. Tout ça, et bien plus encore.
La narration se fait à la première personne, toute l’histoire étant relatée du point de vue de Valérie. Jennifer Brown entremêle présent et passé, l’avant et l’après du cauchemar. On entrevoit donc les motifs de la tuerie, mais toujours à travers les yeux d’une jeune fille totalement paumée, amoureuse (?) de l’ « autre » Nick, celui qui la faisait rire, celui qui lui chassait de l’esprit les disputes de ses parents.
C’est touchant, bien écrit, bourré d’émotions, et l’on crève de savoir pourquoi, de savoir comment, de savoir après. Je vous l’ai dit, je n’ai pas pu m’en détacher avant d’avoir eu le fin mot de l’histoire. J’ai eu le coeur serré dès les premières lignes, et ai dû maintes fois me retenir de sortir mon paquet de mouchoirs. Non pas que je sois particulièrement prompte à pleurer en lisant un livre, mais là, ça a failli être les grandes eaux.
Côté personnages, j’ai trouvé Valérie extrêmement attachante dans son dénuement. Ce n’est pas elle qui a tiré, et pourtant, elle ne peut s’empêcher d’être coupable. Coupable, elle l’est de toute façon, et aux yeux de tous. Coupable d’avoir écrit cette liste, d’avoir haï tant de gens, tant de choses. Et pourtant !! Qu’est ce que je la comprends ! J’ai eu envie de la serrer dans mes bras pendant toute ma lecture.
Nick est un personnage à deux facettes : l’une, amoureuse de Shakespeare, romantique à souhait. L’autre, fumeuse de joints, suicidaire. Et entre les deux, un ado paumé entre un mère trop peu présente et des beaux pères trop présents, un ado paumé à qui l’on fait trop bien sentir sa différence. Difficile de ne pas s’attacher à lui, même si sa détresse ne peut pardonner son geste.
J’ai bien aimé la mère de Valérie, même si elle n’est pas toujours à la hauteur. Du moins, elle fait de son mieux, ce qui n’est pas le cas de son père. Que j’ai carrément détesté, parce que je ne peux pas imaginer une seule seconde qu’un véritable père puisse avoir un comportement pareil.
Beaucoup sont donc attachants, beaucoup sont également détestables.

Jennifer Brown a sur m’emmener là où elle le voulait, et bien plus encore. Nul doute que ce livre restera dans ma mémoire, il m’a bien trop marquée pour qu’il en soit autrement. Alors à vous tous, qui avez été sujet à des brimades ou des moqueries, et à vous qui en avez été les instigateurs, lisez ce livre : c’est poignant, criant de vérité, et ça remet bien les choses à leur place. Une belle leçon d’humanité, quoi.

5/5 : Coup de coeur !
Pour marque-pages : Permaliens.

5 Commentaires

  1. Je l'ai depuis un bout de temps dans ma PAL, il faudrait que je m'y mette lol !! Je pense que pour la saga des enchanteurs, en effet c'est peu être mieux que tu empreintes à la bibliothèque, je ne l'ai pas acheté non plus et heureusement car certains tomes sont décevants ^^ !Bonne journée 🙂 !

  2. Et pourtant, qu'est ce qu'il est bien ! Sors le vite 😀 Bonne journée !

  3. Ah, un coup de coeur pour moi aussi ce roman ! Je l’ai trouvé puissant…

  4. C’est un livre pour lequel j’ai eu les mêmes sensations que toi ^_^ Juste, j’ai trouvé la fin un peu décevante et pas assez approfondie 😮
    Bonnes lectures !

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