Les Ruines, Scott Smith

Un véritable jeu de piste pour retrouver ce livre ! Pas de titre, pas d’auteur, juste un vague souvenir concernant une mystérieuse colline envahie par des ronces… Et finalement, nous y sommes parvenus ! J’avais tout d’abord pensé à l’acheter, mais… mes derniers achats m’ont suffisamment pénalisée niveau challenges pour que je choisisse la solution de la bibliothèque…

 

 

L’histoire : Jeff, Amy, Stacy et Eric sont américains. Agés d’une vingtaine d’années, ils ont décidé de passer leur été au Mexique, à lézarder sur la plage et à boire des mojitos. Durant leur séjour, ils rencontrent Mathias, un allemand venu passer ses vacances à Cancun avec son frère. Celui-ci l’a cependant quitté, pour aller sur un site de fouilles archéologiques rejoindre une jeune fille travaillant sur les ruines. Quand Mathias décide de partir à son tour retrouver son frère, les quatre amis décident, avec plus ou moins de bonne volonté, de l’accompagner. Se joint à la petite troupe un jeune homme grec ne parlant pas un mot de leur langue, mais manifestement avide d’aventures. Ils partent donc tous les six, légèrement vêtus et peu équipés. Première difficulté : trouver un taxi qui accepte de les emmener sur le site. Après plusieurs mises en garde et une bonne liasse de billets, les voilà cependant partis. Bientôt, le taxi s’arrête, refusant de les emmener plus loin. Qu’à cela ne tienne, ils continueront à pied. Arrivés devant les ruines, ils s’arrêtent quelques instants pour admirer la beauté du lieu. Quelques minutes suffisantes pour qu’un cavalier arrive en trombe, en leur interdisant de poser le pied sur sur la colline. Trop tard : Amy a déjà les pieds dans les ronces. Ils sont alors contraints de grimper, menacés par toute la tribu de mort si l’un d’entre eux s’avise de redescendre. Et le pire reste à venir…
 
Mon avis : Et bien, quelle lecture ! Je voulais quelque chose de radicalement différent du Trône de Fer, j’ai été servie. La citation de Stephen King sur la couverture est tout à fait adaptée : je n’ai pu m’empêcher de lire cet ouvrage la bouche entrouverte, les yeux révulsés. Et pourtant, au départ, tout commence gentiment ! Comme tous les jeunes adultes, nos quatre compères ne pensent qu’à boire et faire la fête. Ils auraient passé le reste de leurs vacances à cela si Jeff ne les avait pas embarqués aux côtés de Mathias, dans sa folle quête pour retrouver son frère. Tout commence bien, et tout tourne mal en quelques lignes : Sous la menace de dizaines d’armes, ils sont contraints de grimpés tout en haut de la colline, sans téléphone portable, sans nourriture et sans eau. Sur le coup, on ne s’inquiète pas trop : des gens vont bien se douter que quelque chose ne tourne pas rond. Ne serait-ce que les amis du jeune homme grec, à qui il a laissé un plan du site. On se dit ensuite que les Mayas vont finir par se lasser. Que nenni ! Puis l’on fini par se demander s’ils vont seulement survivre assez longtemps pour voir arriver les secours. Entre l’eau qui menace de manquer, l’absence de nourriture, les rancoeurs de chacun qui s’exacerbent peu à peu et…Les ronces, qui sont en réalité… Non, je ne vous en dirais pas plus, coquinous !
Côté intrigue, nous sommes donc servis même si cela reste assez basique. Au départ, j’ai cru qu’il s’agissait d’un remix de The Descent, avec des bêtes sanguinaires et tout le tralala. Mais non, et heureusement ! Plus on avance, et plus on sombre dans l’horreur. Je ne suis pourtant pas facilement impressionnable côté scènes gores, mais là, c’est quelque chose ! Rien que d’y repenser, mon estomac proteste.
Côté narration, basique aussi, juste ce qu’il faut pour être efficace. Des phrases courtes, incisives, un style effacé, quelques coquilles. Rien de bien méchant ! C’est peut être ce détachement face à l’intrigue qui a provoqué ma révulsion. C’est dit d’un ton tellement… normal ! Il se fait arracher les jambes ? Normal ! Il faut lui trancher la gorge ? Normal ! L’auteur arrive à nous insuffler un espoir permanent, qui vacille à chaque révélation. On se dit « Non ?! Mais c’est pas possible, ils vont bien trouver un moyen… ». De l’espoir jusqu’au final, un final qui nous laisse là, pantelant.
 
En somme, une très bonne lecture que je recommande, mais à éviter pour les âmes sensibles : certains passages sont décidément très durs à encaisser !
 

PS : J’ai vu le film, dans la foulée. Et bien, contre toute attente, le livre m’a davantage choquée. On met des images sur des idées, certes, mais le pouvoir évocateur des mots reste plus fort.

3/5 : un bon moment !
Pour marque-pages : Permaliens.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *