L’école de la nuit, Deborah Harkness

J’avais été charmée par  Le livre perdu des sortilèges de Deborah Harkness, à un point tel que je n’ai pu résister à l’appel du tome suivant, L’école de la nuit. Dès sa sortie, je me suis donc précipitée dessus… Pour le sortir de ma PAL dans les jours qui ont suivis son acquisition. Commencé jeudi dernier, il a hanté ma fin de semaine…
 

 
L’histoire : Diana et Matthew sont partis dans le passé, en 1590, afin de mettre la main sur le fameux manuscrit alchimique, l’Ashmole 782. Nos deux amants comptent également y trouver un professeur à Diana, pour lui permettre de mieux appréhender sa magie sans craindre les agissements de la Congrégation, assemblée de créatures chargée de faire régner l’ordre… Quel qu’en soit le prix. Mais si Matthew avait espéré ne faire qu’un passage éclair dans le passé, le temps de récupérer le grimoire et de permettre à Diana de maîtriser ses dons, il était loin du compte : les vestiges de son passé ont tôt fait de se rappeler à son bon souvenir, pour le meilleur comme pour le pire : confrontation avec son père, caprices et jalousie de la Reine, méfiance de tous envers Diana… Et surtout intervention de la mystérieuse Ecole de la nuit, bien moins disciplinée qu’il ne l’escomptait. Diana doit également faire face à ses propres problèmes : comment passer pour une honorable épouse du XVIe siècle quand on est une féministe engagée du XXIe siècle ? Outre sa qualité de sorcière, ses manières attirent l’oeil plus que de raison, suscitant méfiance, rejet et suspicion… De la part de tous, vampires, démons et sorciers. Dans cette époque où dénonciation et chasse aux sorcières font rage, il n’en effet pas bon de s’acoquiner avec quiconque. Difficile dans ce cas-ci de trouver un professeur. Nos deux héros se retrouvent donc bientôt submergés par ce passé, qui pourrait bien ne pas être le havre de paix qu’ils souhaitaient trouver. Mieux vaut parfois ne pas se retourner sur ce qu’on laisse derrière soi… Matthew ne le sachant que trop bien.
 
Mon avis : Je partagerai cette lecture en deux temps : j’ai lu les deux cents première pages avec délice, ravie de me replongée dans l’univers créé par Deborah Harkness, et les trois cent cinquante restantes avec acharnement, littéralement emportée par l’action. Il est vrai que celle-ci est assez lente à se mettre en place, mais je ne l’ai pas vécu comme un inconvénient : j’ai vraiment apprécié d’avoir le temps de me remettre dans l’ambiance, avant d’être embarquée de nouveau dans de nouvelles péripéties. Et puis, on ne pouvait pas décemment attendre de nos deux héros qu’ils se sentent comme des poissons dans l’eau dans le XVIe siècle… Il y a nécessairement un temps d’adaptation, d’eût-il durer deux cents pages… Et encore, ce ne sont pas les bouleversements qui manquent, avant cela.
Concernant l’histoire à proprement parlé, j’ai trouvé que L’école de la nuit surpassait Le livre perdu des sortilèges, et le coup de coeur est sans conteste atteint. J’ai suivi les aventures de Matthew et Diana avec délice, ravie de tous les détails historiques (ou non) inclus par l’auteure. Nulle trace des longueurs ou des manquements que j’avais pu déplorer pour le tome précédent… C’est une véritable réussite ! Les rapports entre Diana et  Matthew sont beaucoup plus complexes, beaucoup plus creusés. Les personnages sont très nombreux et l’on peut s’y perdre, mais cela ne rend que la chose plus vivante. On s’attache à beaucoup d’entre eux (j’ai beaucoup aimé Philipe, le père de Matthew, ainsi que les sorcières venant en aide à Diana), on en apprécie certains un peu moins… Comme le poète Christopher Marlowe, qui est assez antipathique… Même si on le plaint facilement.
De nombreuses pistes esquissées lors du premier tome sont ici creusées, comme l’on pouvait s’y attendre… Même si les rebondissements ne manqueront pas de ravir le lecteur. Le passé de Matthew et les progrès de Diana sont travaillés à parts égales, mais je ne voudrais pas trop vous en dire, de peur de vous spoiler cette lecture qui en vaut vraiment la peine : si vous avez aimé le premier tome, vous apprécierez très certainement celui-ci qui, comme je vous l’ai dit, me semble bien meilleur. Deborah Harkness arrive à nous surprendre tout au long de son roman, et l’on se demande où cela va t-il finalement nous mener : que va t-il advenir de nos héros ? Leurs multiples interventions dans le passé (ce tome prend en effet uniquement place dans le XVIe siècle, hormis lors de petites digressions dans le présent)  ne vont-ils pas changer de manière irrémédiable le présent qu’ils ont quitté ? Vont-ils réussir à faire fi de leurs craintes personnelles pour avancer ensemble ? Et surtout, quel rôle doit jouer Diana dans tout ceci ? Deborah Harkness nous donne matière à réfléchir durant toute la lecture, interrogations se poursuivant bien après avoir fini le livre.
Côté narration, on retrouve la très belle plume de l’auteure, toujours aussi férue de détails. Sa qualité d’historienne ne fait plus aucun doute et elle met largement à profit son savoir pour agrémenter son livre d’anecdotes toutes plus intéressantes les unes que les autres, ancrant son récit dans une base solide et concrète. En mêlant ainsi fiction et réalité, elle crée un récit que l’on prend plaisir à lire de bout en bout, les cinq cents et quelques pages coulant toutes seules.
J’ai donc eu un véritable coup de coeur pour ce second tome, et attendrais avec grande impatience la sortie du troisième et dernier tome. J’aime en effet être emportée par le livre que je lis, être hantée par son univers quand bien même j’en ai terminé la lecture. Comme si, le temps de ces quelques pages, j’avais moi aussi participer à l’intrigue, tantôt dans la peau de l’un des personnages, tantôt à côté, élément invisible. Et L’école de la nuit y réussit parfaitement.
 

Un excellent moment de lecture, que l’on quitte à regret, mais avec la promesse d’y revenir très vite…

5/5 : Coup de coeur !
Pour marque-pages : Permaliens.

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